mercredi , 16 octobre 2019
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Depuis le 30 Mars : 149 Palestiniens tués par l’armée israélienne et plus de 4.000 blessés par balles

Depuis le 30 mars, des Palestiniens manifestent régulièrement dans le secteur frontalier pour dénoncer le blocus israélien imposé à Gaza et exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui leurs terres en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël. Au moins 149 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne et plus de 4.000 blessés par balles depuis cette date.

Un soldat israélien a été tué vendredi par des tirs de Palestiniens dans ou près de la bande de Gaza, pour la première fois depuis la dernière guerre menée dans cette enclave par Israël en 2014, a annoncé l’armée. « Durant un incident, un groupe de terroristes a tiré vers des soldats israéliens. L’un d’entre eux a été grièvement atteint et a succombé ensuite à ses blessures », a ajouté l’armée, précisant avoir riposté par une série de raids aériens contre l’enclave palestinienne. Il s’agit du premier soldat israélien tué lors d’une opération dans ou autour de la bande de Gaza depuis la dernière guerre lancée par l’armée israélienne contre le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir durant l’été 2014, a précisé à l’AFP un porte-parole de l’armée.

Trois guerres ont opposé le Hamas à Israël depuis 2008.

Quatre Palestiniens dont trois « combattants » du mouvement islamiste ont également été tués vendredi par l’armée israélienne lors d’intenses bombardements présentés comme des répliques à des tirs de Palestiniens vers des soldats israéliens.

ESCALADE DE VIOLENCE À GAZA

L’armée israélienne a massivement bombardé vendredi la bande de Gaza après la mort d’un de ses soldats tué par des tirs palestiniens, une escalade de violence qui a également coûté la vie à quatre Palestiniens et ravivé le spectre d’une nouvelle guerre.

En représailles à la mort de son soldat « durant un incident » près de l’enclave palestinienne, l’armée israélienne a indiqué avoir mené une série de raids aériens « contre des cibles militaires ». D’impressionnantes boules de feu et des panaches de fumée se sont élevés dans le ciel de Gaza après ces frappes.

Trois « combattants » du mouvement islamiste Hamas ont été tués, a confirmé la branche armée de cette organisation. Un quatrième Palestinien a été tué par des tirs israéliens.

L’envoyé spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a appelé Israël et le Hamas à la retenue.

Eviter la guerre

« Chacun dans la bande de Gaza doit s’éloigner du précipice. Pas la semaine prochaine. Pas demain. IMMEDIATEMENT », a écrit M. Mladenov sur son compte Twitter. « Ceux qui veulent provoquer une guerre entre Palestiniens et Israéliens ne doivent pas y parvenir », a-t-il ajouté.

Trois guerres ont déjà opposé le Hamas et Israël depuis 2008. Les autorités israélienne ont accusé le Hamas d’avoir choisi « l’escalade ».

Dans la soirée, trois roquettes ont été tirées depuis Gaza vers Israël, selon l’armée. « Si le Hamas continue ses tirs de roquettes, Israël réagira beaucoup plus durement qu’ils (les dirigeants du Hamas) ne le pensent », a averti le ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mené des consultations vendredi soir avec le chef d’état-major, le général Gadi Eisenkot, et M. Lieberman au ministère de la Défense.

Deux des Palestiniens ont été tués près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, par des frappes israéliennes contre un poste d’observation du Hamas, selon des sources sécuritaires et le ministère de la Santé à Gaza. Un troisième a péri dans un bombardement à Rafah, dans la même zone.

Un quatrième a été tué par des tirs de soldats israéliens près de la zone frontalière à l’est de la ville de Gaza, selon le ministère de la Santé gazaoui.

Depuis le 30 mars, des Palestiniens manifestent régulièrement dans le secteur frontalier pour dénoncer le blocus israélien imposé à Gaza et exiger le retour des réfugiés palestiniens chassés ou qui ont fui leurs terres en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël.

Israël s’irrite particulièrement des cerfs-volants et ballons incendiaires lancés par certains protestataires, qui ont mis le feu, selon lui, à plus de 2.600 hectares sur le territoire israélien.

Le week-end dernier, Israël et le Hamas avaient connu leur plus importante confrontation depuis la guerre de 2014. Israël avait mené des dizaines de raids aériens, en réponse aux projectiles incendiaires, tuant deux adolescents palestiniens. Environ 200 roquettes et obus avaient ensuite été tirés depuis l’enclave vers Israël.

Menaces

Lieberman a multiplié ces derniers jours les menaces d’une opération de grande envergure dans la bande de Gaza si le Hamas ne mettait pas fin au lancement de cerf-volants et ballons incendiaires.

Les télévisions israéliennes ont diffusé cette semaine des images de manœuvres de l’armée s’entraînant pour une incursion terrestre dans la bande de Gaza.

Des membres du gouvernement tels que les ministres de l’Education Naftali Bennett et de la Sécurité intérieure Gilad Erdan ont préconisé d’attaquer systématiquement les lanceurs de cerf-volants en les considérant comme des « terroristes ».

Israël a encore renforcé cette semaine le blocus sur la bande de Gaza. Les livraisons de fioul et de gaz sont interrompues jusqu’à dimanche via Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et ce territoire palestinien.

La semaine dernière, Israël avait déjà annoncé la fermeture de ce point de passage pour nombre de marchandises, le Hamas dénonçant un « crime contre l’humanité ».

Israël a aussi réduit la zone maritime ouverte aux pêcheurs de Gaza.

Depuis plus de dix ans, l’enclave palestinienne coincée entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, est soumise à un strict blocus terrestre, maritime et aérien imposé par Israël.

Le renforcement de ce blocus intensifie la pression sur le Hamas dans un territoire où quelque 80% des deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide, selon la Banque mondiale.

[Afp]

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