samedi , 23 mai 2020
Accueil / Afrique / Kasaï : MSF se retire de l’hôpital de Kakenge

Kasaï : MSF se retire de l’hôpital de Kakenge

« Cette décision est motivée par l’amélioration de la situation sur terrain avec, comme retombées, le retour progressif des populations déplacées qui avaient fui les violences en début d’année. C’est ainsi que MSF a estimé que le ministère de la Santé et d’autres acteurs humanitaires devraient poursuivre les activités », rapporte un communiqué de cette organisation médicale humanitaire internationale.

Trois mois d’intervention à l’hôpital général de référence de Kakenge, dans la province du Kasaï ont suffi pour voir Médecins Sans Frontières (MSF) accomplir sa part de mission. L’organisation humanitaire a décidé de livrer ce projet au ministère rd-congolais de la Santé et à d’autres acteurs humanitaires.

« Cette décision est motivée par l’amélioration de la situation sur terrain avec, comme retombées, le retour progressif des populations déplacées qui avaient fui les violences en début d’année. C’est ainsi que MSF a estimé que le ministère de la Santé et d’autres acteurs humanitaires devraient poursuivre les activités », rapporte un communiqué de cette organisation médicale humanitaire internationale.

MSF avait lancé une intervention pour soutenir l’hôpital général de référence dans la ville de Kakenge, dans un réseau de 14 centres de santé de la région afin de reprendre les activités et d’aider la population déplacée.

Même si MSF a décidé de se retirer, la source souligne que « l’organisation reste vigilante et prête à apporter son soutien lorsque de nouveaux foyers de besoins médicaux et humanitaires non satisfaits surgiront dans d’autres parties de la région du Grand Kasaï ».

Tout en reconnaissant que des incidents violents continuent d’éclater ces derniers mois, le chef de mission de MSF en RDC, Helana Valencia, citée par MSF, souligne que la population déplacée est progressivement revenue dans la ville et d’autres acteurs et organisations non gouvernementales comme ACF, CICR et PRISE ont manifesté leur intérêt et leur capacité à continuer à soutenir les autorités locales.

« Le système de santé a retrouvé sa fonctionnalité, et la capacité de référer les patients entre les centres de santé a été renforcée par un service d’ambulance », estime Valencia.

600 PATIENTS TRAITES

Entre début avril et fin juin, souligne-t-on, les équipes de MSF qui étaient affectés à l’hôpital de Kakenge et les équipes mobiles dans les zones voisines ont effectué plus de 20.000 consultations médicales. 600 patients ont été hospitalisés et au moins 842 enfants souffrant de malnutrition ont été soignés.

Parmi les principales maladies traitées figuraient le paludisme, les infections des voies respiratoires, la diarrhée et la malnutrition.

REHABILITATION DE L’HOPITAL DE KAKENGE

Environ 40.000 personnes ont été déplacées en raison des violences que la région a connues en début d’année. L’hôpital de Kakenge avait été endommagé lors d’une attaque perpétrée par des miliciens en janvier. L’établissement a été entièrement restauré, offrant actuellement des soins médicaux, maternels et pédiatriques, des services d’urgence, des interventions chirurgicales et des traitements nutritionnels ambulatoires ou stationnaires.

MSF a également fait don de matériel médical et logistique à l’hôpital et aux centres de santé de la région de Kakenge.

AU SERVICE D’UNE POPULATION VULNERABLE

Pour atteindre les populations de la zone, qui étaient restées dans la forêt sans accès aux soins médicaux, les équipes mobiles ont mis en œuvre une stratégie proactive, a précisé Valencia. « Dans un environnement changeant comme la région du Grand Kasaï, l’assistance médicale et humanitaire doit s’adapter pour répondre aux nouveaux besoins émergents d’une population vulnérable, en particulier dans les zones où l’accès à l’aide devient un défi », a-t-elle souligné.

Selon Valencia, « la région du Grand Kasaï, un territoire à peu près aussi vaste que l’Italie, a été affectée par une crise humanitaire depuis 2016, à la suite d’une vague de violences entre les forces armées congolaises et des milices. Bien que la violence soit maintenant sporadique, des milliers de personnes sont toujours déplacées dans plusieurs endroits ».

Entre juin 2017 et avril 2018, MSF s’était déployé à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, et dans les zones rurales environnantes pour venir en aide à la population touchée par le conflit. Au départ, un hôpital et trois centres de santé avaient été ciblés, avant d’étendre progressivement ses opérations à la périphérie. En son temps, MSF avait fait don de matériel médical et logistique et avait formé le personnel des centres de santé locaux.

DU CHAOS A L’ESPOIR

De nombreuses installations avaient été pillées, incendiées ou détruites pendant la flambée des violences. 245 survivants de violences sexuelles avaient bénéficié de soins donnés par MSF. Plus de 500 consultations de santé mentale avaient été effectuées, près de 450 interventions chirurgicales réalisées et plus de 9.700 visites pédiatriques. Concernant les enfants, 18 centres de nutrition avaient été installés et ont traité 5.755 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition sévère.

L’arrivée d’autres acteurs humanitaires avait permis ainsi à MSF de céder progressivement ces activités au premier trimestre 2018. C’est ainsi que MSF avait mis le cap sur la cité de Kakenge, où la mission s’est achevée le 20 juin.

MSF mène également des activités dans la province du Kasaï Central, avec un projet sur la malnutrition à Tshibala. Dans la ville de Kananga, les activités ciblent les victimes de violences sexuelles, avec une prise en charge médicale et psychologique. Pour le seul mois de juin, le projet a enregistré 247 patients qui ont bénéficié des soins de MSF.

[Dina BUHAKE]

A lire aussi

RDC : Baisse du taux de croissance économique

Le taux de croissance économique en République démocratique du Congo (RDC) va decrescendo, atteste le …

Laisser un commentaire