samedi , 18 août 2018
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Les Bleus : Polémique sur la diversité identitaire de l’équipe de France

L’animateur de l’une des émissions phares de la télévision américaine, « The Daily Show », s’est attiré les foudres de l’ambassadeur de France à Washington pour avoir affirmé que l’Afrique avait remporté la Coupe du monde après la victoire de la France. « Les origines riches et variées de ces joueurs sont le reflet de la diversité de la France », a écrit M. Araud dans cette missive également publiée par l’ambassade sur Twitter. « Contrairement aux Etats-Unis, la France ne se réfère pas à ses citoyens en fonction de leur race, de leur religion ou de leur origine ». Réponse de Trevor Noah à l’ambassadeur de France, le critiquant pour avoir félicité l’Afrique pour la victoire de la France en Coupe du Monde : « Je n’essaie pas d’être un connard mais je pense que c’est plutôt le reflet du colonialisme français ». Et d’ajouter, « Quand je dis qu’ils sont Africains, je ne le dis pas pour les exclure de leur identité française », a-t-il lancé pendant son émission. « Je le dis pour les inclure dans mon africanité ». Tout en reconnaissant que l’extrême droite en France et aux Etats-Unis utilisait l’argument des origines pour attaquer les immigrés, Trevor Noah a dit trouver « étrange » de laisser entendre que les joueurs ne pouvaient être à la fois Français et Africains.

Le Sud-Africain Trevor Noah, l’un des humoristes et présentateurs les plus connus des Etats-Unis, avait félicité « l’Afrique » pour cette victoire en raison des origines immigrées de beaucoup des Bleus.

L’ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud, lui a sèchement répondu mercredi dans une lettre que « rien ne pourrait être plus éloigné de la réalité ».

« Les origines riches et variées de ces joueurs sont le reflet de la diversité de la France », a écrit M. Araud dans cette missive également publiée par l’ambassade sur Twitter. « Contrairement aux Etats-Unis, la France ne se réfère pas à ses citoyens en fonction de leur race, de leur religion ou de leur origine ». Réponse de Trevor Noah à l’ambassadeur de France, le critiquant pour avoir félicité l’Afrique pour la victoire de la France en Coupe du Monde : « Je n’essaie pas d’être un connard mais je pense que c’est plutôt le reflet du colonialisme français ». Il a asséné un gros coup de poing sur le nez de M. Araud.

« Pour nous, il n’y a pas d’identité avec des traits d’union, les racines sont une réalité individuelle », a poursuivi l’ambassadeur. « En les qualifiant d’équipe africaine, il semble que vous niiez leur identité française ».

« Même sous forme de plaisanterie, cela légitime l’idéologie qui revendique le fait d’être blanc comme la seule définition de l’identité française ».

La réponse de Trevor Noah n’a pas tardé.

« Quand je dis qu’ils sont Africains, je ne le dis pas pour les exclure de leur identité française », a-t-il lancé pendant son émission. « Je le dis pour les inclure dans mon africanité ».

Tout en reconnaissant que l’extrême droite en France et aux Etats-Unis utilisait l’argument des origines pour attaquer les immigrés, Trevor Noah a dit trouver « étrange » de laisser entendre que les joueurs ne pouvaient être à la fois Français et Africains.

« Pourquoi ne peuvent-ils pas être les deux? Pourquoi cette dualité est-elle seulement permise à un petit groupe de personnes? », a-t-il ajouté sous les applaudissements du public.

« Donc ce qu’ils affirment ici, c’est que pour être français vous devez effacer tout ce qui est africain? », a-t-il poursuivi en disant s’opposer « avec véhémence » à cette assertion.

« Je continuerai à les louer en tant qu’Africains parce que je pense qu’ils viennent d’Afrique –leurs parents sont africains– et ils peuvent être français en même temps », a-t-il ajouté.

« Et si les Français disent qu’ils ne peuvent pas être les deux, alors je pense que c’est eux qui ont un problème, pas moi ».

BARACK OBAMA REND HOMMAGE AUX BLEUS

L’ancien président américain Barack Obama a salué mardi la diversité identitaire de l’équipe de France championne du monde de football, dont les membres « ne ressemblent pas tous à des Gaulois ».

A l’occasion d’un discours très politique prononcé à Johannesburg pour le centenaire de la naissance de Nelson Mandela, Barack Obama a fait une digression sur les Bleus, incarnation selon lui de la vision défendue par le premier président sud-africain noir et combattant de l’apartheid.

« Le régime (sud-africain) de l’apartheid (tombé en 1994) était entièrement artificiel », a déclaré Barack Obama, en reprenant des propos de Nelson Mandela.

« Ce qui était vrai à l’époque l’est toujours aujourd’hui. (…) On se voit dans l’autre, on partage des espoirs et des rêves communs. C’est une vérité incompatible avec toute forme de discrimination basée sur la race, la religion ou le sexe », a-t-il poursuivi.

« Et c’est une vérité qui porte ses fruits de façon très pratique puisqu’elle permet à une société de profiter de l’énergie et des qualités de tous ces gens là. Regardez l’équipe de France qui vient de remporter la Coupe du monde », a-t-il lancé.

« Tous ces mecs ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois », a-t-il ajouté en souriant, sous les applaudissements du stade Wanderers de Johannesburg où étaient massées quelque 15.000 personnes. « Ils sont Français, ils sont Français ! », a-t-il insisté.

Parmi les 23 Bleus présents au Mondial en Russie, 14 avaient des origines sur le continent africain (Guinée, Mali, Sénégal, Angola, Algérie, Maroc…), deux y sont même nés (Samuel Umtiti à Yaoundé, Steve Mandanda à Kinshasa).

LES NOUVEAUX MAILLOTS DE L’ÉQUIPE DE FRANCE NE SERONT PAS DISPONIBLES EN MAGASIN AVANT MI-AOÛT

Deux jours après la victoire des Bleus, les supporters rivalisent d’astuces pour arborer un maillot avec la fameuse deuxième étoile : la dernière en date ? Faire coudre la nouvelle sur l’ancien maillot.

Certains n’ont pas pu attendre la mi-août, date à laquelle, selon Nike, les nouvelles tuniques officielles des Bleus arboreront fièrement la 2e étoile synonyme de deuxième titre.

Florent, brodeur parisien, reçoit ainsi des dizaines d’appels depuis lundi. « Surtout des parents qui veulent faire broder la deuxième étoile pour leurs enfants », explique-t-il à l’AFP.

Spécialisé dans la broderie d’initiales pour des grandes marques parisiennes, le chef d’entreprise a d’abord reçu la demande de Lyron, jeune Parisien. Le lendemain de la victoire des Français, il a laissé son maillot chez Florent pour y faire inscrire une deuxième étoile, moyennant dix euros.

Rien de sorcier pour Florent. Il envoie la forme basique de l’étoile sur une machine numérique, qui brode la petite étoile en moins de cinq minutes. Des pointes un peu moins arrondies que la forme officielle. « Mais sauf si l’on est tout près, on ne voit pas de différence », juge Florent.

« Lundi, j’étais sur les Champs-Elysées pour l’arrivée des Bleus, on m’a arrêté une bonne trentaine de fois pour me demander où je l’avais eu », raconte fièrement Lyron.

Le supporter a ensuite l’idée de partager le bon plan. Un tweet et 500 partages plus tard et c’est l’emballement. « Depuis ce matin ça n’arrête pas », raconte Florent. Mais après avoir ajouté une étoile sur deux autres maillots, le brodeur s’est ravisé: est-ce légal ?

Par prudence, Florent a suspendu son affaire, et souhaite rester discret. « Tant que je ne sais pas si j’ai le droit de le faire, j’arrête ». Le chef d’entreprise a contacté avocats spécialisés, Direction de la concurrence, et même envoyé une demande au géant Nike lui-même. Mais personne pour lui apporter une réponse ferme. « Et je n’ai vraiment pas les moyens d’affronter un procès… », ironise Florent.

« Le fait de proposer un service de broderie d’une deuxième étoile sur les maillots, à titre commercial, est susceptible de porter atteinte à l’exclusivité de Nike », estime Olivier Legrand, avocat spécialiste en droit de la propriété intellectuelle, consulté brièvement. C’est lui qui a appelé Florent à la prudence.

Mais un maillot acheté par un supporter devient sa propriété matérielle, selon un autre avocat contacté par l’AFP: libre à lui, a priori, d’en faire ce qu’il veut. Les avis divergent, difficile d’y voir clair.

Sollicitée par l’AFP, la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes n’avait pas encore apporté d’éléments sur le sujet.

Reste un problème esthétique majeur, aux yeux de certains: le positionnement des étoiles n’est pas le bon. Sur le logo officiel, ajouter une étoile a obligé la Fédération à décaler la première. Si l’on coud soi-même la deuxième, l’ensemble est légèrement décalé. Peu importe, pour Lyron: « j’étais sur les Champs avec ce maillot, je vais le garder toute ma vie ».

AUCUNE « FESTIVITÉ PUBLIQUE » N’ÉTAIT PRÉVUE AU CRILLON

Aucune « festivité publique » n’était prévue lundi soir à l’hôtel Le Crillon pour les joueurs de l’équipe de France championne du monde, mais seulement « un rassemblement privé pour ceux qui le souhaitaient », a indiqué mardi à l’AFP la Fédération française de football (FFF), alors que des milliers de supporteurs ont attendu en vain l’apparition de leurs idoles.

« Le Crillon devait être un rassemblement privé avant +dislocation du groupe+ pour ceux qui le souhaitaient. Il n’a jamais été question de festivité publique » comme des joueurs qui seraient sortis au balcon en brandissant le trophée, a indiqué la fédération.

De retour sur le sol français lundi, les joueurs ont défilé sur les Champs Elysées dans un bus à impériale avant d’être reçus à l’Elysée. Des informations avaient circulé toute la journée sur un rendez-vous dans la soirée à l’hôtel parisien Le Crillon, et des milliers de supporteurs s’étaient massés devant le palace situé place de la Concorde.

Exaspérés par l’attente et déçus, des supporters ont laissé éclater leur colère. Parmi eux, certains ont jeté des bouteilles sur les forces de l’ordre présentes, qui ont ensuite fait évacuer la place, a constaté un photographe de l’AFP.

Alors que les joueurs se trouvaient encore à l’Elysée lundi soir, le compte twitter officiel « Equipe de France » a annoncé: « aucun rendez-vous dans un grand hôtel ou palace parisien ne suivra ce rendez-vous ». Ce tweet a d’abord été diffusé avec une photo de joueurs de l’équipe de France à l’Elysée mais avec François Hollande après la finale perdue de l’Euro 2016. « C’est une erreur, la photo a été supprimée après deux ou trois minutes », concède-t-on à la FFF.

Au final, des joueurs de l’équipe de France et des membres du staff sont bien allés au Crillon, mais pas tous.

Environ 300.000 personnes étaient massés sur les Champs-Elysées, selon une source policière, un événement qui posait d’évidents problèmes de sécurité face à la menace terroriste. Sur les réseaux sociaux, des supporteurs ont dit leur déception après un défilé très court, qui a duré douze minutes, avant l’étape élyséenne. Les joueurs français avaient atterri avec du retard à Roissy.

CHAMPION DU MONDE EN TANT QUE JOUEUR PUIS EN TANT QU’ENTRAÎNEUR

« Bienvenue au club ! », a lancé mardi la légende allemande Franz Beckenbauer à Didier Deschamps, qui l’a rejoint dans un cercle très fermé: celui des personnalités à avoir remporté la Coupe du monde à la fois comme joueur et entraîneur.

« Nous sommes désormais trois. On devrait peut-être se rencontrer », a plaisanté le « Kaiser » dans le quotidien allemand Bild après le sacre des Bleus en Coupe du monde, vainqueurs en finale de la Croatie (4-2) dimanche à Moscou.

Le sélectionneur français Didier Deschamps a rejoint dimanche soir Franz Beckenbauer et le Brésilien Mario Zagallo dans le club très fermé de ceux ayant été champion du monde en tant que joueur puis en tant qu’entraîneur.

« Il était capitaine des Français lors de la victoire en 1998 », a noté Beckenbauer. « Tu apprends automatiquement comment tu mènes une équipe. Cela m’a aussi aidé plus tard en tant qu’entraîneur ».

Beckenbauer avait conquis le titre suprême en tant que capitaine de la Mannschaft en 1974, puis en tant qu’entraîneur en 1990. Didier Deschamps fut quant à lui sacré champion du monde en 1998 en tant que joueur.

« C’est étonnant que dans la longue histoire du Mondial depuis 1930 cela soit si peu arrivé », a encore souligné l’Allemand. « Certains ont déjà essayé comme Maradona mais n’y sont pas parvenus ».

[avec Afp]

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