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Joseph KABILA lors de son adresse a la Nation au Palais du Peuple, 19 Juillet 2018
Joseph KABILA lors de son adresse a la Nation au Palais du Peuple, 19 Juillet 2018

Élections : Violences politiques généralisées en RDC

Dernière mise à jour, le 22 juillet 2018 à 11:25

Réunis dans le but d’évaluer la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre, la tripartite CNSA- Gouvernement- CENI n’arrivent pas à s’accorder. Motif : les trois parties n’ont pas un même objectif. Chacun ayant son agenda, le blocage est manifeste. Il est surtout perceptible dans le camp de la Majorité qui cherche par tous les moyens à reporter les élections combinées du 23 décembre à une date ultérieure. Pourquoi toutes ces manœuvres ? La réponse est simple. La Majorité au pouvoir et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne jouent pas franc jeu. Dans un récent rapport, Human Rights Watch (HRW) a une fois de plus tiré la sonnette d’alarme. L’Ong internationale émet les plus grands doutes sur la possibilité d’organiser des élections démocratiques et libres, transparentes en RDC. Elle fonde ses inquiétudes sur le renforcement des violences politiques généralisées en cette période préélectorale.

L’aboutissement heureux du processus électoral en RDC devient de plus en plus hypothétique. Chaque jour qui passe, les acteurs politiques congolais peaufinent des stratégies pour bloquer la machine. Les spécialistes en la matière se trouvent être les membres de la Majorité présidentielle. Le blocage observé à l’issue des travaux de la tripartite CNSA- Gouvernement- CENI, en est une illustration éloquente.

Réunis dans le but d’évaluer la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre, les participants à cette rencontre n’arrivent pas à s’accorder. Motif : les trois parties n’ont pas un même objectif. Chacun ayant son agenda, le blocage est manifeste. Il est surtout perceptible dans le camp de la Majorité qui cherche par tous les moyens à reporter les élections combinées du 23 décembre à une date ultérieure.

Pourquoi toutes ces manœuvres ? La réponse est simple. La Majorité au pouvoir et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne jouent pas franc jeu. Pour preuve, elle tergiverse sur les recommandations formulées dans l’Accord de la CENCO signé le 31 décembre 2016, par toutes les parties impliquées dans la crise politique au Congo. Une telle attitude est loin d’aboutir à une véritable évaluation de l’Accord et du processus électoral.

La libération des prisonniers et d’exilés politiques, sont parmi les questions qui bloquent la machine. Et pourtant, l’Accord du Centre interdiocésain est explicite à ce sujet. C’est ce qui fait dire à certains analystes que le gouvernement ne roule pas pour la décrispation de la crise politique en RDC. Bien au contraire, il est pour le statu quo.

Face à cette situation, le Conseil national du suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a un morceau dur. Il doit tout mettre en œuvre pour amener les deux autres composantes de la tripartite au respect pure et simple de l’Accord. Pour y arriver, les acteurs impliqués sont appelés à jouer franc jeu.

Human Rights Watch (HRW) tire la sonnette d’alarme

Plus que cinq mois nous séparent de la date fatidique du 23 décembre 2018, prévue pour la tenue de scrutins combinés : présidentielle, législatives nationales et provinciales.

Avec la fin des opérations de réception et traitement des candidatures aux provinciales, les premières frictions sont apparues sur un processus électoral que la Céni cherche à verrouiller de bout en bout, loin des regards de la communauté internationale.

Dans un récent rapport, Human Rights Watch (HRW) a une fois de plus tiré la sonnette d’alarme. L’Ong internationale émet les plus grands doutes sur la possibilité d’organiser des élections démocratiques et libres, transparentes en RDC. Elle fonde ses inquiétudes sur le renforcement des violences politiques généralisées en cette période préélectorale.

HRW prend notamment en compte les menaces du Comité laïc de coordination (CLC) qui a promis de mobiliser la rue, si jamais il était convaincu qu’il n’y avait aucune lueur d’espoir pour des élections apaisées en décembre prochain.

« Il y a toujours beaucoup d’incertitudes quant à savoir si le Président Kabila va se retirer en accord avec la Constitution, et permettre un scrutin crédible qui marquerait la première transition démocratique en RD Congo depuis son indépendance », a déclaré la directrice pour l’Afrique centrale à HRW, rappelant que « si Kabila ne le fait pas, cela renforcera le risque de violences et d’instabilité à grande échelle, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour toute la région ».

Les prochains mois seront fortement agités. Les tensions iront certainement crescendo dans la mesure où la Céni lance dès le 25 juillet l’enregistrement des candidatures aux législatives nationales et à la présidentielle.

Ça sera donc l’heure de vérité pour savoir si oui ou non le président Kabila persistera dans la voie d’un 3ème mandat.

Autant dire que les élections sont véritablement sous perfusion. Tout peut arriver, dans un sens comme dans un autre.

[lePotentiel]

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