vendredi , 23 août 2019
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Troisième mandat : Bras de fer « Kabila » – CLC

La psychose du troisième bail de Joseph Kabila pour la magistrature suprême, après l’expiration de son second et dernier mandat, a poussé Comité laïc de coordination (CLC) à brandir la menace de plusieurs actions de rue pour, soutient-on, « sauver la démocratie en péril ». On note, dans le lot des pressions à mener contre les hommes au pouvoir à Kinshasa, des marches, des sit-in, des opérations « villes mortes », des grèves… devant avoir, comme champ d’action, toute l’étendue du territoire national. En fait, les Laïcs Catholiques visent à paralyser l’ensemble du pays, afin de faire comprendre à la communauté des Nations que le peuple congolais tient à obtenir un changement de gouvernance à travers des élections libres, démocratiques, transparentes et apaisées, dont l’échéance est fixée au 23 décembre 2018. On perçoit, à travers leur message, leur méfiance à l’égard à la fois de la Majorité Présidentielle et de la CENI, qui multiplient des actes de nature à faire douter de leur volonté de laisser les urnes décider du choix de futurs animateurs des institutions de la République. Entre autres signaux négatifs de l’incertitude qui pèse sur le processus électoral, les Laïcs catholiques épinglent la non libération des prisonniers politiques dits emblématiques, le refus de laisser rentrer au pays ceux en exil, l’interdiction des manifestations et réunions publiques, la non réouverture de plusieurs médias de l’opposition fermés, le maintien de la machine à voter comme outil de travail de la CENI, l’instrumentalisation des services spéciaux contre les leaders et militants de l’Opposition, la campagne préélectorale en faveur de l’actuel Chef de l’Etat et son mutisme persistant sur son avenir politique, la disqualification des Congolais de l’étranger du processus électoral, etc. Bien que déjà orphelin de plusieurs activistes fauchés par des balles des forces de sécurité le 31 décembre 2017 et le 25 janvier 2018, le Comité Laïc de Coordination ne semble reculer devant rien pour « sauver le Congo » et le remettre sur le chemin de l’Etat de droit, à travers le choix de ses futurs gouvernants par la voie des urnes.

Le Comité laïc de coordination (CLC) en RD Congo s’inscrit en faux contre un troisième mandat consécutif du Président Joseph Kabila, à l’horizon 23 décembre 2018, date officielle prévue pour la tenue effective de l’élection présidentielle, couplées aux législatives nationales et provinciales. Dans son message signé le dimanche 7 juillet relayé lundi par certains médias locaux, cette structure rattachée à l’archidiocèse de l’Église catholique Kinshasa égrène ce qu’elle considère comme des signes avant-coureurs de l’intention du Président Joseph Kabila, de briguer un nouveau mandat au sommet de l’Etat congolais.

Parmi ces faits, le CLC cite l’avènement du Front commun pour le Congo, nouvelle plateforme politique et électorale initiée par le Raïs depuis sa ferme de Kingakati, le refus de ce dernier à rencontrer de hautes personnalités, la prise de la direction du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) par l’actuel Chef de l’Etat.

De son propre décryptage de la situation politique actuelle en RD Congo, le CLC dit constater des préparatifs actifs du Président Joseph Kabila pour déposer sa candidature aux fins d’un troisième mandat. Ce à quoi les sociétaires du CLC s’opposent de la manière la plus farouche, sans la moindre concession. Pas tout. Le Comité laïc de coordination interprète mal ce qu’il qualifie de silence du Président Joseph Kabila face aux différentes déclarations et affiches des lieutenants de la Majorité présidentielle, coalition au pouvoir en RD Congo depuis les élections de 2006 et 2011.

A en croire le message en notre possession, si effectivement le Président Joseph Kabila venait à déposer effectivement sa candidature à l’élection présidentielle du 23 décembre prochain, il aura ainsi  » violé et trahi publiquement son serment constitutionnel « . Moralité, déduit le CLC,  » à dater du jour où le Chef de l’Etat déposera sa candidature, il sera dans l’obligation d’inviter le peuple congolais à ne plus le reconnaitre comme Président de la République légitime et à la Communauté internationale de ne plus le considérer comme le Chef de l’Etat légal et légitime de ses intérêts « .

Toujours dans cette même hypothèse où Joseph Kabila postulerait, le CLC promet alors de décréter le mois d’août prochain,  » mois d’actions combinées de marches pacifiques, de sit-in, de villes mortes, de grèves généralisées et d’actions de désobéissance civile… sur toute l’étendue de la RD Congo « .

Aussi, le CLC demande-t-il au peuple congolais de demeurer vigilant, mobilisé et solidaire.  » Pour sauver la nation en péril : prêtres, pasteurs et imams, travailleurs, fonctionnaires, commerçants, étudiants chômeurs, chauffeurs de taxi ou de bus…plus que jamais, prenons notre destin en mains pour créer des conditions de paix véritable dans notre pays et libérer l’avenir pour le bonheur de tous « , conclue le Comité laïc de coordination, de plus en plus actif depuis fin décembre 2017.

A tous égards, des observateurs avisés pensent que les pendules doivent être remis au 25 juillet en cours, date officielle du dépôt de candidatures pour la présidentielle et les législatives nationales. Le président Kabila postulera, postulera pas, la polémique actuelle autour de cette question sera donc vidée de toute sa substance à la date sus-évoquée. Donc, dans exactement 15 jours calendrier.

Le texte intégral du message du Comité Laïc de Coordination (CLC) du 7 juillet 2018

Le Comité Laïc de Coordination (CLC) pourrait rompre la trêve qu’elle a décrétée depuis mars 2018 si et seulement si le Chef de l’Etat en exercice, qui a déjà épuisé ses deux mandats, se représente pour un troisième bail. Dans un communiqué daté du 7 juillet 2018, son staff fait savoir que dans ce cas, le mois d’août serait proclamé «mois d’actions». Ce serait pour protester, de concert avec les masses, contre la violation délibérée de la Constitution.

A ce sujet, une attention particulière va être portée sur la période allant du 25 juillet au 08 août, échéance fixée par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendant), pour le dépôt des candidatures à la présidentielle de décembre 2018.

  1. Puisque le processus électoral en cours ne conduira pas à la paix et à la stabilité du pays et de la région; le travail de la Commission Electorale Nationale Indépendante, dix-huit mois après la date constitutionnelle des élections, n’ayant abouti qu’à des résultats plus que décevants :
  • un fichier électoral non fiable avec plus de six millions d’inscrits sans empreintes digitales et quelques milliers de cartes d’électeurs vierges disparues;
  • des listes contestées et piégées des partis et regroupements politiques admis à la compétition électorale ;
  • l’exclusion plus que suspecte de la présence des experts internationaux ;
  • l’imposition au souverain primaire d’une « machine à voter » non consensuelle et non prévue par la loi comme mode électoral incontournable.
  1. Puisque cette période préélectorale dont l’environnement aurait dû être assaini, comme l’exigeaient l’Accord de la Saint-Sylvestre et les résolutions pertinentes des Nations-Unies, continue à être envenimée par:
  • l’instrumentalisation de I’appareil judiciaire, la police et les services de sécurité à des fins partisanes ;
  • un climat politique tendu du fait du maintien des opposants et acteurs de la société civile en exil ainsi que de l’incarcération dans la durée des prisonniers politiques et d’opinion parmi lesquels des jeunes des mouvements citoyens;
  • l’exclusion des Congolais de !l’étranger de leurs droits civiques;
  • la recrudescence des violences et violations des droits de l’homme et la persistance d’une misère intolérable dans certaines régions du pays, comme au Kasaï, en Ituri et au Nord-Kivu ;
  • le bradage systématique et généralisé du patrimoine national et des ressources naturelles du sol et du sous-sol du pays considéré comme totalement privatisé.
  1. Puisque le Président Kabila, au pouvoir depuis 2001, élu en 2006, réélu en 2011, en fin de mandat depuis 2016, semble se préparer activement à poser sa candidature pour un troisième ou quatrième mandat en 2018 compte tenu de son silence sur les déclarations et affiches de ses partisans, le CLC prévient l’opinion que, si cet acte est posé de manière effective, le président Kabila aura violé et trahi publiquement son serment constitutionnel.

En conséquence, à dater de ce jour du dépôt de sa candidature, le CLC se verra automatiquement dans l’obligation :

  • d’inviter le peuple congolais à ne plus le reconnaître comme Chef de l’Etat légitime et à la communauté internationale de ne plus le considérer comme le représentant légal et légitime de ses intérêts;
  • de décréter le mois d’août, mois d’actions combinées de marches pacifiques, de sit-in, de villes mortes, de grèves généralisées et d’actions de désobéissance civile, sur toute l’étendue de la République, en vue d’obtenir la démission du président Joseph Kabila et de son gouvernement, devenus de véritables obstacles aux élections crédibles, transparentes et apaisées.
  • de convier à la plus grande prudence les investisseurs tant nationaux qu’internationaux qui seraient tentés de conclure, avec ces autorités illégitimes, des contrats ou conventions quelconques portant sur les ressources naturelles ou le patrimoine national du pays, de surcroît sur base d’un code minier promulgué dans des conditions suspectes.
  1. Le CLC considère qu’il est encore temps de sauver ce qui peut l’être encore de ce processus: par le non dépôt de la candidature du Président Joseph Kabila pour un nouveau mandat et le retrait total et immédiat de la machine à voter; la mise en oeuvre des recommandations de l’OIF relatives au fichier électoral; l’implication par la CENI des experts internationaux dans l’accompagnement technique du processus électoral; la fin de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire, de la police et des services de sécurité et l’application stricte des mesures de décrispation politique préconisées par l’Accord de la Saint-Sylvestre.

  2. L’heure étant grave, la paix et la stabilité du pays ainsi que de la sous-région étant menacée, le 9 août 2018 le CLC lancera l‘appel à la mobilisation générale de toutes les forces vives de la Nation, pour ses premières grandes actions qui se tiendront le 12, le 13 et le 14 août 2018, sur toute l’étendue de la République, afin de sauver la démocratie en péril.

A l’ensemble de notre peuple, le CLC demande de demeurer vigilant, mobilisé et solidaire, chrétiens, croyants et hommes de bonne volonté. Pour sauver la Nation en péril : prêtres, pasteurs et imams; travailleurs, fonctionnaires, commerçants, étudiants, chômeurs, chauffeurs de taxi ou de bus; associations des femmes, des jeunes et des sportifs, mouvements citoyens; femmes et hommes politiques et de la société civile; Congolais du pays et de la diaspora, plus que jamais, prenons notre destin en mains pour créer des conditions de paix véritable dans notre pays et libérer l’avenir pour le bonheur de tous.

Car l’heure de la vérité a plus que sonné!

Fait à Kinshasa, le 7 juillet 2018

Pour le Comité Laïc de Coordination
Prof. Isidore Ndaywel
Prof. Justin Okana
Jonas Tshiombela
Julien Lukengu
Gertrude Ekombe
Franklin Mbokolo

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