samedi , 7 novembre 2020
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Réjouissances des diplômés d’État : Les commerçants se frottent les mains en RDC

Les réjouissances des diplômés d’Etat ont eu un impact sur la vente de plusieurs petits objets à Kinshasa. Des produits tels que la poudre, le sifflet, le « vuvuzelas », la bière, la boisson sucrée… Ce sont surtout des vendeurs occasionnels qui ont réalisé de bonnes affaires. Les restaurants de fortune, communément appelés « malewa », ont également profité de la nuit de liesse. A côté de la bière, les finalistes se sont rués vers le plats de ces restaurants, composés notamment de chinchards, de la viande de poulet, de chikwangues, du poisson salé, servis soit avec du riz, soit avec de la chikwangue. La publication des résultats de l’Examen d’Etat a constitué aussi une aubaine pour certains jeunes Kinois. Portable à la main, ils couraient à travers les rues de Kinshasa, brandissant des banderoles sur lesquelles il était écrit : « Vision examen d’Etat ». A l’aide de leurs portables, une personne pouvait consulter les résultats, sur place, moyennant 1000 FC.

Les finalistes de l’Examen d’Etat édition 2017-2018 ont passé leur week-end dans l’euphorie. A la faveur de cette effervescence, les vendeurs de poudre, sifflets et « Vuvuzelas » (Ndlr : sorte de trompette en plastique, très en vogue lors de la Coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud) se sont frotté les mains. Ces produits se sont vendus comme des petits pains samedi et dimanche derniers dans la capitale.

Les réjouissances des diplômés d’Etat ont eu un impact sur la vente de plusieurs petits objets à Kinshasa. Des produits tels que la poudre, le sifflet, le « vuvuzelas », la bière, la boisson sucrée… Ce sont surtout des vendeurs occasionnels qui ont réalisé de bonnes affaires comme Jeannine Tshilanda que « Forum des As » a croisée aux environs de 15 heures devant l’Institut Biochimie de N’Djili, au Quartier 7, dans la Commune portant le même nom.

« Depuis samedi jusqu’à cette heure, j’ai déjà écoulé plus de 150 boites de poudre, des centaines de sifflets et de « Vuvuzelas ». Le prix d’une bouteille de poudre oscille entre 800 et 2000 FC (selon la quantité). Le sifflet coûte 300 FC et le « Vuvuzela » est vendu à 800 FC. Profitant de la publication des résultats de l’Examen d’Etat, je me suis décidée de faire le tour des écoles pour écouler mes produits ».

A sa grande satisfaction, ces produits s’écoulent facilement, parce que ce n’est pas seulement le nouveau ou la nouvelle diplômée qui achète, mais aussi les membres de sa famille, y compris des amis qui s’en servent.

De leur côté, les tenanciers des bars n’ont pas fermé l’œil. Ils ont poursuivi leurs ventes jusqu’au petit matin. « Je suis resté en état de veille toute la nuit, au bar parce que les lauréats n’ont pas osé reculer d’une semelle. Tout le stock est épuisé. Heureusement que le camion d’une société brassicole vient de me ravitailler ce matin », nous a soufflé Tsimba, gérant d’un débit de boisson installé au Quartier II à Ndjili.

Quand le « malewa » s’invite à la fete

Les restaurants de fortune, communément appelés « malewa », ont également profité de la nuit de liesse. A côté de la bière, les finalistes se sont rués vers le plats de ces restaurants, composés notamment de chinchards, de la viande de poulet, de chikwangues, du poisson salé, servis soit avec du riz, soit avec de la chikwangue.

« J’ai beaucoup regretté parce que j’ai tout vendu. Si je savais que les résultats des examens d’Etat allaient sortir aujourd’hui, j’allais prévoir une grande quantité. Mais j’ai fait une bonne affaire », lance Astrid Ndombe, tenancière d’un restaurant de fortune au Quartier 8 à Ndjili.

« j’ai gagne le double du prix d’achat »

La publication des résultats de l’Examen d’Etat a constitué aussi une aubaine pour certains jeunes Kinois. Portable à la main, ils couraient à travers les rues de Kinshasa, brandissant des banderoles sur lesquelles il était écrit : « Vision examen d’Etat ». A l’aide de leurs portables, une personne pouvait consulter les résultats, sur place, moyennant 1000 FC.

« Les commerçants kinois sont de vrais opportunistes. Ils adaptent leurs « marchandises » en fonction de l’événement. Ils sont attentifs au fait. C’est le cas, par exemple, lors de la collation des grades académiques, des deuils et autres circonstances où l’on voit des gerbes de fleurs », commentait Nana B., une passante surprise par les ventes considérables de certains marchands. Ce bon reflexe des vendeurs kinois n’a pas laissé indifférente une autre dame qui a déclaré : « A Kinshasa, la débrouillardise se porte bien. Un opportuniste ne peut pas mourir de faim ».

C’est le cas de Gerry Shako qui a apprêté son arsenal en prévision de la publication des résultats de l’Examen d’Etat. « J’étais déjà prêt avec ma marchandise depuis plus d’une semaine, parce que la date de publication était annoncée. J’avais acheté des cartons de poudre et des paquets de sifflets. Aujourd’hui, j’ai gagné presque le double du prix d’achat », déclare-t-il tout fier.

DES PARENTS DÉPOUILLÉS DE LEURS MAIGRES RESSOURCES

Difficile d’être parent d’un nouveau diplômé à Kinshasa. Depuis le samedi dernier, jour de la proclamation des résultats de l’Examen d’Etat session 2017-2018, des responsables de familles des lauréats se voient dépouillés de leurs maigres ressources. aussi bien par les connaissances que par les amis et membres de familles. Beaucoup parmi eux sont mêmes victimes de vol, de confiscation de biens…de la part de leurs proches, venus féliciter les parents ou le finaliste pour son succès.

Cette situation inquiète d’autant plus que ce comportement ruine les parents. Pendant que l’Hôtel de ville de Kinshasa interdit les tapages à travers les principales artères, ce qui se passe dans des familles des lauréats devrait plutôt interpeller l’opinion.

Il suffit d’apprendre que dans telle parcelle ou telle autre, un finaliste des humanités fête sa réussite, les proches du quartier se précipitent pour confisquer tout ce qu’ils peuvent trouver dans la famille du lauréat.

L’effervescence est telle que les parents assistent impuissants à tout. « Depuis que mon fils a obtenu son diplôme, je n’ai pas encore mangé chez moi.

Chaque jour les proches, les membres de la famille et d’autres connaissances envahissent mon domicile. Ils imposent à boire et à manger, alors que tout ce que nous avons prévu s’est épuisé », s’alarme un parent d’un lauréat.

Un autre se dit furieux de voir les jeunes du quartier emporter de boissons destinées à la vente et conservées dans un congélateur . »J’avais prévu un casier de sucrées pour célébrer le diplôme de ma fille. Mais, à l’arrivée de la foule, nous nous sommes rendus compte que tout a été emporté, laissant mon épouse sans stock pour continuer son petit commerce de survie « .

Ce phénomène social met tout de même les familles du lauréat en porte-à-faux avec les voisins ou la famille.Un refus catégorique de la famille du nouveau diplômé d’envahir le domicile est mal interprété ou perçu comme une posture d’Harpagon ou d’arrogance.

Voilà pourquoi, dans certains foyers concernés, on évite d’être traité de tous les maux par ces hôtes « surprises » et très généralement indésirables. La mère du lauréat, souvent en ligne de mire, s’arrange plutôt pour que ces écarts de comportement se passent sans pour autant ternir l’image de son foyer. Parfois, ces comportements laissent le mari sans voix, se contentant de voir ses « invités » venus à l’improviste, de célébrer le diplôme comme dans une fête ordinaire.

[Dina BUHAKE, Rachidi MABANDU]

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