dimanche , 19 août 2018
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Descente des Bleus : Champs-Elysées quadrillés

La descente des Bleus en bus à impériale sur les Champs-Elysées, après leur victoire à la Coupe du Monde, donnera lieu lundi après-midi à un nouveau « dispositif exceptionnel de sécurisation », a assuré la préfecture de police. Deux mille membres des forces de l’ordre seront mobilisées pour la sécurisation de l’évènement, ainsi que près de 400 personnels de secours. Les personnes souhaitant assister à cette célébration sont invitées à se rendre sur place dès 15H00.

Un large périmètre interdisant la circulation et le stationnement des véhicules a été mis en place, dès le début de la matinée, autour de l’Avenue des Champs-Elysées. Depuis midi, les accès à neuf stations de sept lignes de métro ont été fermés.

Le bus des Bleus qui descendra la prestigieuse avenue depuis la place de l’Etoile jusqu’au rond-point des Champs-Elysées progressera dans un couloir protégé « sur la voie montante par un barrièrage appuyé sur 150 plots de béton ».

Tout au long de ces 1.300 mètres, des unités formeront une « haie marchante », a détaillé la préfecture de police.

L’équipe de France, qui a été sacrée dimanche soir en battant la Croatie 4 à 2, imitera ses glorieux aînés qui, le 13 juillet 1998, avaient défilé au même endroit à bord d’un bus à impériale, acclamés par un demi-million de personnes.

Dimanche, des centaines de milliers de personnes ont envahi l’avenue des Champs-Elysées et ses alentours dans une ambiance festive, pour célébrer la victoire des Bleus en finale du Mondial russe. Des incidents opposant des groupes de casseurs aux forces de l’ordre ont cependant terni la fête, se soldant notamment par le pillage du Drugstore Publicis.

« Compte tenu de la foule présente, compte tenu des risques inhérents à ce type de situation et malgré des débordements inacceptables, on enregistre un bilan qui est finalement mesuré », a souligné le préfet Michel Delpuech, lors d’une conférence de presse.

SYMBOLES DE « LA RÉPUBLIQUE »

Après avoir exulté dans le stade de Moscou, Emmanuel Macron accueille lundi dans le calme de l’Elysée les Bleus, et veut en faire les meilleurs ambassadeurs des valeurs de la République et de son slogan « France is back ! »

Célébrer sans trop en faire: la modestie était de mise lundi à la tête de l’exécutif, soucieux de ne pas être taxé de récupération politique.

« Le président est à sa place: il accompagne ce grand moment d’émotion », indique-t-on dans son entourage.

Il l’a fait dimanche avec un enthousiasme débridé et spectaculaire: les images le montrant bondissant de son siège, les poings victorieux, pour fêter un but ou jubilant au milieu des joueurs dans le vestiaire, ont fait le tour du monde.

« Il en a fait beaucoup mais je crois qu’il l’a fait sincèrement (…) Ne boudons pas notre plaisir ! », a commenté lundi l’ancien ministre socialiste des Sports Patrick Kanner, habituellement plus critique du chef de l’Etat.

Pour Bernard Sananès, président de l’institut Elabe, Emmanuel Macron « a réussi à trouver le bon dosage » à Moscou, « aidé par une vraie sincérité de son côté fan de foot ».

« C’est dans la nature théâtrale d’Emmanuel Macron », renchérit Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste de communication politique. « C’était un peu surjoué… Mais on était dans l’émotion. C’est maintenant qu’il va falloir être dans la sobriété, car les Français ne sont pas dupes ».

La cérémonie organisée en fin d’après-midi dans les jardins de l’Elysée, en présence des joueurs, des familles, de 300 sportifs et d’un millier de jeunes, se déroulera d’ailleurs hors médias, à l’exception d’une caméra de télévision.

« Réveillez-vous! »

Après la victoire, le président s’est adressé dans les vestiaires aux Bleus, qu’il a appelés « mes enfants », en les remerciant d’avoir « fait rêver 60 millions de Français et des gamins partout ».

Mais il n’a pas eu à en rajouter car les Bleus ont passé à l’unisson le message politique en lançant, comme Paul Pogba, « Bravo! La République ! La République ! ». L’exécutif avait déjà été surpris lorsque Antoine Griezmann avait été le premier à crier « Vive la France, vive la République ! » à l’issue de la victoire contre l’Argentine le 30 juin.

« Ce sont les joueurs et eux seuls qui racontent l’histoire qu’ils ont envie de raconter. Et ce sont eux et eux seuls qui ont décidé de faire rimer universalité du football et universalité de la République », a souligné lundi le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit.

Pour Philippe Moreau Chevrolet, le discours « positif et non politisé » des joueurs peut profiter à Emmanuel Macron en lui permettant de « retrouver la dynamique de sa campagne », basée sur « le retour d’une France qui gagne quand elle est rassemblée ». Il peut aussi profiter de « l’impression qu’il a décidément la baraka, que tout lui réussit », selon l’expert.

Le chef de l’Etat va sûrement « essayer de donner du sens au succès », estime aussi Bernard Sananès.

Avec la perspective de bénéficier durant l’été d’une hausse de la popularité dans les sondages même si il en faudra plus pour gommer l’image de « président des riches », selon les experts.

« Les Français font la part des choses: le sport d’un côté, la politique de l’autre », insiste Philippe Moreau Chevrolet. « En 1998, la Coupe du Monde avait été politisée, ce qui n’est plus possible aujourd’hui. Car les Français ont été déçus il y a 20 ans ».

L’ancien champion du Monde Frank Leboeuf a toutefois lancé lundi un appel: « Messieurs les politiques, réveillez-vous ! Quand est-ce que vous aurez compris que le sport est un vecteur d’union sacrée dans la population ? »

« Le sport apprend la discipline, le respect de l’autre, ça fait des hommes… On ne s’en est jamais servi en France (…), sauf quand ça arrange », a-t-il déclaré sur BFMTV et RMC, en évoquant le précédent de la France Black-Blanc-Beur de 1998.

FRANCE ATTEND LE RETOUR DE SES HÉROS

Ils l’ont fait, 20 ans après la génération Zidane. La « bande à Griezmann » et Mbappé a gagné la Coupe du monde et fêté cette deuxième étoile à Moscou, en attendant de prendre l’avion pour la France. Au programme: descente des Champs-Elysées et rendez-vous présidentiel ce lundi.

Il y aura comme un remake de 1998, après la victoire contre le Brésil (3-0). Cette fois, c’est la Croatie qui est tombée en finale en Russie (4-2), mais la liesse promet d’être la même.

Partis de leur camp de base d’Istra, dans la banlieue de Moscou, les Bleus étaient en route pour l’aéroport lundi matin. Leur avion est attendu à 15h55 à Roissy, a indiqué la Fédération française de football (FFF).

Ensuite, les joueurs du sélectionneur Didier Deschamps descendront les Champs-Elysées de 17h30 à 18h30, avant d’être reçus par le président de la République au palais de l’Elysée, puis d’être accueillis à l’hôtel de Crillon. Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, présents en tribunes au stade Loujniki à Moscou pendant la finale, puis dans les vestiaires après le match, pourront encore féliciter les nouvelles idoles du pays, suivies dimanche par 19,3 millions de téléspectateurs en France.

Les cracks bleus version 2018 descendront la « plus belle avenue du monde » depuis le plateau de l’Etoile jusqu’au rond-point des Champs-Elysées. Ils imiteront leurs glorieux aînés qui, le 13 juillet 1998, avaient défilé au même endroit à bord d’un bus à impériale, acclamés par un demi-million de personnes.

Un homme pourra leur expliquer ce qui les attend. C’est leur sélectionneur Didier Deschamps. Il y a 20 ans, il était capitaine des champions du monde, sentinelle du milieu de terrain. Aujourd’hui, à 49 ans, il entre dans un club très fermé, ceux qui ont gagné la compétition reine comme joueur et coach. Jusqu’ici, ils n’étaient que deux à avoir réalisé cette performance, le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer.

« Je vais être dans l’histoire »

Il y a 20 ans, le visage d’un seul joueur, Zinédine Zidane, était projeté sur l’Arc de Triomphe après son doublé contre la Seleçao.

Cette fois, ils sont trois à avoir marqué: Antoine Griezmann, Paul Pogba et Kylian Mbappé. « Grizi » pourrait même être crédité d’un doublé, car un de ses coups francs a été dévié de la tête dans ses buts par le Croate Mario Mandzukic.

« Franchement, personnellement, je ne réalise pas encore. La coupe pèse beaucoup », a commenté dans la nuit Griezmann. « On entre dans l’histoire », s’est tout de même rendu compte le joueur de l’Atlérico Madrid, sur le toit du monde à 27 ans.

Quand on lui a demandé si on allait parler de « génération Griezmann », l’attaquant a répondu, après avoir mis « le collectif en premier »: « Je vais être dans l’histoire du foot français, même si on ne réalise pas maintenant, nos enfants vont être très fiers de porter notre nom ».

« On essaie de donner une bonne image de la France, des joueurs français. J’espère que beaucoup de jeunes auront vu ce match et feront pareil », a-t-il complété.

Beaucoup de jeunes auront sans doute envie de connaître la même trajectoire météorique que Kylian Mbappé. A 19 ans et demi, il a donc marqué en finale de Coupe du monde son 4e but du tournoi ! Il devient le deuxième plus jeune joueur à marquer en finale de Coupe du monde après Pelé, qui avait fait trembler les filets dans le match au sommet du tournoi de 1958.

« On va fêter ça »

« Je suis très content, j’avais affiché mes ambitions collectives en début de Mondial, c’était de remporter la Coupe du monde », s’est réjoui sur TF1 le gamin de Bondy. « C’est la vie qu’on voulait. On est fier de rendre les Français heureux. On est conscient qu’on avait ce rôle-là aussi, on voit qu’ils oublient tous leurs problèmes », a souligné le TGV du PSG.

Et d’ajouter déjà mature et ambitieux: « On joue pour ce genre de choses, j’ai toujours dit que je ne voulais pas être que de passage dans le foot. Etre champion du monde c’est envoyer un message, c’est un passeport pour continuer à travailler et à faire encore mieux ».

« J’ai le sommeil facile, mais je ne vais pas dormir, on va fêter ça. On repartira au travail dans quelques semaines ». Comme la plupart des fans en France, dans les rues en fête au coup de sifflet final. Et qui attendent désormais, pour ceux présents à Paris, de pouvoir apercevoir leurs nouveaux héros.

19,3 MILLIONS DE TÉLÉSPECTATEURS SUR TF1

Le parcours des Bleus pendant le Mondial-2018, couronné par la victoire contre la Croatie dimanche (4-2) en finale, a permis à TF1 de multiplier les bons scores d’audience, une excellente affaire pour l’image du groupe à défaut d’être entièrement rentable.

Diffusée dimanche à 17 heures, la finale France-Croatie a été regardée par 19,3 millions de téléspectateurs sur TF1, avec une part d’audience (Pda) record de 82,2%, meilleure Pda pour un match de football depuis le 11 juin 2002, selon les données de Médiamétrie diffusées lundi.

Si la Une ne bat pas le record absolu d’audience détenu par la demi-finale France-Portugal de 2006 (22,2 millions de téléspectateurs), elle bat un record depuis le début de l’année toutes chaînes confondues.

TF1 a également enregistré un pic d’audience au moment du coup de sifflet final à 22,3 millions de téléspectateurs. 18,2 millions de téléspectateurs (79,3% de Pda) ont ensuite regardé la remise de la Coupe du Monde à l’équipe de France.

De 19h45 à 22h35, le magazine « Champions du monde » présenté par Denis Brogniart et Anne-Claire Coudray a été suivi en moyenne par 7,8 millions de téléspectateurs, soit 40,4% de Pda.

Sur le site MYTF1, 1,2 million de visites live ont été enregistrées lors de la finale, soit la 3ème meilleure audience pour un match de l’équipe de France, note la chaîne.

Et sur l’ensemble de la journée de dimanche, la part d’audience de la chaîne s’établit à 44% en moyenne, un record depuis octobre 2007, s’est félicité TF1.

Ces bons scores s’ajoutent à ceux enregistrés par la demi-finale contre la Belgique qui avait été suivie par 19,1 millions de téléspectateurs mardi soir sur TF1, lui permettant d’enregistrer alors sa meilleure audience depuis 2016.

36,5 millions de Français

Seul diffuseur en clair des 28 matches, TF1 avait déboursé 130 millions d’euros pour les droits, mais a pu limiter la dépense à environ 70 millions d’euros en en revendant une partie à BeIn Sports, selon une source proche du dossier.

Rarement rentables pour les chaînes, les Coupes du Monde sont en revanche des opérations positives pour l’image, comme l’a rappelé le patron de TF1 Gilles Pélisson au JDD dimanche, précisant que les audiences ne tenaient pas compte de « tous les téléspectateurs qui nous regardent autrement », dans les cafés, les entreprises…

Selon une étude d’Omnicom Media Group publiée lundi, 72% des Français de plus de 18 ans ont regardé chez eux, en famille dans un bar, dans une fan zone, ou dans un autre endroit public la finale France-Croatie, soit 36,5 millions de personnes.

Lors du Mondial-2014, TF1 n’avait pas dévoilé le montant exact de ses pertes mais elles étaient estimées par les analystes à plus de 30 millions d’euros.

Lors de la finale de dimanche, le spot publicitaire standard de 30 secondes diffusé pendant la mi-temps valait environ 280.000 euros, un tarif variable selon la position de diffusion: le premier spot coûtait 364.000 euros, selon une source proche du dossier.

Au final, TF1 aura donc pu récupérer cette année environ 60 millions d’euros de recettes publicitaires, rendant l’opération quasi rentable, de même source.

Du côté de BeIN, qui devrait publier ses chiffres dans la journée, l’événement a permis au bouquet payant de passer le cap des 4 millions d’abonnés, contre 3,5 millions précédemment, grâce à une « hausse exceptionnelle » en juin.

[avec Afp]

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