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Kylian Mbappé qui savoure son triomphe avec le trophée de champion du monde à Moscou, le 15juillet 2018.
Kylian Mbappé qui savoure son triomphe avec le trophée de champion du monde à Moscou, le 15juillet 2018.

1998 – 2018 : Bondy entre dans l’Histoire grâce à Kylian MBAPPÉ

Dernière mise à jour, le 18 juillet 2018 à 12:53

Le but de Mbappé et la victoire de la France en finale de la Coupe du monde ont fait chavirer dimanche la foule rassemblée à l’AS Bondy, la ville de banlieue parisienne où le prodige a fait ses débuts.

65e minute du match contre la Croatie. Le stade de Bondy explose de joie. Hurlements, drapeaux bleu-blanc-rouge agités en tout sens: la star de la ville, Kylian Mbappé, 19 ans, vient de marquer. La France mène 4-1 contre la Croatie.

« C’est incroyable, trop d’émotion ! Mbappé, ballon d’or c’est obligé, Bondy on est là, lourd ! », crie Yousseff, 19 ans qui a joué dans le club AS Bondy avec lui.

« C’est aussi Bondy qui entre dans l’Histoire grâce à lui », ajoute Mohamed Mouloudi, 21 ans.

Située à 8 km à l’est de Paris, Bondy est une commune du département de la Seine-Saint-Denis, un des plus pauvres de France avec un taux de chômage de 19% (contre 8,9 % sur le plan national), où le football est souvent perçu comme l’un des seuls moyens de s’en sortir.

Au total 8 des 23 joueurs de l’équipe de France sont issus d’un club semblable de la région parisienne, une pépinière de talents qui contribuent largement à la réussite des Bleus depuis des années.

A Bondy, Mbappé, prodige de 19 ans, est devenu un motif de fierté absolue au point d’avoir eu une fresque géante à son effigie dessinée sur une barre d’immeubles.

« Il met la lumière sur la ville, on est fiers comme jamais! », dit Kader, 28 ans, maillot de Mbappé sur le dos en suivant la finale sur écran géant.

Athmane Airouche, le président du club, short et claquettes, s’empare du micro : « On est champion du monde !!! », répète-t-il. « Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais on a un champion du monde à Bondy! » « Kylian, Kylian, Kylian », répond la foule.

Le jeune homme est désormais le deuxième plus jeune buteur en finale de Mondial depuis Pelé en 1958, et le plus jeune champion du monde de l’histoire des Bleus.

« Il y a 5 ans, il était encore ici! », ajoute le président de l’AS Bondy, qui semble lui-même ne pas en revenir. « Merci Kylian ! Vive Bondy, vive la République, vive la France ! »

« Vitesse » et « bonnes notes »

« Je suis une fan ! », dit Linda Bourja, 41 ans, maillot de Mbappé sur le dos. « On devait partir mardi en vacances mais on les a décalées pour vivre la finale ici ! »

A Bondy, tout le monde semble avoir un souvenir avec la star, sacrée dimanche meilleur jeune joueur du Mondial par la Fifa. « On a fait les 400 coups ensemble », raconte Yousseff, désormais animateur. Il se rappelle de sa « vitesse », déjà.

« On lui faisait la passe, il slalomait entre tout le monde et là, but! comme dans un film. Il a été très vite surclassé. Quand il était en U15 (moins de 15 ans, NDLR), l’entraîneur des U17 le demandait pour disputer les matchs à enjeux, ceux de la montée ».

Tout le monde salue une famille « très bien », dont le père, entraîneur respecté, a marqué le club. Avec lui, il fallait marcher droit, ajoute Yousseff : « On devait amener nos bulletins et si on n’avait pas de bonnes notes, on ne jouait pas le week-end ».

Une politique que le club continue d’appliquer, explique son président : « Si tu n’es pas bon à l’école, tu ne joues pas ».

Aux jeunes qui rêvent de devenir le nouveau Mbappé, il dit : « Sois-toi même, prends exemple, travaille, mais vis ta vie. »

Il ne faut pas oublier tout ce que la banlieue « fabrique de bien », ajoute Athmane Airouche. « Tous les autres talents, les médecins, les avocats », nés eux aussi à Bondy.

SACRE DES BLEUS

La France s’est transformée en discothèque géante dimanche après la victoire des Bleus en finale de la Coupe du monde, notamment à Paris où des centaines de milliers de supporters survoltés ont envahi les Champs-Elysées.

De la « fan zone » de la tour Eiffel jusqu’aux centre-villes de Lille, Lyon, Strasbourg ou Marseille en passant par le stade de Bordeaux et les places des villages, des millions de supporters ont laissé éclater leur bonheur au coup de sifflet de la finale remportée (4-2) face à la Croatie.

« On a gagné, on a gagné ! » scandait la foule dans la fan zone parisienne. « C’est merveilleux, merveilleux », s’exclamait émue Martine, 58 ans, venue avec sa fille et 90.000 autres supporters noyés dans les drapeaux tricolores et les fumigènes.

Quelques minutes plus tard, les Champs-Elysées étaient noirs de monde pour fêter jusqu’au bout de la nuit ce deuxième sacre des Bleus. En 1998, ils étaient plus d’un million à célébrer le « président » Zidane et sa bande sur la « plus belle avenue du monde ».

Plus de 4.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés sur Paris dimanche, alors que la France vit toujours sous la menace terroriste.

Durement touchée par un vague d’attentats jihadistes qui a fait 246 morts depuis 2015, traversée par les questionnements identitaires, la France a vécu cette Coupe du monde comme une parenthèse enchantée, après des années de difficultés et d’angoisses.

A Paris, au bar du Carillon, théâtre des attentats du 13-Novembre 2015, Benoît Bardet, un jeune consultant en informatique « pas spécialement fan de foot » était venu fêter le titre avec ses amis et pour « montrer que Paris ne meurt pas ». « Etre champions du monde ici, c’est symbolique », assurait-il alors que les pintes de bière volaient.

Lui aussi était déterminé à prendre la direction des « Champs ». En 1998, « mes parents m’avaient couché à 23H00 pour aller boire sur les Champs-Elysées. Cette fois, c’est mon tour! »

« Complètement fou »

Beaucoup de jeunes voulaient connaître à leur tour l’ivresse de 1998. « C’est le plus bel été de ma vie ! », s’exclamait Myriam, 17 ans, en pleurs au pied de la Tour Eiffel.

A Bondy, en région parisienne, le quatrième but, marqué par l’enfant du pays Kylian Mbappé, a provoqué une explosion de joie. « Kylian, il a tiré, Kylian, il a marqué, Kylian ballon d’or, Bondy champion, la Coupe du monde c’est pour la France! », scandaient les jeunes, finissant sur l’air de « I will survive », l’hymne des Bleus en 1998.

En termes de popularité, l’équipe de France revient de loin, après des scandales à répétition et le fiasco de la Coupe du monde en Afrique du Sud en 2010, où les joueurs avaient fait grève avant d’être éliminés piteusement.

La ferveur populaire est montée crescendo pendant la compétition en Russie. D’abord sceptique, le grand public a progressivement été gagné par la fièvre football pour s’embraser définitivement après la victoire sur la Belgique mardi en demi-finale.

« Vous faites la fierté de votre pays, bravo », a réagi dimanche le Premier ministre Edouard Philippe. « MERCI », a tweeté le président Emmanuel Macron, présent pour la finale à Moscou, à l’adresse des Bleus.

Depuis la Russie, les joueurs ont suivi la liesse qui s’est emparée du pays et ont brandi le drapeau national avec une fierté retrouvée.

Vingt ans après l’épopée « black-blanc-beur » de 1998, mythe aujourd’hui éculé, les 23 Bleus présents en Russie (dont 14 ont des origines sur le continent africain) ont même revendiqué de manière inhabituelle leur identité française, à l’image d’Antoine Griezmann, enjoignant le peuple d’être « fier d’être Français ».

« Voir tout le monde réunit dans la rue comme ça, c’est fou. Y a plus de problèmes, de racisme, tout le monde se rassemble. Y a qu’avec le foot que tu vis ça », estimait Ludovic Guaignant, technicien en électronique, un maillot de Griezmann sur le dos.

Fêtant la victoire dans un bar du centre de Paris, Thomas Bazzi, 31 ans, évoquait une « confiance retrouvée ». « On est quand même dans un pays sous trop de pression, économique, sociale. On avait besoin de cette fenêtre d’espoir », disait-il, en prédisant même un « baby boom ».

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