mercredi , 14 novembre 2018
Accueil / International / Asie / Mondial : Quelques choses à savoir sur la Croatie

Mondial : Quelques choses à savoir sur la Croatie

Malgré le talent de ses joueurs, peu attendaient la Croatie en finale de Coupe du monde: depuis l’Uruguay en 1950, jamais une aussi petite nation n’était parvenue à ce niveau. Quelques choses à savoir sur ce pays, indépendant depuis 1991, qui peut devenir dimanche le neuvième à inscrire son nom au palmarès de la compétition majeure du football. Ou plus exactement, du « nogomet ».

Football inconnu

Les Croates ne jouent pas au football. Ils jouent au « nogomet ». Un mot créé à partir du mot « noga », les jambes. Ils sont en effet un des rares peuples au monde à ne pas avoir intégré dans leur langue le mot « football », à l’inverse de leurs voisins serbes, dont la langue est quasiment identique mais qui disent « fudbal ». Les Serbes ont donc des « Fudbalski Klub », comme le FK Etoile Rouge, quand les Croates ont des « Nogometni Klub », comme le NK Rijeka.

La cravate

Les Français seraient inspirés de méditer la phrase de Norman Davies dans son livre « L’Europe – une histoire »: « A chaque occasion, les gens qui nient l’influence des petites nations d’Europe devraient se souvenir que les Croates nous tiennent par la gorge ».

L’historien faisait référence à la cravate, dont les origines sont croates, d’où son nom. Selon les Croates, cet accessoire vestimentaire fut d’abord une tradition, symbole d’amour, les femmes croates nouant des écharpes autour du cou de leurs bien-aimés partant faire la guerre.

L’accessoire va ensuite entrer dans l’histoire des relations franco-croates. Elle a en effet été importée par les mercenaires croates, venus combattre pour le compte de Louis XIV lors de la guerre de Trente Ans au XVIIème siècle.

Les Dalmatiens

Ces chiens blancs aux taches noires ou marron, doivent leur célébrité au dessin animé de Walt Disney « Les 101 dalmatiens » (1961). Leur origine est à chercher sur la côte dalmate. Dès le XVIème siècle on retrouve des traces écrites dans les archives des églises, et des peintures représentant ce chien de taille moyenne, agile et souple.

Monnaie carnivore

Membre de l’Union européenne, la Croatie n’est pas encore dans la zone euro, et conserve sa monnaie, la « kuna », adoptée en 1994, pendant la guerre d’indépendance, pour remplacer le dinar.

Ce mot désigne aussi une martre. La fourrure de ce petit carnivore était en effet utilisée comme monnaie d’échange au Moyen-Age.

Ce choix avait toutefois suscité une polémique: la « kuna » était la monnaie choisie par le régime pronazi oustachi durant la Seconde Guerre mondiale.

Pépinière de sportifs

Petit pays de 4,2 millions d’habitants, la Croatie produit un nombre impressionnant de champions. Des footballeurs donc, mais aussi des waterpolistes ou des handballeurs (ou plutôt joueurs de « rukomet »), deux fois champions olympiques et une fois champions du monde. Ils ont aussi des basketteurs légendaires, comme Drazen Petrovic ou Toni Kukoc, des tennismen comme Goran Ivanisevic et aujourd’hui Marin Cilic, des athlètes comme Blanka Vlasic. Et même sans très hautes montagnes, contrairement à leurs voisins slovènes, ils ont des champions de ski alpin, Janica et Ivica Kostelic.

La mer partout

La Croatie compte près de 6.000 kilomètres de côtes, y compris celles de plus de 1.000 îles et îlots disséminés dans l’Adriatique, face au continent. De quoi attirer 17 millions de touristes par an. Dont certains sont bien inspirés de s’aventurer dans les terres pour visiter les autres joyeux du pays, l’Istrie intérieure, le massif de Velebit, la Krka, ou encore les lacs de Plitvice. Le tourisme compte pour 20% du PIB du pays.

La Croatie est aussi le pays du « prsut », le jambon fumé local, premier produit du pays à avoir reçu le label européen d’origine contrôlée, de la truffe d’Istrie, de nombreux vins ou plats de poissons. La soupe de poissons locale, la « gregada », n’a rien à envier à la bouillabaisse marseillaise.

UNE FINALE HISTORIQUE AU MONDIAL

Comme on se retrouve… la Croatie, renversante et héroïque, a battu l’Angleterre, mercredi en demi-finale du Mondial-2018 (2-1 a.p.), pour s’offrir la première finale de son histoire, dimanche face à la France, 20 ans après une demie d’anthologie entre les deux pays. Lilian Thuram ne sera plus là pour marquer un doublé sorti de nulle part mais les Français, qui disputeront dimanche leur troisième finale mondiale en 20 ans (une gagnée en 1998, une perdue en 2006), partiront quand même avec l’étiquette de favori… D’autant plus qu’ils ont eu un jour de récupération en plus et 30 minutes de jeu en moins lors de leur victoire 1-0 contre la Belgique mardi.

Au total, les Croates ont disputé trois prolongations en 8e, quart et demi-finale, soit l’équivalent d’un match supplémentaire en dix jours.

Mais, emmenés par leur formidable capitaine Luka Modric et qualifiés grâce à des buts d’Ivan Perisic (68e) et Mario Mandzukic (109e), ils promettent de vendre chèrement leur peau. L’Angleterre, qui avait ouvert le score par Kieran Trippier sur coup franc (5e), l’a appris à ses dépens.

Croates émoussés

Même émoussés physiquement par des prolongations en huitièmes contre le Danemark puis en quarts contre le pays hôte russe, avec supplément tirs au but dans les deux cas, les « Vatreni » n’ont jamais baissé les bras, géré au mieux temps forts et temps faibles… Et surpris les Anglais qui se voyaient peut-être un peu tôt déjà qualifiés pour la deuxième finale de leur histoire, après celle gagnée à domicile en 1966.

Il faut dire que ces derniers avaient parfaitement débuté la rencontre: jolie roulette de Jesse Lingard, passe dans le bon tempo pour Dele Alli et le capitaine croate Luka Modric qui fait faute à l’entrée de sa surface. Cinq minutes de jeu, coup franc direct de Kieran Trippier, but.

Mais pendant que Jesse Lingard manquait le cadre sur un caviar d’Harry Kane (35e) et que ce dernier perdait son face-à-face avec Danijel Subasic avant d’être signalé hors-jeu (30e), l’expérience de la Croatie, deux ans plus âgée en moyenne que son adversaire mercredi, a fini par faire son oeuvre. Et le physique est revenu.

Menaçants en fin de première période, les Croates ont confié leur sort à quelques individualités: c’est ainsi qu’Ivan Perisic a jailli devant Walker pour expédier acrobatiquement un centre de Sime Vrsaljko dans le but anglais (68e).

Vrsaljko sur sa ligne

Le même Perisic a trouvé le poteau quatre minutes plus tard, pendant que l’arrière-garde anglaise était en pleine panique et avant que le vieux grognard, Mario Mandzukic, qui venait de perdre deux duels devant Pickford (83e, 105e), ne libère les spectateurs croates sur une déviation de la tête de Perisic, encore, élu homme du match (109e).

« C’est incroyable », a réagi Mandzukic après la rencontre, sur BeIn Sports. « Ce n’est pas vraiment un miracle, on a accompli quelque chose que seuls les grands joueurs peuvent accomplir. On a joué avec le coeur. »

Entre temps, le latéral Vrsaljko qui était sorti sur blessure face à la Russie et était un temps incertain, avait trouvé le moyen de repousser de la tête et sur sa ligne une tête superbe du défenseur de Manchester City, John Stones (99e).

« On est dégoûtés », a déploré Harry Kane au coup de sifflet final, sur BeIn Sports. « Ca fait mal, ça fait vraiment mal. ça va faire mal pendant un moment, évidemment. On va garder la tête haute. C’était un voyage incroyable, on est allé plus loin que personne ne le pensait. »

Si la défaite des Anglais est aussi cruelle que porteuse d’espoirs, les Croates ont amplement mérité cette première finale de leur histoire.

En 1998, la génération Davor Suker, actuel président de la fédération croate, avait terminé à la troisième place de la Coupe du monde 1998 après une défaite 2-1 en demie contre la France.

Aller un cran plus loin est déjà une consécration pour la génération de Luka Modric, plus que jamais prétendant à un premier Ballon d’Or. Mais la Croatie visera sans doute encore un cran plus haut, dimanche dans le même stade Loujniki de Moscou. En souvenir de Lilian Thuram et de cette cruelle défaite en demi-finale…

UN PHOTOGRAPHE S’EST RETROUVÉ ENSEVELI SOUS LES JOUEURS CROATES

« A un moment, ils se sont rendus compte que j’étais en dessous »: un photographe de l’AFP s’est retrouvé enseveli sous les joueurs croates en pleine célébration du but de la victoire inscrit par Mario Mandzukic, en demi-finale de la Coupe du monde, face à l’Angleterre (2-1 a.p.) mercredi à Moscou.

On joue la 109e minute, et Mandzukic vient de marquer le but libérateur pour la Croatie, avant de se diriger vers un coin du terrain pour partager sa joie avec ses coéquipiers.

« J’étais en train de changer d’objectif alors que les joueurs s’approchaient de moi », raconte Yuri Cortez, qui se trouvait juste à côté des panneaux publicitaires, à l’un des emplacements prévus pour les photographes.

« Ils ont continué à s’approcher et ils me sont tombés dessus. C’était un moment de folie, ils étaient très heureux. Et à un moment, ils se sont rendus compte que j’étais en dessous ! », rigole Cortez.

Habituellement en poste au bureau de l’AFP à Mexico, il a gardé ses réflexes sous la montagne de joueurs et appuyé sur le bouton, tirant des clichés très proches de la jubilation croate.

Fin de l’histoire: « Ils m’ont demandé comment j’allais. Un a récupéré mes objectifs et un autre (le défenseur Domagoj Vida) m’a fait une bise ».

[Afp]

A lire aussi

Linafoot : DCMP en 2ème position

Dernière mise à jour, le 13 novembre 2018 à 11:19 Grâce à sa victoire de …

Laisser un commentaire