lundi , 24 septembre 2018
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Angleterre : Un rêve brisé

Il n’y a pas de défaite heureuse mais celle de l’Angleterre en demi-finale de la Coupe du monde mercredi contre la Croatie (2-1 a.p.) a quand même un petit parfum de victoire: après tant de désillusions, elle s’est réconciliée avec son public et sa jeunesse est porteuse d’espoirs. « Cela a été un super parcours, on est allés plus loin que personne ne l’imaginait », a confié le capitaine et buteur Harry Kane après la déconvenue face à la Croatie. « C’est génial d’être arrivé si loin et nous savons que nous avons rendu tout le monde fier. »

Du haut de ses 28 ans tout juste, le milieu de Liverpool Jordan Henderson est l’un des cadres et des joueurs les plus expérimentés de la sélection aux Trois Lions, plus que les hommes forts Harry Kane, Kieran Trippier, Dele Alli, Jordan Pickford. La jeunesse a d’ailleurs été la faiblesse des Anglais face aux vieux grognards croates, qui disputeront la première finale de leur histoire face à la France dimanche.

Mais c’est aussi un grand motif d’optimisme: « il y a des joueurs fantastiques qui arrivent, c’est un moment très excitant pour le football anglais », expliquait Henderson mardi. « J’espère qu’ils vont continuer à grandir, à apprendre, et à le faire au plus haut niveau des Coupes du monde et des championnats d’Europe ».

« Continuer à avancer »

« Cette expérience peut donner à ce groupe beaucoup de confiance pour continuer à avancer, j’espère qu’on pourra se servir de cette expérience pour avancer, continuer à s’améliorer et, je l’espère, pour gagner quelques trophées en route », exposait-il.

Les trophées, autres qu’une éventuelle troisième place honorifique que l’Angleterre disputera samedi à la Belgique, attendront. Mais la sélection anglaise a retrouvé une place dans le coeur de ses supporters, et ça aussi, c’est déjà une victoire.

Deux ans en arrière en effet, les Trois Lions étaient la risée du monde entier, y compris chez eux, après leur élimination dès les huitièmes de finale de l’Euro-2016, concédée à des Islandais bizuths en compétition majeure.

« Après l’Islande, on savait qu’il fallait changer des trucs », avait expliqué le joueur de Tottenham Eric Dier lundi. « On savait qu’on ne pouvait plus laisser cela se reproduire. (…) On a appris de nos erreurs, on a corrigé les choses et on a vu comment le pays était derrière nous. »

Hype Southgate

Le pays est aussi devenu fan du sélectionneur Gareth Southgate, pourtant second choix arrivé dans le scepticisme le plus total, notamment vu son maigre passé comme coach (trois saisons à Middlesbrough, trois comme sélectionneur des Espoirs) et parce qu’il avait raté un tir au but contre l’Allemagne à l’Euro-1996, privant sa sélection d’une finale.

Mais son management humain, son côté « gentleman », son élégance aussi, avec ce gilet devenu accessoire indispensable des supporters (et qui pourrait faire son entrée au musée de Londres!)… Et ses résultats, bien sûr, ont conquis une bonne partie de l’Angleterre.

« Il a beaucoup d’empathie, il s’exprime clairement, il a une forte intelligence émotionnelle et il comprend très bien comment rester connecté avec les joueurs et tirer le meilleur de son équipe – et de son staff », jugeait début juillet le directeur technique de la Fédération anglaise Dan Ashworth.

« Quelques morceaux d’histoire »

« On a réussi quelques morceaux d’histoire, en ayant le record de la plus large victoire dans un tournoi pour l’Angleterre (6-1 contre le Panama, NDLR), la première victoire en match à élimination directe depuis 10 ans (12, en réalité, NDLR), notre première victoire en quart de finale depuis encore plus longtemps… On se concentre sur la possibilité de continuer à briser ces barrières », expliquait le technicien de 47 ans avant le match contre la Croatie.

Southgate n’est que le troisième sélectionneur à atteindre les demi-finales avec l’Angleterre, après 1966, date du seul sacre des Trois Lions, et 1990. Depuis son arrivée, « le plus grand changement est qu’on a une identité et qu’on joue d’une manière confortable pour nous en tant qu’équipe », a encore exposé Henderson.

« Je pense que c’est l’équipe anglaise la plus solidaire dans laquelle j’ai joué. Ca fait une différence de taille et on est récompensé de ça ». Par des louanges au lieu des quolibets au moment de rentrer à la maison… En attendant les titres.

[Afp]

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