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La stabilité politique en RDC est la « priorité stratégique » des USA en Afrique

Dernière mise à jour, le 13 juillet 2018 à 08:23

Présenté par le Sénateur Smith, loi sur la crise congolaise votée au Etats-Unis le vendredi 28 juin 2018, contient des exigences relatives à la tenue impérative des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales le 23 décembre 2018 ainsi qu’à leur caractère libre, démocratique et transparent. La loi sus évoquée prévoit également des sanctions judiciaires et financières contre des responsables politiques et militaires mais aussi des éléments de l’armée, de la police et des services spéciaux qui seraient épinglés comme commanditaires ou auteurs d’actes de nature à entraver le processus électoral et à porter atteinte aux droits de l’homme. Il y est indiqué que des poursuites judiciaires pourraient être engagées contre eux et au pire, leurs biens et avoirs confisqués. Lorsque l’on jette un coup d’œil sur l’exposé des motifs, on apprend que les USA retiennent l’instabilité politique comme la principale source de la crise multiforme qui frappe la RDC, laquelle est liée à la non tenue des élections, à la corruption, aux conflits armés, aux crises humanitaires, etc. Les Congressmen américains soulignent, sans la moindre ambigüité, que la stabilité politique en RDC est la « priorité stratégique » de leur pays en Afrique. D’où, leur grand souci est de voir y émerger une gouvernance responsable au sommet de l’Etat. De l’avis de Washington, s’il y a la stabilité politique, la démocratie et une autorité légitime à la tête du pays, les besoins sociaux de base pourraient trouver des réponses plus facilement et plus rapidement. Bref, sur pied de cette nouvelle loi, les USA vont assurer un suivi particulier du processus électoral congolais et sanctionner, au besoin, tous ceux qui seraient tentés de le torpiller.

Après le Sénat américain qui a pris le 22 juin 2018 une résolution imposant de nouvelles restrictions à un certain nombre de dirigeants de la RDC impliqués dans le gel du processus électoral en RDC, c’est finalement les deux chambres du congrès des Etats-Unis, à savoir le Sénat et la chambre des représentants, qui s’accordent sur une série de sanctions, dont le gel des biens de certains caciques du pouvoir en place, reconnus responsables de graves violations des droits de l’homme. Avec toutes ces mesures, le Congrès presse de plus en plus l’administration Trump à agir pour remettre de l’ordre en RDC. Ce qui passe par la tenue inévitable des élections le 23 décembre 2018.

A Washington, la situation en RDC est suivie de très près. Les parlementaires américains apportent de la voix dans la crise politique congolaise. Si le président Donald Trump ne semble pas se préoccuper de la situation de crise en RDC qui risque de déstabiliser toute la région de l’Afrique centrale, au niveau de deux chambres du Parlement américain, à savoir la Chambres des représentants et le Sénat, il se dégage  une nette volonté de voir les Etats-Unis agir avec efficacité pour sortir la RDC de la crise dans laquelle l’a plongée délibérément la majorité au pouvoir à Kinshasa.

Bien évidement, au sein de l’administration Trump, le dossier de la RDC est pris au sérieux. Le passage en 2017 à Kinshasa de Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, sur ordre du président Trump, a marqué un tournant décisif. Dans la nouvelle politique africaine des Etats-Unis, la RDC est au centre de toute la stratégie qu’attend mettre en œuvre le nouveau locataire de la Maison blanche.

Pendant ce temps, au niveau du Congrès américain, c’est la pression tous azimuts. Le président Trump n’a donc pas de répit. Les parlementaires américains veulent le voir à l’œuvre pour remettre de l’ordre en RDC – un pays dont la stabilité intéresse aussi bien le continent que toute la communauté internationale.

Aussi, face à l’intransigeance de principaux dirigeants congolais de bloquer le processus électoral par toutes sortes de subterfuges, les parlementaires américains ont visiblement opté pour la méthode forte. Objectif : dégager la voie vers la voie de l’alternance démocratique.  Celle-ci passe par une série de sanctions, incluant le gel des avoirs et l’interdiction de fouler le sol américain. Sont visées, particulièrement les têtes d’affiche du régime en place à Kinshasa.

Après le Sénat américain qui a pris une résolution le 22 juin 2018 imposant des sanctions contre des dirigeants congolais exerçant une influence négative dans la marche du processus électoral, les deux chambres réunis en congrès ont unanimement adopté en fin de semaine dernière une autre résolution qui vise particulièrement des dirigeants congolais reconnus responsables de graves violations des droits de l’homme répertoriés en cette période de crise préélectorale.

Si le congrès a pris le soin de taire leurs noms jusqu’à ce jour, l’opinion nationale sait d’ores et déjà de qui il s’agit. Suivez mon regard. L’objectif poursuivi par le Congrès américain est de voir l’administration Trump prendre à bras le corps le dossier congolais pour une sortie de crise le plus rapidement possible. Et sur ce point précis, les Etats-Unis ne transigent pas sur la date du 23 décembre 2018, retenue pour la tenue de scrutins combinés incluant la présidentielle ainsi que les législatives nationales et provinciales.

Le Sénat ne lâche pas prise

Si la Chambre des représentants des Etats-Unis, à dominance Républicaine, se montre moins entreprenante sur le dossier congolais, le Sénat quant à lui, particulièrement les démocrates qui siègent au sous-comité des relations extérieures sur l’Afrique, ne laisse pas de répit au président des États-Unis, Donald Trump. Si la tenue des élections est prévue pour le 23 décembre 2018, le Sénat américain estime que ce n’est pas une raison pour les États-Unis de relâcher la pression sur Kinshasa qu’il soupçonne de tout mettre en œuvre pour torpiller la suite  du processus électoral.

Après s’être montré très attentif sur la situation de crise qui plonge la RDC et toute la région de l’Afrique centrale dans l’incertitude, le Sénat américain a adopté, le 22 juin 2018, une résolution qui exhorte la République démocratique du Congo à « prendre des mesures concrètes pour assurer le transfert pacifique du pouvoir en organisant des élections libres et équitables avant la fin de l’année ». Initiée par les sénateurs Cory Booker et Jeff Flake, la résolution met donc plus de pression autant sur le président Kabila que sur son homologue américain, Donald Trump.

Très engagé sur la RDC auprès de hautes instances politiques américaines, le sénateur Booker a déclaré que « cette résolution envoie un message clair au président Kabila, au gouvernement de la RDC et au peuple congolais que les États-Unis surveillent non seulement de près, mais sont prêts à relever de manière significative les enjeux pour ceux qui continuent d’entraver un processus électoral libre et équitable ».

Même si Kinshasa continue à brandir l’arme souverainiste chaque fois qu’on tente de le rappeler à l’ordre sur une possible dérive du processus électoral, au sein du establishment américain, le dossier se trouve en bonne place sur la table du président Trump. Kinshasa ferait mieux de ne pas minimiser tous les appels à la raison émis depuis Washington, capitale fédérale des États-Unis.

[lePotentiel]

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