mercredi , 14 novembre 2018
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Bruxelles Airlines : Licenciement irrégulier

Invités subitement, le vendredi 29 juin, pour une « communication importante » par la haute hiérarchie de Bruxelles Airlines, quinze agents nationaux de cette compagnie belge dénoncent leur séquestration dans les locaux de l’entreprise par la directrice générale et sa collègue des ressources humaines, pour avoir refusé de signer ce qu’ils considèrent comme un document de licenciement « irrégulier ».

Une entreprise peut licencier ses employés, mais seulement, cela devrait se faire conformément aux prescrits de la loi en la matière. Les victimes dénoncent l’arrêt « irrégulier » du ministre du Travail, autorisant leur licenciement. Ainsi, demandent-ils au Premier ministre de l’annuler.

Invités subitement, le vendredi 29 juin, pour une « communication importante » par la haute hiérarchie de Bruxelles Airlines, quinze agents nationaux de cette compagnie belge dénoncent leur séquestration dans les locaux de l’entreprise par la directrice générale et sa collègue des ressources humaines, pour avoir refusé de signer ce qu’ils considèrent comme un document de licenciement « irrégulier ».

L’ambiance n’était pas ordinaire depuis le week-end passé chez Brussels Airlines Kinshasa. Et pour cause : 15 des 80 agents de cette compagnie ont été rappelé d’urgence, le vendredi 29 juin 2018, aux bureaux de l’entreprise situés à l’immeuble Sabena, situé sur le boulevard du 30 juin, pour une communication « importante ».

Arrivés sur les lieux, ils ont été reçus un par un, par la directrice générale de Brussels Airlines, Kim Vancau-wenberghe et la directrice des ressources humaines, Lidy Bilambo. Une surprise ! Ces 15 agents ont été sommés de signer un document qui mettait fin à leur contrat de travail dès ce lundi 2 juin 2018 et par la même occasion, remettre l’uniforme de prestation. Tous ont refusé catégoriquement de signer cet « acte de décès » inopportun. Les choses tournent au vinaigre. Selon ces agents, lorsque l’ordre a été donné de sceller la porte et que personne ne sorte avant de signer son licenciement. C’est ainsi que les agents ont eu le reflex d’appeler certains médias.

Des témoignages poignants

« En refusant de signer ce document, ils nous ont séquestrés. C’est lorsque nous avons commencé à appeler les médias qu’ils ont rouvert la porte, nous laissant partir », a déclaré Daniella Neema, agent et vice-présidente de la Délégation syndicale. Elle a affirmé que pendant qu’on voulait leur faire signer ce document, ils ont répété cette phrase à tous les collègues : « Ça ne servira à rien même si vous cherchez des avocats. Parce que nous sommes couverts par le ministre et son arrêté. Et même si vous ne signez pas, cela entre déjà en procédure », avant de lancer : « nous ne sommes pas d’accord avec ce manque de respect ».

Outre ce licenciement, Brussels Airlines a aussi supprimé le poste de chef de la Délégation syndicale, selon les 15 agents. Or, soutiennent-ils, il n’y a pas un arrêté spécial du ministre pour supprimer ce poste comme l’exige la loi.

Pour sa part, Vital Zasi, agent depuis presque 11 ans d’ancienneté décrie l’arrêté du ministre du Travail, Emploi et Prévoyance sociale qui autorise leur licenciement. « C’est un acte purement irrégulier », a-t-il dénoncé. Car, poursuit-il, avant que le ministre ne signe l’autorisation de licenciement, « il doit y être annexé le protocole d’accord entre le syndicat et l’employeur sur lequel ils se sont convenus sur des modalités de licenciement ». Ce qui n’a pas été le cas, selon lui.

Décompte final

« Nous sommes prêts à partir et personne d’entre nous ne revendique de rester. Mais, on ne veut pas nous présenter la simulation des calculs des décomptes finals. En plus, sur base de quelles extensions salariales ces décomptes seront calculés ? », s’est-il interrogé. D’après lui, leur salaire n’est pas calculé selon la règlementation du travail en vigueur en RDC. « C’est un salaire de misère », a souligné Vital Zasi, rappelant que l’article 57 du Code du travail définit les critères de licenciement.

Pour rappel, au mois d’avril 2018, la délégation syndicale avait été saisie par la hiérarchie de Bruxelles Airlines pour lui faire part de ce qui était encore jusque-là, une « idée » de réduire les charges. Car, il se pourrait que Bruxelles avait recommandé à Kinshasa de réduire de 15% les charges chaque année. Ici, il n’était pas encore question de licenciement. Mais, pendant les concertations, la délégation syndicale aurait proposé la suppression de certaines charges notamment, l’un des postes des trois agents expatriés qui touchent chacun environ le salaire de 20 agents locaux. Mais, « Ils ont aussi refusé », a affirmé Daniella Neema.

« Cette situation ne dépendait pas de nous. On a réduit nos vols de 7 à 4 et l’employeur profite de cette occasion pour nous mettre à la porte comme des chiens sans nous remercier », a-t-elle indiqué.  « Mais, ils ont mal procédé, en ne tenant pas informer la délégation syndicale. Ils sont allés chez le ministre et ont obtenu l’arrêté ».

Sur cette affaire, les deux parties ont été entendues hier lundi par l’Inspection générale du Travail et, aux dernières nouvelles, la situation n’a pas évolué et ils pourraient encore se rencontrer ce mardi. Pendant ce temps, d’autres agents ont décidé d’arrêter le travail en solidarité avec leurs collègues licenciés injustement. Affaire à suivre.

[Par Stanislas Ntambwe]

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