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Samuel Umtiti buteur lors de la victoire de la France 1-0 face à la Belgique en demi-finale du Mondial le 10 juillet 2018
Samuel Umtiti buteur lors de la victoire de la France 1-0 face à la Belgique en demi-finale du Mondial le 10 juillet 2018.

Victoire des Bleus : Douche froide en Belgique

Dernière mise à jour, le 17 juillet 2018 à 12:35

Les supporteurs de l’équipe de France ont laissé éclater leur joie mardi soir à Paris, affluant rapidement vers les Champs-Elysées, après la victoire des Bleus face aux Belges (1-0) en demi-finale de la Coupe du monde de football à Saint-Pétersbourg. Comme face à l’Uruguay au tour précédent, Hugo Lloris a enchaîné les parades de grandes classes pour permettre aux siens d’écœurer la Belgique. Didier Deschamps est devenu au Mondial-2018 le premier sélectionneur de l’équipe de France guider les Bleus vers deux finales consécutives de grands tournois.

Moins d’une demi-heure après la fin du match, une grande partie des Champs-Elysées – fermée à la circulation – est déjà noire de monde, le public s’y rejoignant, fidèle à ses traditions.

Plus de 20.000 supporters des Bleus, massés devant un écran géant sur la place de l’Hôtel de Ville, chantent la Marseillaise d’une seule voix au dernier coup de sifflet, qui propulsait l’équipe de France en finale, 20 ans après les Bleus de 98.

Au même moment, un concert de klaxons résonne dans les rues de la capitale, en échos aux « On est en finale » venus des terrasses des bars parisiens.

Les gens sautent dans tous les sens, se prenant dans les bras, les couples s’embrassant debout sur les tables de cafés. « On est en finale, on est en finale ! », chantent les supporteurs en dansant, rejoignant la rue de Rivoli toute proche, pour converger en direction de la plus belle avenue du monde.

« Vive la France, vive la République », lancent deux jeunes lycéennes parisiennes, Alia et Sacha. « On est trop fières d’être françaises ce soir ! », expliquent les jeunes femmes, tandis qu’à chaque pétard lancé, la foule crie « holé ».

« Cette équipe est géniale! Plus qu’un match! » avant un nouveau titre de Champions du monde, s’époumone Sébastien, 36 ans. « J’avais 16 ans en 1998, c’était une des plus belles soirées de ma vie. On refait la même dimanche! », jour de la finale.

Aux balcons, des familles agitent des drapeaux sur la rue de Rivoli, les enfants en maillot français saluent la foule. Un groupe d’amis crie « tous aux Champs, tous aux Champs ».

« On est champions du monde les gars » lance un trentenaire à sa bande d’amis. « Arrête tu vas nous porter la poisse », lui répond un des leurs avant de tous reprendre en chœur « On est en finale! »

« Notre 98 »

L’ambiance était à la fête dans plusieurs autres quartiers de la capitale. A quelques mètres du Moulin Rouge, les pétards claquent, les plus audacieux se hissant sur le toit des bus, tandis que d’autres tirent des fumigènes, a constaté un journaliste de l’AFP.

« C’est magnifique », hurle Thierry Perier, 45 ans, venue avec sa fille de 8 ans. « On a besoin de ça en France, on le mérite. On a les meilleurs joueurs et pour le moral des Français, gagner la Coupe serait le plus beau des cadeaux », ajoute ce cadre parisien, la voix éraillée à force d’avoir crié.

Venue avec ses amies, Léa, 17 ans, estime que « c’est trop beau ce qui se passe. On va connaître notre 98 à NOUS », explique celle qui n’était pas née quand la France a gagné sa première étoile.

Moto, vélo, voitures, camions poubelles tout le monde s’arrête pour communier avec la foule dans les rues du centre de Paris.

Dans un contexte de menace terroriste, plus de 1.200 policiers et gendarmes étaient mobilisés pour assurer la sécurité autour la fan zone.

LES BLEUS EN FINALE

« La Marseillaise » à Moscou, rendez-vous dimanche pour la « deuxième étoile » vingt ans après 1998: l’équipe de France s’est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde en dominant la Belgique 1-0 sur un but de Samuel Umtiti, mardi à Saint-Pétersbourg.

Les Bleus connaîtront mercredi soir leur adversaire, entre la Croatie et l’Angleterre, pour cette troisième finale de Mondial de leur histoire, après le sacre de 1998 et la désillusion de 2006. Un succès personnel pour Didier Deschamps, qui devient le premier sélectionneur à emmener l’équipe de France en finale de deux tournois majeurs consécutifs, après l’Euro-2016 (revers 1-0 a.p. face au Portugal de Cristiano Ronaldo).

La bande à Hugo Lloris a connu un premier tour laborieux dans le jeu, une féerie face à l’Argentine de Lionel Messi en 8e de finale (4-3), puis un quart maîtrisé contre l’Uruguay (2-0) et enfin cette demie entre voisins. Et elle a renvoyé la brillante génération Eden Hazard et le sélectionneur-adjoint des Belges, Thierry Henry, à leurs études.

« C’est quelque chose d’exceptionnel. Je suis vraiment très heureux pour mes joueurs, ils sont jeunes mais il y a du caractère, de la mentalité. Ça a été dur aujourd’hui (mardi) face à une très belle équipe de Belgique mais ce petit but nous fait du bien », s’est félicité « DD » sur TF1.

Son homologue Roberto Martinez a estimé de son côté que ses « joueurs ne [méritaient] pas de quitter le tournoi avec un goût amer. On voulait aller en finale, les joueurs ont montré un esprit d’équipe incroyable mais quand le résultat n’est pas là, on ne peut être que déçus ».

La tension suintait de ce match, très tactique; aucune des deux équipes ne comptait courir le moindre risque, encore moins de se découvrir. Et cela s’est donc joué sur un coup de tête, lorsque sur un corner d’Antoine Griezmann, Samuel Umtiti a pris le meilleur sur Marouane Fellaini d’une tête décroisée, peu après la reprise (51e).

Le coup de boule de « Big Sam »

Une belle histoire pour le défenseur central, lui qui doit suivre un protocole quotidien pour soigner ses genoux dont il a souffert en début d’année avec le FC Barcelone, lui qui a causé une sacrée frayeur au camp français en provoquant un penalty égalisateur face à l’Australie (finalement battue 2-1), d’une main façon basket ou handball. Mardi, c’était un coup de boule façon « Big Sam ».

« Ils ont fait le travail en 98 et nous en est en train de faire le nôtre, de créer notre histoire et on le fait plutôt bien pour le moment », a réagi « Samolo », la tête… sur les épaules.

Les Bleus ont plutôt laissé la possession aux Belges, et ont subi. Mais toujours dans la technique du dos rond. Subir souvent, mais ne plier jamais: très « DD » dans l’approche. Et profiter des contre-attaques, avec la vitesse de Kylian Mbappé ouvrant des brèches par ses accélérations balle au pied.

Le Parisien de 19 ans a peu défendu, certes, mais il distillé les meilleurs ballons pour Olivier Giroud qui a gâché ses offrandes (34e, 55e), ou pour Benjamin Pavard qui a buté sur en face à face sur Thibaut Courtois (39e) – lequel s’est bien couché sur les tentatives de Griezmann et Corentin Tolisso dans le temps additionnel.

Lloris, encore décisif

Griezmann a distribué le jeu et fait quelques remontées de balle, mais comme contre l’Uruguay, a manqué de précision ou de pertinence dans ses transmissions. Mais c’est lui qui dépose sur corner le ballon pour la tête d’Umtiti: deuxième passe décisive, après deux penalties: « Grizou » est mine de rien impliqué sur quatre des dix buts français en Russie.

Hazard a été dangereux, oui, mais pendant une grosse demi-heure seulement, la première. Souvent laissé libre à la prise de balle sur son côté gauche, il a donné des frissons d’une frappe trop croisée (15e), d’une autre déviée juste au dessus de la barre par Raphaël Varane (19e), d’un raid sur son aile (32e)… Mais le show Hazard s’est arrêté là.

Dans ce temps fort rouge et noir, et plus globalement dans le match entier, la charnière Varane-Umtiti a multiplié les interventions à propos, et Lloris y est allé encore une fois de son intervention décisive en allant chercher à ras du poteau un tir en pivot de Toby Alderweireld (22e).

Il y a une solidité qui se dégage de cette équipe de France, à conserver dimanche. « Une finale, cela se gagne, oui. Parce que celle qu’on a perdue il y a deux ans, on ne l’a toujours pas digérée », a annoncé Deschamps, avide de décrocher cette « deuxième étoile », réclamée en mai par le président Emmanuel Macron, présent en tribune dans la cité des tsars. Pour qu’elle ne soit pas filante.

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