dimanche , 22 juillet 2018
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Exploit de la Belgique au Mondial

Hurlements de joie, verres de bière levés, coups de klaxon: la Belgique a fêté vendredi la qualification des Diables rouges en demi-finales du Mondial-2018 en éliminant le Brésil (2-1), saluée comme « un exploit » par tous les médias du Royaume et le Premier ministre. « Exploit magnifique! En route pour la 1/2 finale! @emmanuelmacron : En avant les Diables », a tweeté le Premier ministre Charles Michel dans la soirée, en s’adressant au président français Emmanuel Macron.

La Belgique a rejoint la France en demi-finale en battant le Brésil 2 buts à 1, un résultat que Charles Michel avait pronostiqué dans un précédent tweet.

A 21h53 heure de Bruxelles, le coup de sifflet final a fait exploser de joie les dizaines de personnes massées devant les écrans du « Petit Paris », un café du quartier européen de la capitale.

Un bonheur couplé au soulagement, tant les Brésiliens ont joué avec les nerfs des supporters dans le dernier quart d’heure en réduisant l’écart.

Certains, comme le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Théo Francken, issu du parti nationaliste flamand N-VA et familier des polémiques, ont eu l’ironie cruelle: il a tweeté un montage photo du Manneken Pis, statue emblématique de Bruxelles, en train d’uriner sur Neymar à terre et grimaçant de douleur (feinte ?).

La victoire permet aux Diables de se qualifier pour les demi-finales d’une Coupe du monde pour la première fois depuis 1986, où ils rencontreront leur voisin, la France, mardi à Saint-Pétersbourg.

« Battre les grandes équipes, on n’y croyait plus! », se réjouit Véronique Dewilde, le visage grimé de noir, jaune et rouge, aux couleurs de la Belgique.

« Maintenant on va se heurter à la France, à nos chers voisins, on va voir », sourit cette artisane de 57 ans, fière d’avoir elle-même joué au football dans sa jeunesse.

« Un match à ne jamais oublier »

Sur les sites internet des grands médias belges, le mot « exploit » se déclinait partout après le match.

« Un match à ne jamais oublier! » écrivait le journal flamand Het Nieuwsblad, alors que la presse de vendredi matin avait qualifié cette rencontre de « rendez-vous avec l’histoire » pour les Belges. « Ce soir ou jamais », titrait en Une le quotidien Le Soir.

Lors du Mondial-2014 et de l’Euro-2016, alors qu’ils faisaient déjà figure d’outsiders, les Diables rouges n’avaient pas réussi à aller au-delà des quarts de finale, éliminés respectivement par l’Argentine et le pays de Galles.

Cette dernière défaite (1-3), en juillet 2016, avait scellé le sort du sélectionneur Marc Wilmots, remplacé par l’Espagnol Roberto Martinez, désormais à la tête de la « génération dorée » belge.

Située à une belle 3e place au classement Fifa, cette équipe emmenée par les Vincent Kompany, Kevin De Bruyne, Eden Hazard, Romelu Lukaku ou Thibaut Courtois était d’autant plus attendue au Mondial russe.

« Aujourd’hui on a vraiment joué le football qu’on a promis depuis des années », faisait remarquer Joris, un supporter flamand de 30 ans, au milieu des effusions de joie du quartier européen.

Selon lui, c’est la défense des Belges qui « a fait la différence » vendredi soir face à la Seleçao de Neymar.

« Ces garçons méritent d’être des héros en Belgique, », s’est réjoui Martinez après le match. « C’est spécial et nous ne pouvons pas laisser tomber les Belges ».

LA BELGIQUE SORT LE GRAND JEU FACE AU BRÉSIL

Le Brésil pris à son propre jeu! Dominée comme jamais par la Belgique inspirée par l’audace de sa génération triomphante (2-1), vendredi à Kazan, la Seleçao de Neymar se retrouve éjectée du Mondial-2018 dès les quarts de finale à la surprise générale.

Revenus de l’enfer face au Japon, les « Diables rouges » avaient prévenu qu’ils ne renonceraient pas à leur jeu trop porté vers l’attaque malgré le risque d’un « effet boomerang » face au Brésil. Le pari a parfaitement fonctionné.

Grâce à un but contre son camp de Fernandinho (13e) et une frappe sublime de Kevin de Bruyne (31e), la génération dorée belge s’offre le droit d’affronter la France en demi-finale, mardi à Saint-Pétersbourg, et peut rêver à un premier sacre mondial.

Pour le Brésil, si sérieux depuis le début de la compétition et si solide depuis la prise en main de Tite en 2016, c’est une immense désillusion. Grandissime favorite du Mondial-2018, la Seleçao a finalement connu le même destin que l’Allemagne tenante du titre ou l’Espagne, éliminées bien avant le dernier carré.

Pis, quatre ans après le fiasco de « sa » Coupe du monde et le fameux 7-1 encaissé contre la Mannschaft en demi-finale, les coéquipiers de Thiago Silva n’ont pas été en mesure de faire au moins aussi bien.

Et Neymar dans tout ça ? Globalement inoffensif ! A l’image de cette intervention autoritaire de Witsel à l’entrée de la surface (43e), la superstar auriverde n’a pas résisté au combat physique imposé par les Belges, avant de sortir la tête de l’eau en fin de match. Sans résultat.

Lukaku/De Bruyne, en mode ‘joga bonito’

Et dire que c’est le Brésil qui aurait pu et dû ouvrir le score d’entrée de jeu…

Sur un corner très bien dévié par Joao Miranda au premier poteau, Thiago Silva, un peu surpris, reprend tant bien que mal à un mètre du but mais le ballon s’écrase finalement sur le poteau, alors que Thibaut Courtois était complètement battu (7e) !

Bis repetita sur le corner suivant, c’est cette fois Paulinho, encore une fois complètement démarqué dans la surface, qui a manqué totalement sa reprise (10e).

La chance de la Seleçao venait de passer, l’ambitieux dispositif en 3-4-3 de la Belgique peut se mettre en marche. Décidé à éviter de revivre les sueurs froides du huitièmes de finale renversant contre le Japon (3-2), le sélectionneur Roberto Martinez a certes maintenu son schéma de jeu mais en le renforçant de la présence physique de Marouane Fellaini et Nacer Chadli au milieu.

Un choix payant juste avant le quart d’heure de jeu. Kevin de Bruyne, qui est monté d’un cran pour évoluer avec Romelu Lukaku et Hazard sur le front de l’attaque, parvient à éliminer quatre joueurs d’un coup en servant parfaitement Fellaini face aux buts.

Plus maladroit de ses pieds que de la tête, le géant belge parvient tout de même à provoquer le corner qui mènera au but (12e): sur le coup de pied arrêté frappé par Hazard dans la foulée, Kompany est un peu court mais le ballon est suffisamment dévié par l’épaule de Fernandinho pour tromper Alisson (13e, 1-0).

Renato Augusto redonne espoir

Bien décidée à faire très mal en contre grâce à ses joueurs de talent, la Belgique a réussi à faire le break à la demi-heure de jeu façon… « joga bonito » ! Après un incroyable slalom de Lukaku sur presque 50 mètres, De Bruyne est mis sur orbite à l’entrée de la surface pour fusiller Allison (31e, 2-0).

Sonnée par la tournure des événements, la Seleçao a tenté de s’en sortir par des initiatives individuelles, par Marcelo (26e), ou un enroulé de Coutinho (37e).

Les Brésiliens ont également cherché à obtenir un penalty, par Neymar (53e) ou Gabriel Jesus (54e)… Refus catégorique de l’arbitre sans même faire appel à la vidéo.

Le Brésil a malgré tout tenté pour revenir, et sur un centre de Coutinho, Renato Augusto, tout juste entré en jeu, a redonné espoir aux siens en marquant de la tête (2-1, 75e).

Le milieu aurait même pu endosser le costume de sauveur quand Coutinho l’a encore servi parfaitement mais son tir rasant est passé tout près du poteau droit de Courtois (81e). Puis Coutinho ratait une occasion nette, avant que Courtois ne détournée d’une claquette un tir de Neymar. Un arrêt décisif qui offre à la Belgique sa première demi-finale depuis 1986.

[Afp]

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