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Un nouvel ordre mondial du foot va-t-il émerger ?

Dernière mise à jour, le 3 juillet 2018 à 09:43

La compétition russe a été sans pitié pour les places fortes du foot mondial: L’Allemagne, tenante du titre, a été éliminée en poules; le Portugal, champion d’Europe en titre et l’Argentine, vice-champion du monde en titre, ont été éliminés en 8e de finale… Sans oublier les dix Ballons d’or qui quittent le tournoi avec les départs de Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Un nouvel ordre mondial du foot va-t-il émerger?

Et encore un ténor au tapis ! L’Espagne, champion du monde 2010, a été éjectée par une surprenante Russie, qui a déjoué les pronostics en se hissant en quarts de finale de son Mondial-2018 au terme d’une séance de tirs au but étouffante (4 t.a.b à 3; 1-1 a.p.).

Akinfeev ce héros

Et tout un peuple n’a qu’un nom à la bouche: Igor Akinfeev. C’est lui qui a stoppé les tirs au but de Koke et Iago Aspas. « Nous sommes en train de vivre une Coupe du monde fantastique. Pas juste pour nos fans, mais pour les fans des autres pays qui prennent part à cette fête et comprennent que les Russes savent vraiment comment jouer au football et veulent jouer au football », a commenté le gardien du CSKA Moscou, âgé de 32 ans. Et de révéler: « Nous espérions les penalties ». Adroit et visionnaire avec ça.

Stanislav Cherchesov, le sélectionneur de la Russie, s’est fait plus sobre dans la victoire: « Nous voulons toujours dire merci à nos joueurs, et c’est encore plus vrai aujourd’hui ».

Pourtant, personne n’aurait parié sur la « Sbornaïa », qui n’avait pas gagné un match en 2018 avant que le tournoi ne commence. Alors comment expliquer cette renaissance? « Par le fait que nous avons passé deux ans à travailler (pour cette Coupe du monde) et que nous avons fait un bon travail », a seulement ajouté le moustachu le plus célèbre de Russie.

La Russie peut-elle refaire le coup de l’Euro-2008 où elle avait atteint les demi-finales? Elle a en tout cas pris sa revanche sur l’Espagne qui l’avait alors éliminé il y a dix ans.

La « Roja » maudite

L’Espagne succombe une nouvelle fois face au pays-hôte en Coupe du monde, comme contre l’Italie en 1934, le Brésil en 1950 et surtout la Corée du Sud en 2002. Le même sortilège l’escorte même lors des Championnats d’Europe, où elle n’a jamais réussi à battre le pays organisateur en cinq tentatives (1980, 1984, 1988, 1996, 2004)…

Cet échec est aussi celui du « tiki-taka », ce jeu de passes qui avait sacré la Roja champion d’Europe en 2008 et 2012 et champion du monde en 2010. Les Espagnols ont réussi 1029 passes, contre 202 pour les Russes, soit 5 fois plus, mais en vain.

Et les « Rossiya, Rossiya » ont retenti à nouveau sous la pluie du stade Loujniki avant de gagner les rues de Moscou.

Nommé juste avant le Mondial, Fernando Hierro jouait ce dimanche à la tête de l’Espagne une partie de son avenir après avoir succédé au pied levé à Julen Lopetegui, coupable d’avoir négocié son départ au Real Madrid avant le début de la compétition.

Pour d’autres la suite est plus claire: C’est sans doute le dernier match sous les couleurs de la « Roja » du vétéran Andres Iniesta (34 ans).

LA RUSSIE A RÉUSSI L’INCROYABLE EXPLOIT D’ÉLIMINER L’ESPAGNE

C’est une grosse surprise: la Russie, pays hôte au football décrié avant le tournoi, s’est qualifié pour les quarts de finale de son Mondial-2018, en éliminant l’Espagne 4 tirs au but à 3 (1-1 après prolongation) dimanche à Moscou. Le héros russe est le gardien Igor Akinfeev, qui a stoppé les tirs au but de Koke et Iago Aspas.

Poussé par un stade Loujniki en délire, Igor Akinfeev a réalisé l’exploit au meilleur moment. Grâce à ses deux arrêts face à Koke et Iago Aspas lors de la séance des tirs au but, le gardien a porté la « Sbornaïa » vers le cercle fermé des huit meilleures équipes de la planète.

Pour l’Espagne, dominatrice durant tout le match, la défaite est cruelle. Malgré la pression, un jeu léché qui s’érode match après match, et une défense plus fébrile que jamais, Fernando Hierro pensait avoir fait le plus dur en terminant 1er du Groupe B par un trou de souris. Mais le « pompier » espagnol, nommé deux jours avant le début du Mondial après la mise à l’écart de Julen Lopetegui, ne profitera pas de la partie de tableau la plus favorable du tournoi.

Car c’est bien la Russie qui affrontera en quart de finale le gagnant de la rencontre Croatie-Danemark !

Pour la « Sbornaïa », qui a réussi à tenir tête au champion du monde 2010 jusqu’au bout de la prolongation, plus que le joli parcours, totalement inespéré avant le début de son Mondial, c’est surtout le sentiment d’avoir rendu fier tout un pays qui domine.

Car il fallait voir les dizaines de milliers de supporters russes qui ont afflué en direction du Loujniki et sûrement les millions d’autres installés derrière un poste de télévision dans un café de Kaliningrad ou d’Ekaterinbourg, réunis par le même mot d’ordre: « Rossiya, Rossiya » !

Dzyuba a entretenu la flamme

Pour réussir son pari, l’entraîneur Stanislav Cherchesov, qui avait choisi de se passer de Denis Cheryshev, ancien ailier du Real Madrid et meilleur buteur russe du Mondial (3 buts), avait un plan précis en tête: laisser le ballon à la « Roja » et partir vite en contre à chaque récupération du ballon.

Pourtant, le plan a failli capoter, car l’Espagne a ouvert rapidement le score sur un but contre son camp d’Ignashevich (12e). Piégé par le rusé Sergio Ramos, le colosse russe a vu le ballon rebondir sur son talon et tromper Akinfeev, impuissant.

Sonnés et incapables d’exercer le moindre pressing, les Russes ont laissé le « tiki-taka » espagnol se mettre tranquillement se mettre en place. De quoi permettre au « mago » Isco de faire parler toute sa technique avec des gestes de classe.

Mais les Russes, revigorés par une frappe enroulée de Golovin de peu à côté (36e), ont sorti la tête de l’eau. Avant d’égaliser sur l’une de leurs rares occasions.

A la suite d’un corner concédé par Koke sous la pression, la tête de Dzyuba pousse Piqué à concéder d’une main un penalty indiscutable. L’attaquant russe ne tremble pas devant De Gea (42e), de quoi faire rugir de plus belle la sono du stade Loujniki !

« Nous attendions les tirs au but »

Sentant le piège se refermer, la « Roja » a décidé d’emballer le rythme en seconde période, avec à la baguette son joker et homme d’expérience Andrés Iniesta, appelé en renfort (65e).

Le « coaching » a failli fonctionner au moment parfait: sur un ballon mal repoussé par la défense, l’icône du FC Barcelone a déclenché une frappe terrible repoussée par Akinfeev (85e).

Début du récital pour le gardien russe. Les corners et les occasions se sont succédés. A chaque fois le gardien russe s’interposait. Dans le temps réglementaire, dont le terme sonna comme une première victoire pour les 78.011 spectateurs présents, comme durant la prolongation.

Les tirs de Koke (94e), Asensio (100e), Piqué (105e), Iniesta (108e), et les grosses occasions de Rodrigo (110e, 120e) ont trouvé Akinfeev sur leur passage.

« Nous attendions la séance des tirs au but », a expliqué le gardien russe après le match. Le plan de jeu était parfait: Akinfeev s’est chargé du reste !

[avec Afp]

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