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Kylian Mbappe scoring against Argentina, Saturday 30th day of June 2018.
Kylian Mbappe scoring against Argentina, Saturday 30th day of June 2018.

France : Mbappé rejette la comparaison avec Pelé

Dernière mise à jour, le 3 juillet 2018 à 09:44

L’attaquant de l’équipe de France Kylian Mbappé, 19 ans, a rejeté la comparaison avec le légendaire Pelé après avoir été décisif trois fois contre l’Argentine en 8e de finale du Mondial-2018, samedi à Kazan (un doublé et un penalty obtenu). Kylian Mbappé (19 ans et 6 mois) est le plus jeune joueur à marquer au moins 2 buts dans un match de Coupe du Monde depuis la légende du Brésil, Pelé (17 ans et 8 mois), lors du Mondial-1958 en Suède, a indiqué le statisticien Opta samedi. Mbappé a inscrit un doublé et provoqué un penalty, converti par Antoine Griezmann, lors de la victoire en 8e de finale face à l’Argentine de Lionel Messi (4-3) samedi à Kazan. En demi-finale contre les Bleus il y a 60 ans, Pelé avait lui inscrit un triplé le 24 juin à Solna (5-2).

L’équipe de France, portée par les 19 ans de Kylian Mbappé, auteur d’un doublé et d’un penalty provoqué, s’est qualifiée pour les quarts de finale du Mondial-2018, en éliminant l’Argentine de Lionel Messi, vice-champion du monde en titre (4-3), samedi à Kazan.

Les Bleus, critiqués pour un jeu terne au premier tour, ont cette fois fait le spectacle, avec notamment une superbe reprise en demi-volée de Benjamin Pavard, 22 ans. C’est Antoine Griezmann qui avait ouvert le score sur penalty. Messi n’a pas marqué, Angel Di Maria, Gabriel Mercado et Sergio Agüero s’en chargeant, en vain. La France rencontrera le vainqueur d’Uruguay-Portugal vendredi en quart de finale à Nijni Novgorod (16h00, heure de Paris).

Entretien avec Mbappé lors de la conférence de presse

Q: Qu’est-ce que ça vous fait d’être le premier joueur de moins de 20 ans depuis Pelé à marquer un but en match à élimination directe de Coupe du monde?

Kylian Mbappé : « Je suis très content, c’est flatteur d’être le deuxième joueur après Pelé, mais on va remettre les choses dans leur contexte: Pelé, c’est une autre catégorie. Mais c’est bien de pouvoir entrer dans cette sphère des joueurs qui marquent dans des matches à élimination directe ».

Q: Vous êtes né en 1998: êtes-vous l’autre trophée de cette année-là pour la France?

Kylian Mbappé : (rires) « Non, les gens se souviennent plus de la victoire en Coupe du monde que de ma naissance et c’est tout à fait normal. C’a été la seule fois où on a été champions du monde, c’est un événement qui a marqué et qui marquera à coup sûr l’histoire de la France donc non, il n’y a pas de débat ».

Q: Est-ce un match pour se consacrer comme un joueur top mondial?

Kylian Mbappé : « Oui bien sûr, comme je l’ai toujours dit, à la Coupe du monde il y a tous les meilleurs joueurs du monde, tous les grands joueurs sont là, c’est l’opportunité de montrer ce qu’on sait faire, ses capacités, et il n’y a pas de meilleur endroit que la Coupe du monde pour cela ».

MBAPPÉ INCROYABLE DOUBLÉ

Diego Maradona avait raison de dire à l’Argentine de se méfier… A 19 ans seulement, le prodige français Kylian Mbappé a volé la vedette à Lionel Messi, en signant un doublé et une folle chevauchée, samedi à Kazan en 8e de finale de la Coupe du monde (4-3).

Comment trouver des mots pour décrire une telle prestation à un si jeune âge? « Je l’ai déjà dit, Kylian Mbappé sera la prochaine superstar du football mondial », a tweeté l’ancien international anglais Gary Linecker. Mais c’était avant ses deux buts….

L’icône Diego Maradona avait donné le ton dans une interview sur la chaîne vénézuélienne Telesur: la France? « Je la vois candidate (au titre mondial), parce qu’elle a Mbappé, parce qu’elle a Griezmann, parce qu’elle a Kanté sur le terrain, parce qu’elle a un gardien… »

Mais de ces quatre-là, c’est Mbappé qui a pris toute la lumière, alors qu’on reprochait à cette équipe de France d’être un peu trop jeune et à Mbappé ses partitions parfois trop solistes.

Le match tonitruant de l’attaquant parisien a commencé par une chevauchée « maradonesque » à la 11e minute. Mbappé récupère un ballon repoussé par la défense bleue et se lance dans une longue course de 70 mètres.

Il prend de vitesse un, deux, puis trois Argentins, avant que le quatrième, Marcos Rojo ne le pousse dans la surface. Un geste sanctionné d’un carton jaune et d’un penalty en faveur de la France.

Antoine Griezmann le transforme froidement pour ouvrir le score (13e). Les Bleus exultent, sauf Mbappé qui finit par rejoindre ses troupes à l’appel de Blaise Matuidi et à obtenir une belle accolade de Griezmann.

A la 19e minute, Mbappé martyrise à nouveau la défense argentine. Cette fois, c’est Nicolas Tagliafico qui écope lui aussi d’un carton jaune pour un faute juste devant la surface. Le coup franc de Paul Pogba passe largement au dessus.

Comparé à Pelé…

Rebelote à la 49e minute, avec un carton pour l’Argentin Ever Banega.

Dans un très grand jour, Mbappé ne s’arrête pas là. Sur un centre de Lucas Hernandez dans la surface, l’attaquant du PSG prend les Argentins de vitesse dans un petit espace, il crochète du droit et frappe du gauche (64e) pour son premier but.

Il enchaîne quatre minutes plus tard. Sur un ballon bien décalé par Olivier Giroud, il conclut du droit et explose enfin de joie, avec l’ensemble des Bleus.

Puis sort sous une ovation et les félicitations de Didier Deschamps, qui fait entrer Florian Thauvin.

Déjà, les superlatifs pleuvent, tout comme les comparaisons les plus prestigieuses. « Kylian Mbappé, à 19 ans et 6 mois, est le plus jeune joueur à marquer au moins deux buts dans un match de Coupe du Monde depuis Pelé en finale du Mondial contre la Suède (5-2) en 1958 (17 ans et 8 mois) », a relevé le statisticien Opta.

« Rester debout »

Et on ressort la petite phrase lâchée par Antoine Griezmann dans le journal Le Parisien sur son jeune coéquipier: « Moi, je veux qu’il me fasse gagner la Coupe du monde. Le Ballon d’or, je lui laisse ».

L’ex-pépite de Monaco a joué pour la première fois en Bleu en mars 2017 contre le Luxembourg. Un peu plus d’un an plus tard, en 19 sélections, il est déjà indéboulonnable dans une équipe qui s’apprête à disputer un quart de finale de Coupe du monde et laisse bouche bée le staff.

« Avec tout ce qui lui arrive, c’est très difficile de rester debout. Il a 19 ans et demi. Il est en équipe de France et au PSG. Il y a un statut, un transfert (180 millions l’été dernier pour passer de Monaco à Paris), il s’est passé beaucoup de choses et il est toujours debout », saluait auprès de l’AFP Guy Stéphan, le bras droit de Didier Deschamps.

Oui, Mbappé est bien debout. Et la planète foot s’incline.

UN MATCH D’ANTHOLOGIE ILLUMINÉ PAR UN JEUNE DE 19 ANS !

C’est dans la capitale du Tatarstan que les Bleus avaient débuté leur Coupe du monde, petitement contre l’Australie (2-1), et c’est là qu’ils sont entrés en grand samedi dans la compétition. Et même en majesté, puisqu’ils ont obtenu rien moins que le scalp de Messi.

Ils s’étaient traînés en phase de poules, et les voici au rendez-vous du quart, vendredi prochain à Nijni Novgorod, face au vainqueur du match Uruguay-Portugal disputé en soirée.

Ce n’est pas encore le dernier carré, objectif officiel des vice-champions d’Europe, mais enfin, ils ont fait une énorme impression en sortant les vice-champions du monde emmenés par un Messi peu en verve, bien bloqué par le dispositif défensif ficelé par Didier Deschamps. Qui fêtait royalement son record de 80 matches à la tête de l’équipe de France.

C’est parti mon « Kyky »

Son équipe tient sans doute son match référence, à la faveur d’une grosse démonstration de caractère, dans un stade acquis à la cause de l’Argentine et vrombissant de chants comme à Buenos Aires. Les Bleus ont été capables de renverser un renversement, quand menant 1-0 ils furent ensuite menés 2-1 avec des buts au pire moment, autour de la pause (Di Maria 41e et Mercado 48e), et capables en sus de tenir leur avantage dans d’ultimes minutes irrespirables, avec un but de Sergio Agüero à la clef (90e+3).

Et ils ont même offert à leurs supporters un moment digne d’entrer dans la mémoire collective, la volée de Benjamin Pavard: le joueur de Stuttgart égalisait sur une demi-volée de l’extérieur du droit (57e), sur un centre de son alter ego Lucas Hernandez. Et lui, parfois moqué en « Jeff Tuche », qui disait qu’il signerait volontiers pour une carrière à la Lilian Thuram…

Mais globalement, merci qui ? Merci « Kyky », décisif sur trois buts français. Sur le premier il s’élançait depuis son camp dans une folle chevauchée balle au pied jusqu’à la surface, où il était déséquilibré par Marcos Rojo, carton jaune et penalty, transformé par Antoine Griezmann (13e). Il avait déjà obtenu un coup franc expédié par « Grizou » sur la barre (9e).

Et c’est le jeune Parisien qui se chargeait de tuer le match avec un doublé express: d’abord en éliminant deux joueurs dans la surface dense (64e), puis plein de sang froid après une délicieuse petite passe d’Olivier Giroud (68e).

Messi décisif mais pas assez

Mbappé a pris la relève d’un Griezmann pas encore à son meilleur niveau, malgré son deuxième but dans la compétition – mais un deuxième penalty, fêté par sa célébration de jeu vidéo. Rien de grave: le meilleur joueur de l’Euro-2016 a encore (au moins) un quart de finale pour redevenir rugissant.

Certes, l’Albiceleste s’était qualifiée de justesse au Mondial puis en 8e de finale, percluse de problèmes défensifs, avec un sélectionneur, Jorge Sampaoli, qui semblait dépassé par ses joueurs. Mais elle s’est battue comme une bête blessée, malgré Messi.

Dès son premier ballon, il était séché par Blaise Matuidi (3e). Le ton était donné, et la « Puce » n’a pu détoner. Le quintuple Ballon d’Or « peut décider du sort du match », avait prévenu Lloris. Et le mythe vivant a délivré deux passes décisives, mais n’a pu remporter le match à lui tout seul – et les inévitables comparaisons avec le Diego Maradona de 1986 de refleurir.

Et le buteur hors norme, après quatre finales perdues (trois Copas America, un Mondial), vivait peut-être à 31 ans sa dernière chance de glaner un titre international.

BENJAMIN PAVARD ÉMU

« Je suis encore ému ». Au coup de sifflet final de la victoire des Bleus face à l’Argentine (4-3), Benjamin Pavard flottait toujours sur son nuage, après son « magnifique » but, une reprise de volée qui a fait « pleurer sa copine ».

Son oeuvre « est vraiment magnifique. Je me couche vraiment bien, je suis encore ému », a confié le latéral droit au micro de TF1.

Peu habitué à marquer – un seul but avec Stuttgart la saison passée -, le Nordiste de 22 ans n’avait pas préparé de célébration: « J’ai couru partout, je ne savais pas quoi faire! », a-t-il rit.

« A l’entraînement, j’avais déjà mis des +drops+ (tirs bien au-dessus de la transversale, ndlr). Même en match, le premier, j’avais mis un +pigeon+ », a-t-il expliqué. « Je les régale (mes coéquipiers) tous les jours en faisant des centres, mais je ne fais jamais de reprise de volée. »

Un défenseur français qui marque en Coupe du monde, ça n’était plus arrivé depuis Lilian Thuram en demi-finale du Mondial-1998 contre la Croatie… « Le coach (Didier Deschamps, coéquipiers de Thuram en 1998) m’a dit que je lui ai fait penser à Lilian Thuram! J’espère que je ferai pareil que lui. »

Son but à la 57e minute a permis à la France, alors dos au mur, d’égaliser et de se relancer: onze minutes plus tard, Kylian Mbappé signait un doublé qui envoyait les Bleus en quarts de finale.

« Il les a tuché »

« Je suis content, content pour toute l’équipe aussi. Ca a permis de nous donner une bouffée d’oxygène », a-t-il reconnu.

« Je suis très heureux pour moi, le peuple français, le collectif. Ca a été une victoire très importante car ça a été une très belle équipe d’Argentine. On a vu qu’on était une grande équipe. »

« En plus, il y avait ma copine qui était là, elle était venue exprès pour ça. Elle m’a dit aussi qu’elle avait pleuré. J’ai aussi appelé mes parents et mon agent. C’est tout simplement une récompense pour moi, mais aussi pour eux qui ont toujours cru en moi. Je remercie aussi le staff et mes coéquipiers pour la confiance qu’ils me donnent. Si je n’étais pas en confiance, je pense que j’aurais mis encore un +pigeon+! »

Le défenseur Adil Rami avait attribué le surnom peu flatteur de « Jeff Tuche » au jeune Nordiste, ce qui avait tendance à énerver l’intéressé. Le Marseillais a salué la performance de son coéquipier, au côté duquel il est souvent assis, en publiant sur Instagram le message: « Il les a tuché… mon soldat ».

[avec Afp]

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