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Département d'état américain
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Sans dévoiler des noms : Les USA sanctionnent plusieurs dirigeants de RDC

Dernière mise à jour, le 27 juin 2018 à 10:32

Le Département d’État américain annonce, dans un communiqué jeudi, sans dévoiler des noms, avoir imposé des nouvelles sanctions à plusieurs dirigeants congolais, « pour leur implication dans une corruption significative liée au processus électoral », expliquent les autorités des États-Unis. Outre les mesures liées au déroulement du processus électoral, le Département d’État indique également avoir pris des sanctions « pour empêcher l’entrée aux États-Unis de certains responsables de la RDC impliqués dans des violations des droits de l’homme ». Kinshasa juge non seulement injuste mais attentoire à la souveraineté nationale ces mesures. Depuis un certain temps, à l’approche des élections, l’Union européenne ou les USA prennent des sanctions ciblées à l’endroit des autorités de la République Démocratique du Congo (RDC). C’était le cas en décembre 2016, pour ne citer celui-là. Reste à savoir si ces mesures vont vraiment dans le sens de l’apaisement. On se rappelle, le gouvernement congolais, excédé, avait mobilisé l’Union africaine et d’autres organisations du continent contre ces mesures ciblées. D’une manière globale, on s’interroge sur l’efficacité de ce genre de sanctions qui risquent plutôt d’avoir un effet inverse, à savoir voir les autorités congolaises se cabrer au lieu d’œuvrer dans le sens de l’apaisement.

Décidément, l’administration Trump ne porte pas à cœur le pouvoir en place à Kinshasa. Après avoir claqué la porte du Conseil des Nations unies pour les droits de l’Homme, en évoquant, notamment, l’admission de la RDC, Washington vient d’allonger la liste des sanctions prises antérieurement à l’endroit des autorités congolaises. Même si les noms des personnalités visées ne sont pas encore révélées, il reste vrai que des figures de la MP sont déclarées persona non grata sur le sol américain en raison des entraves qu’elles imposent au processus électoral. C’est dire que Washington n’entend pas transiger  quand il s’agit de ramener la RDC sur la voie de l’alternance démocratique.

En deux temps, un même ton, un même message. C’est le moins que l’on puisse dire au regard de nouvelles sanctions américaines prises à l’encontre de certaines figures de la majorité au pouvoir. Si leurs noms ne sont pas encore connus, l’on sait néanmoins que davantage de personnalités proches du chef de l’Etat ne sont plus les bienvenues sur le sol américain.

Washington ne décolère pas

Par un communiqué de son département d’Etat, Washington motive sa décision du fait « de l’implication de ces responsables dans des actes importants de corruption liés au processus électoral de la RDC ». En agissant dans ce sens, les Etats-Unis montrent la voie à suivre pour sortir la RDC de la crise politique créée artificiellement par le pouvoir en place en raison de la non-organisation dans les délais prévus par la Constitution.

Aussi les Etats-Unis notent-ils que « les mesures prises aujourd’hui (Ndlr : le 21 juin 2018) envoient le signal fort que le gouvernement des Etats-Unis s’engage à lutter contre la corruption, à soutenir des élections crédibles conduisant au premier transfert de pouvoir pacifique et démocratique en RDC et à amener les personnes responsables d’actes importants de corruption et de violations graves des droits de l’Homme à répondre de leurs actes ».

Autrement dit, le dossier RDC est suivi de très près depuis Washington. Après les huit ans passés à la Maison Blanche par son prédécesseur, Barack Obama, le président Donald Trump a décidé d’insuffler une autre dynamique pour baliser la voie en vue de parvenir le plus rapidement à l’alternance démocratique en RDC. Le département d’Etat n’a pas manqué de le rappeler dans son communiqué.

A Washington, on est d’avis que « des élections crédibles, transparentes et organisées dans les délais requis en décembre 2018 – dans lesquelles les Congolais seront libres d’exprimer leurs points de vue sans avoir à craindre ni la violence, ni les actes d’intimidation – sont déterminantes pour garantir un avenir plus paisible et prospère en RDC et dans la région ».

Kinshasa, qui a pris l’habitude de brandir l’arme de la souveraineté chaque fois qu’il était sermonné pour sa conduite désastreuse en rapport avec processus électoral, ne devrait donc pas minimiser les échos en provenance de Washington. Abordé par AFP, un responsable du Département d’Etat américain s’est voulu pragmatique.

« Même si ces personnes ne sont pas publiquement nommées, nous pensons que cela envoie un message important », a-t-il dit, soulignant que « la corruption est inacceptable, sape les institutions d’un pays et a des conséquences ».

L’étau se resserre

Première puissance économique disposant de moyens sophistiqués pour contrôler tous les flux financiers à travers le monde, les Etats-Unis ont certainement en leur possession des informations fiables sur toutes les transactions illicites initiées depuis la RDC. Ils ne prêchent donc pas dans le désert. Sans doute, Washington est inscrit dans un schéma qui, à terme, cherche à isoler les autorités congolaises du circuit financier, avant sans doute de les neutraliser au niveau interne.

A ce titre, les nouvelles sanctions américaines qui interdisent de séjour sur le sol américain certains caciques du régime, au-delà des sanctions financières prises antérieurement, s’inscrivent dans une tactique d’encerclement savamment montée depuis Washington. Et l’instant choisi par les Etats-Unis est tout aussi symbolique. Dans la mesure où ces sanctions tombent au moment où ils viennent de claquer la porte du Conseil des droits de l’Homme, dépités de siéger avec des Etats qui, comme la RDC, n’ont aucun respect en matière de droits de l’Homme.

A moins de six mois de la tenue d’élections, l’étau semble se resserrer de plus en plus sur Kinshasa. Et avec ces sanctions qui s’ajoutent aux restrictions financières imposées à certaines personnalités du régime, Washington envoie un signal fort que Kinshasa ferait mieux d’interpréter à sa juste de valeur et sans tergiverser.

Or, dans les faits, Kinshasa brille plutôt par son indifférence, préférant trouver une issue de survie avec le nouvel accord coopération militaire qu’il vient de signer avec Moscou. Une erreur d’analyse qui pourrait lui être fatale dans les tout prochains jours. A moins de se ressaisir à temps en levant tous les verrous artificiels qui bloquent le processus électoral. Ce qui pourrait peut-être l’épargner de la foudre américaine.

Jean-Pierre KAMBILA denonce des mesures injustes

Le directeur de cabinet adjoint du chef de l’état congolais, Jean- Pierre Kambila estime que les sanctions de l’Union européenne(UE) contre des responsables congolais sont injustes.

Il considère ces mesures comme un chantage de l’Union européenne vis-à-vis du pouvoir de Kinshasa et une volonté de contraindre les autorités congolaises à accepter des « décisions préparées depuis l’occident pour mettre le pays sous la coupe des groupes financiers ».

« La première chose ce que ces mesures n’auront aucun effet sur nous. La deuxième chose c’est de déplorer leur caractère injuste. Rien ne justifie aujourd’hui ces genres des mesures sauf une volonté de soumettre l’autorité congolaise. Et malheureusement pour eux, ils ne réussiront pas sur ce plan la parce que nous n’allons pas céder à un chantage. Il y a la une volonté de contraindre les autorités congolaises à se soumettre à des décisions et au plan politique qui est préparé depuis l’occident pour mettre notre pays sous la coupe d’influence des groupes financiers. Nous n’accepterons jamais cette position-là. Ils peuvent prendre toutes les décisions qu’ils veulent, ça n’a aucun effet », indique Jean Pierre Kambila.

Le directeur de cabinet adjoint du président de la république demande à l’Union Européenne(UE) d’arrêter d’exercer la pression sur la RDC.

« Je leur [UE] dirai d’arrêter de faire cette pression. Le Congo est ouvert à une coopération amicale. Ça c’est un moyen pour mettre le feu inutilement au Congo », plaide Jean-Pierre Kambila.

Le Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne a adopté lundi 12 décembre des mesures restrictives en matière de déplacements et un gel des avoirs à l’égard de sept responsables congolais « occupant des positions de responsabilité dans la chaîne de commandement des auteurs de violences. Les ministres des affaires étrangères de l’UE se disent « gravement préoccupés par la situation politique en République Démocratique du Congo ».

[avec ForumDesAs, lePotentiel]

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