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La Pologne tombe sur les Lions de la Teranga

Dernière mise à jour, le 22 juin 2018 à 06:30

La Pologne, favorite théorique, puisqu’elle était tête de série, est donc tombée sur les Lions de la Teranga. Heureusement, car les quatre autres équipes africaines avaient été battues auparavant. Grâce un but contre son camp de Thiago Cionek et un but de Mbaye Niang, le Sénégal prend la première place du groupe H aux côtés du Japon. Il y a seize ans, en Corée du Sud et au Japon, le coup d’essai du Sénégal s’était transformé en coup de maître, puisque les Lions de la Teranga avaient battu et contribué à l’élimination des Bleus champions du Monde en titre, avant de pousser jusqu’en quart et de céder face aux Turcs. Bis repetita? « Ça ne peut pas être la même chose, pas la même saveur, analyse Aliou Cissé. L’histoire du Sénégal et de la France, tout le monde la connaît. C’est le pays colonisateur et nous, nous étions les fils d’immigrés de cette France qui nous a beaucoup donné, qui a beaucoup donné à nos parents, qui nous a formé aussi dans ces centres de formation. C’était quelque chose d’exceptionnel, de battre les tenants du titre lors du match d’ouverture ».

Ouf! Le Sénégal a vengé l’honneur africain dans ce Mondial-2018, en battant la Pologne (2-1) mardi à Moscou, pour la première journée du groupe H, après les défaites de l’Égypte, du Maroc, du Nigeria et de la Tunisie.

C’est la journée des surprises dans ce groupe annoncé comme l’un des plus incertains de la compétition, puisque la Colombie, rapidement réduite à dix, a perdu contre le Japon (2-1), en début d’après-midi.

Seize ans après leur dernière et unique participation à la Coupe du Monde, la magie sénégalaise va-t-elle encore opérer ?

En 2002, les Lions de la Teranga avaient participé à l’élimination des tentants du titre français au premier tour en remportant le match inaugural (0-1) à la surprise générale, avant de se hisser en quarts de finale et de baisser pavillon face aux Turcs.

Cette fois, face à un adversaire certes moins prestigieux, les hommes d’Aliou Cissé, capitaine de la sélection de 2002 et sélectionneur depuis trois ans, ont fait preuve d’un grand sang-froid et d’une discipline d’acier pour remporter ce match qui n’a jamais tutoyé les sommets footballistiques.

« L’équipe a été très compacte, très agressive, le bloc est resté très solide. En deuxième période, on a été très bon dans les transitions offensives-défensives (…) On a su mettre en place le système qu’il fallait, on les a fait déjouer », s’est félicité Cissé.

L' »arbre » Robert Lewandowski n’a pas réussi à cacher la médiocrité de la forêt de joueurs polonais, muselés sur leurs points forts, le jeu de transition et les ailes.

Lors de la première période, les deux équipes se craignaient, abandonnant toute idée de pressing pour se recroqueviller sur leurs quarante derniers mètres pour boucher les espaces.

Pologne-Colombie, match de la peur

Les Rouge et Blanc, pourtant têtes de série du groupe et soutenus par un nombreux public venu en voisin, ont été totalement incapables de créer des décalages.

« Il y a eu beaucoup d’éléments pas satisfaisants dans ce match. Les ailiers ont bien travaillé mais sur certaines actions dans l’axe, on n’a pas bien utilisé nos leaders. Nous manquions de dynamisme (…) Nous avons mieux joué après la pause, mais ce n’était pas suffisant », a déploré le sélectionneur Adam Nawalka.

Il a fallu attendre la 50e minute et un coup-franc de Lewandowski boxé sans trop de difficulté par Khadim Ndiaye pour prononcer – timidement – le mot « occasion » à leur sujet.

Lukasz Pisczek a ensuite raté le cadre sur une volée, seul au deuxième poteau (56) et Arkadiusz Milik également, sur un extérieur du pied à six mètres des buts (70).

Pire, les Polonais ont quasiment donné le bâton pour se faire battre.

C’est en effet le stoppeur Thiago Cionek qui a dévié une frappe d’Idrissa Gueye qui ne semblait pas destinée à faire mouche, prenant Wojchech Szczesny à contre-pied sur l’ouverture du score (1-0, 37).

Et c’est ensuite Grzegorz Krychowiak qui a adressé un ballon en retrait extrêmement désinvolte et hasardeux qui s’est transformé en passe décisive pour Mbaye Niang qui a pris de vitesse le gardien adverse pour marquer dans le but vide (2-0, 60).

Le milieu défensif s’est un peu rattrapé en réduisant la marque d’une magnifique tête croisée en extension à quatre minutes de la fin, mais c’est une maigre consolation (2-1, 86).

Le Pologne-Colombie de dimanche, qui devait être le sommet de ce groupe aura des allures de match de la mort. Et malheur au vaincu.

le Sénégal a sauvé l’honneur de l’Afrique en gagnant contre la Pologne (2-1). « Aujourd’hui le Sénégal représente tout le continent africain. Je peux vous garantir que tout le continent est derrière nous, je reçois des coups de fil de partout. On est très fier de représenter le continent », a commenté le coach sénégalais Aliou Cissé.

PREMIÈRE VICTOIRE D’UNE ÉQUIPE AFRICAINE AU MONDIAL-2018

Discipliné, solide, appliqué, le Sénégal « a fait déjouer » la Pologne (2-1) à la grande fierté de son sélectionneur Aliou Cissé, mardi à Moscou, pour remporter la première victoire d’une équipe africaine au Mondial-2018.

Q: Quel est votre sentiment après ce match ?

R: « On avait préparé ce match face à une équipe qu’on connaissait bien, très dangereuse, qui fait partie des meilleures équipes européennes. Avoir maitrisé ce match sur le plan tactique et le plan émotionnel, c’est important. La victoire permet de rentrer de la plus belle des manières dans la compétition ».

Q: Quelles ont été les clés de la victoire, selon vous?

R: « Le Sénégal a gagné grâce à sa discipline. L’équipe a été très compacte, très agressive, le bloc est resté très solide. En deuxième période, on a été très bon dans les transitions offensives-défensives. Ils ont eu le monopole du ballon sur la fin mais à chaque fois on a su remettre le pied quand il fallait. La Pologne a des joueurs aux qualités techniques au dessus de la moyenne. Il ne fallait pas être loin d’eux, rester près d’eux pour les sortir de leur zone de confort. On a su mettre en place le système qu’il fallait, on les a fait déjouer ».

Q: Comment classeriez vous cette victoire par rapport à celle contre la France en 2002 ?

R: « Ça ne peut pas être la même chose, pas même saveur. L’histoire du Sénégal et de la France, tout le monde la connaît. C’est le pays colonisateur et nous, nous étions les fils d’immigrés de cette France qui nous a beaucoup donné, qui a beaucoup donné à nos parents, qui nous a formé aussi dans ces centres de formation. C’était quelque chose d’exceptionnel, de battre les tenants du titre lors du match d’ouverture ».

Q: Grâce à vous l’Afrique marque ses premiers points dans ce Mondial, est-ce que c’est important pour vous ?

R: « Tout à fait. Aujourd’hui le Sénégal représente tout le continent africain. Je peux vous garantir que tout le continent est derrière nous, je reçois des coups de fil de partout. On est très fier de représenter le continent et j’espère que l’Égypte, le Maroc, la Tunisie et le Nigeria vont se redresser ».

Propos recueillis en conférence de presse

[Afp]

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