samedi , 17 novembre 2018
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Le Brésil ne sait plus gagner en Coupe du Monde

L’égalisation de Steven Zuber a fait mal à des Brésiliens qui croyaient avoir fait le plus dur avec un bijou de but de Philippe Coutinho en ouverture du score. Mais la « Nati » a une consistance qui manque encore aux solistes de la Seleçao. Neymar, titulaire et tellement attendu depuis son opération d’un pied début mars, a ainsi joué trop souvent pour lui-même. L’équipe aux cinq étoiles voudrait tant effacer ce cauchemar récent, le 7-1 infligé à domicile par la Mannschaft en demi-finale de la précédente édition, à Belo Horizonte. Traîne-t-il encore dans les têtes ? « J’aurais voulu que ça soit différent mais il n’y a pas de trauma. Sinon j’aurais pris ma retraite », assure Marcelo. Le souvenir est tout de même brûlant et les Brésiliens sont en Russie pour un titre qui aurait valeur de rédemption.

Sale temps pour les gros. Après l’Argentine bloquée par l’Islande et l’Allemagne battue par le Mexique, le Brésil et Neymar, loin d’être irrésistibles, ont à leur tour été accrochés par la Suisse (1-1) dimanche à Rostov pour leur entrée dans le Mondial-2018.

Et si le Brésil ne savait plus gagner en Coupe du Monde ? Car les quintuples champions en sont à trois matches d’affilée sans gagner dans le plus grand tournoi de la planète.

Après les terribles défaites 7-1 face à l’Allemagne et 3-0 contre les Pays-Bas concédées il y a quatre ans à domicile, le match nul de dimanche à Rostov est évidemment moins douloureux.

Mais il vient confirmer qu’il reste des fantômes à chasser et, côté Neymar, des jambes à retrouver.

Après une blessure au pied qui l’a laissé de côté pendant plus de trois mois, l’attaquant-star de la Seleçao n’est effectivement « pas à 100% », comme l’avait annoncé son sélectionneur Tite samedi.

Dimanche, on l’a remarqué pour sa nouvelle coupe de cheveux, pour une talonnade ici, là un crochet, un contrôle orienté qui a laissé Xhaka planté dans le gazon (6e), mais pas vraiment pour des jambes de feu.

Il a tout de même été très présent en fin de match, quand le Brésil poussait pour les trois points, avec une frappe sans grand danger (78e), une tête trop centrée (88e) et une avalanche de coup francs obtenus face à des Suisses exaspérés.

Mais il n’a pas été décisif, laissant le rôle à Philippe Coutinho, celui qui l’a remplacé à Barcelone après son départ vers le Paris SG.

Miranda tout près

Au bout d’un gros quart d’heure bien maîtrisé par les auriverdes, le petit milieu de terrain a en effet profité d’une relance ratée de Zuber pour expédier une frappe magnifique en lucarne et donner l’avantage aux siens (1-0, 20e).

La « Nati », alors, ne sortait plus beaucoup et n’était pas très loin de l’asphyxie. Mais la Seleçao, bizarrement, s’est un peu endormie et n’a plus proposé grand-chose à part une belle tête de Thiago Silva au-dessus de la barre dans le temps additionnel.

Et après la pause, après cinq minutes jouées à tout petit rythme, elle a été punie sur corner par les Suisses, avec une tête de Zuber, qui avait pris la précaution au passage de pousser des deux mains Miranda, le seul Brésilien qui avait l’air décidé à sauter.

La machine brésilienne, dont on vantait encore samedi l’équilibre et la cohérence, était alors bien grippée et l’on surprenait le capitaine Marcelo à balancer des transversales directement en touche.

La fin de match a quand même été brésilienne, bien sûr. D’abord avec Gabriel Jesus qui, au bout d’une action sublime, n’a obtenu ni le penalty ni l’appel à la VAR qu’il réclamait.

Puis avec Roberto Firmino, qui d’abord tirait au-dessus (82e) puis trouvait de la tête un bel arrêt de Sommer (90e). Miranda frappait encore d’un rien à côté dans le temps additionnel, puis les Brésiliens repartaient tête basse.

Comme pour les autres favoris empruntés qui sont passés avant lui, ce match nul n’a rien de catastrophique pour le Brésil. Mais la Serbie a montré en battant le Costa Rica plus tôt dimanche à Samara (1-0) qu’il y a quelques bonnes équipes dans ce groupe E.

Au pire, les Brésiliens pourront toujours se dire que la première place n’est pas si bonne à prendre. Elle pourrait envoyer vers un 8e de finale face à l’Allemagne, en mauvaise posture dans le groupe F.

QU’ARRIVE-T-IL À LA MANNSCHAFT ?

« Quelqu’un a-t-il vu nos champions du monde? » s’inquiète le grand quotidien populaire Bild. « Il n’y a aucun raison de s’effondrer », a voulu rassurer Joachim Löw, sélectionneur allemand. Oui, mais sans déjà penser au pire, la Mannschaft se complique la tâche d’entrée: en finissant 2e de sa poule, elle pourrait hériter d’un Brésil revanchard (après le 7-1 d’il y a quatre ans) en 8e de finale à Samara, s’il termine premier de son groupe…

Retour sur une grosse surprise. Dans le couloir des vestiaires avant les hymnes, les visages des Allemands sont anormalement tendus. On peut y lire, au choix, de la détermination, ou alors le doute qui assaille cette équipe depuis quelques jours, après ses dernières sorties médiocres et les tensions liées à l’affaire des « Turcs » Gündogan et Özil.

Evidemment la deuxième interprétation l’emporte: Hirving Lozano hérite du ballon dans le surface, efface le malheureux Özil qui a suppléé Kimmich parti sabre au clair à l’attaque, et trompe Neuer d’un tir sec et placé.

Les symptômes étaient là: la Mannschaft restait sur cinq matches nuls et une victoire 2-1 contre l’Arabie Saoudite, pulvérisée depuis par la Russie (5-0) en ouverture du Mondial.

Le sélectionneur Joachim Löw se serait aussi volontiers passé de la polémique née des photos montrant les milieux de terrain Mesut Özil et Ilkay Gündogan avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. Mais de toutes façons, Löw le savait, conserver le titre mondial « est ce qu’il y a de plus difficile ».

Manuel Neuer rêvait en tout cas d’un autre retour dans la lumière, lui qui n’avait joué qu’un match amical et demi depuis septembre.

Et que dire du Mexique? Il n’avait pas non plus été épargné par les affaires extra-sportives avec la révélation d’une orgie sexuelle impliquant plusieurs joueurs pendant sa préparation. Mais tout est oublié après cette victoire surprise.

SACRÉ VIEUX KOLAROV

La Serbie a de sacrés bons jeunes, mais c’est d’Aleksandar Kolarov et ses 32 ans qu’est venue la lumière. Un magnifique coup franc a trompé Keylor Navas, gardien du Real et du Costa Rica. « Marquer, je l’avais dans un coin de l’esprit », a-t-il confié après la rencontre.

Pour les « Ticos », c’est un brutal retour sur terre après un Mondial-2014 merveilleux, achevé en quarts de finale.

Les paroles du capitaine Bryan Ruiz n’ont peut être pas été assez écoutées dans le vestiaire du Costa Rica. Il avait dit avant ce match: « Ce Mondial est beaucoup plus compliqué que le précédent parce qu’au Brésil, nous n’avions rien à perdre ». La pression du premier match a cette fois été trop lourde.

Lundi, d’autres cracks débarquent: Eden Hazard pour la Belgique, opposée au bizuth Panama et Harry Kane pour l’Angleterre, qui va se frotter à la Tunisie.

[Afp]

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