mercredi , 26 septembre 2018
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Cas de l’Allemagne : Les statistiques sont très trompeuses

Si la défense allemande est la première responsable de la défaite surprise des tenants du titre face au Mexique (0-1), pour le premier match du groupe D du Mondial-2018, l’attaque semble aussi un chantier à régler au plus vite.

Les statistiques ont beau avoir le vent en poupe dans le football, elles sont souvent très trompeuses.

Lorsque l’on voit les 25 tirs, dont 9 cadrés, adressés sur les cages mexicaines, on pourrait penser que la stérilité allemande était due à un manque de réussite ou à un gardien en état de grâce.

Guillermo Ochoa est certes à créditer d’un bon match, détournant par exemple un coup franc de Toni Kroos sur sa barre à la 39e ou étant à la parade sur des tirs de Mats Hummels (7) ou de Thomas Müller (53), même si ce dernier était finalement hors-jeu.

Non, les difficultés offensives allemandes sont à chercher ailleurs.

On pourrait être tenté de blâmer Timo Werner, l’attaquant qui devait enfin combler le vide béant laissé par Miroslav Klose, dernier avant-centre de classe mondiale qu’ait eu la Mannschaft.

Avec déjà sept buts lors de ses treize premiers matches mais sans véritable référence au très haut niveau, que ce soit avec l’Allemagne ou son club, le RB Leipzig, on attendait peut-être trop de lui.

Une frappe trop croisée à la 3e, un ballon envoyé dans les nuages alors qu’il était seul au deuxième poteau (68) et surtout un tir en pivot dans les bras d’Ochoa alors que Julian Draxler était tout seul sur sa gauche (20), le bilan reste maigre.

Des accélérateurs au ralenti

Mais, là encore, ce serait faire fausse route que de pointer du doigt le seul Werner.

Après tout, aucune règle n’interdit aux autres joueurs de marquer et ni Kimmich sur un retourné (65), ni Marco Reus (71) sur une frappe surpuissante mais trop enlevée, ni Toni Kroos (76e) imprécis et encore moins Julian Brandt (90) d’une tentative à gauche de la cage n’ont trouvé la mire au cours du long attaque-défense qu’a été le second acte.

Incapables de mettre du rythme dans les trente derniers mètres, ce qui était la grande force de l’Allemagne made in Löw ces dernières années, les champions du monde ont semblé très empruntés.

Le constat n’est pas très nouveau, même si les difficultés de l’arrière-garde avaient quelque peu masqué cette réalité dérangeante.

Les accélérateurs de jeu que sont Mesut Özil et Julian Draxler ont tourné au ralenti et n’ont jamais déséquilibré l’arrière-garde adverse.

Les passes longues habituellement diaboliques de Jerome Boateng ou Kroos ne cassaient plus les lignes.

L’infernal Thomas Müller, au placement et aux déplacements si justes et opportuns, n’a pas empoisonné la vie des défenseurs de la « Tri » qui, même au plus fort de la domination allemande, et malgré une santé vacillante sous l’effet des efforts consentis lors d’une première période menée tambour battant, n’ont jamais perdu leur sang-froid.

L’entrée de Marco Reus n’a pas apporté l’explosivité espérée et celle de Mario Gomez (32 ans) n’a pas su endosser le costume de sauveur qui avait été le sien par le passé.

On a beau scruter la liste des 23, on ne voit pas vraiment d’où pourrait venir la lumière offensivement avant le match face à la Suède dans six jours à Sotchi.

Et pourtant, il y a déjà urgence pour la Mannschaft…

[Afp]

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