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RDC : Le doute persiste sur l’organisation des élections

Dernière mise à jour, le 14 juin 2018 à 07:40

L’on ne peut que constater déjà le non-respect du calendrier électoral publié par la centrale électorale. Pourtant prévu, l’enrôlement des Congolais de l’étranger pose problème. La Céni a estimé qu’elle sera dans l’incapacité technique d’enrôler les autres Congolais qui vivent en dehors du territoire national. Autre fait qui a tendance à troubler le processus, c’est l’usage de la machine à voter. L’opposition estime que tout a été déjà planifié avec cette fameuse machine pour le tripatouillage. L’audit des experts de l’OIF a clairement démontré que le fichier électoral contenait des enrôlés sans empreintes. Ce qui revient à dire que la Ceni voudrait intentionnellement organiser les élections avec un fichier électoral truqué au préalable. La probable candidature du président Joseph Kabila risquera d’enfoncer le pays dans un chaos indescriptible. On note également la non-libération des prisonniers politiques.

C’est le 23 juin 2018 que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) convoque l’électorat pour les prochains scrutins du 23 décembre 2018. Mais le doute persiste toujours sur l’organisation effective de ces élections et leur bon déroulement.

L’on ne peut que constater déjà le non-respect du calendrier électoral publié par la centrale électorale. Pourtant prévu, l’enrôlement des Congolais de l’étranger pose problème. La Céni a estimé qu’elle sera dans l’incapacité technique d’enrôler les autres Congolais qui vivent en dehors du territoire national. D’ailleurs, son président doit des explications aux élus du peuple sur l’impossibilité d’enrôler les Congolais de l’étranger. Son passage du haut de la tribune de l’Assemblée nationale est très attendu.

Autre fait qui a tendance à troubler le processus, c’est l’usage de la machine à voter. L’opposition estime que tout a été déjà planifié avec cette fameuse machine pour le tripatouillage. Dans le camp de la Majorité présidentielle (MP), on soutient le contraire en vantant la qualité de cet appareil et les services ‘‘louables et bénéfiques’’ qu’il va rendre. Quant à la Céni, elle tient mordicus à son appareil pour organiser les scrutins en décembre 2018. Au cas contraire, c’est le report.

L’audit des experts de l’OIF a clairement démontré que le fichier électoral contenait des enrôlés sans empreintes. Ce qui revient à dire que la Ceni voudrait intentionnellement organiser les élections avec un fichier électoral truqué au préalable.

Outre les problèmes cités ci-haut, des déclarations, surtout des membres de la MP, posent aussi problème. La probable candidature du président Joseph Kabila risquera d’enfoncer le pays dans un chaos indescriptible. On note également la non-libération des prisonniers politiques.

S’il faut aller aux élections, le 23 décembre 2018 avec ce panel de problèmes, le risque de voir le pays sombrer dans le chaos est grand. Les différents appels au respect de la Constitution et de l’Accord de la Saint-Sylvestre par les pays voisins, doivent attirer à leur juste valeur l’attention du pouvoir de Kinshasa, qui a l’obligation d’offrir aux Congolais des élections qui soient libres, démocratiques et transparentes.

Résolution 2409 du Conseil de sécurité de l’Onu

Il sied de rappeler que la Résolution 2409 appelle toutes les parties congolaises, y compris le Président de la République Joseph Kabila, à mettre en œuvre cet accord. Elle appelle aussi à la mise en œuvre des mesures de décrispation prévues, comme la libération des prisonniers politiques et l’abandon des poursuites injustifiées contre certains acteurs politiques. Le Conseil demande aussi à la Monusco de travailler de concert avec le Gouvernement congolais pour constater les menaces et appliquer les mesures de prévention. Ainsi, appelle-t-elle les autorités congolaises à respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Enfin, la Résolution met l’accent sur la protection des agents et des installations des Nations Unies.

Le Directeur de la Division électorale de la Monusco, Kacou Assoukpe a, pour sa part, persuadé l’auditoire de par ses explications en abordant le thème « Processus électoral : les axes prioritaires d’appui logistique et technique de la Monusco ». Avec un art oratoire d’un fin pédagogue, l’expert onusien a eu des mots justes pour expliquer avec éloquence le mandat, l’exécution du mandat et les défis du processus électoral.

Kacou Assoukpe a relevé un extrait de la Résolution 2277 du 30 mars 2016. En luminaire, la Résolution appelait la Monusco à fournir une assistance technique et un soutien logistique pour la révision du fichier électoral. C’est ce qu’elle a fait jusqu’à ce jour. Il a par ailleurs relevé quelques défis majeurs auxquels les partenaires aux processus électoral font face. Il s’agit entre autres ; des défis politiques ; sécuritaires ; logistique et opérationnel ; financiers ainsi que les défis liés à l’acceptation des résultats des scrutins.

« Déficit » dans la mise en œuvre des mesures de décrispation

Le Directeur de la Division électorale de la Monusco a également souligné que le processus électoral est évolutif. D’où, la nécessité d’améliorer et corriger les failles et erreurs constatées tout au long du processus. Toutefois, il a pris soin de faire remarquer qu’il n’y a jamais de fichier électoral parfait dans le monde. Ainsi, a-t-il invité ses interlocuteurs à développer un comportement électoral.

De son côté, le Directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH), Abdoul Aziz Thioye a rappelé les différentes activités entreprises par son Bureau. Il a cité notamment, le monitoring des droits de l’homme ; la protection des civils ; l’appui à la justice ; le soutien aux victimes ; la coopération technique…

Abdoul Aziz a noté avec satisfaction des progrès réalisés par la RDC dans la lutte contre les violences sexuelles avec l’institution de la politique « Tolérance zéro » qui a présidé à la nomination de la Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de lutte contre violences sexuelles et recrutement des enfants, en la personne de Jeanine Mabunda. Cette politique de « Tolérance zéro » a permis l’élaboration d’un plan d’actions avec un acte d’engagement par les Forces armées congolaises, à ne pas couvrir leurs subordonnés accusés de violences sexuelles.

En outre, le Directeur du BCNUDH en RDC note un « déficit » dans la mise en œuvre des mesures de décrispation. Ce déficit, selon Abdoul Aziz, « génère un manque de confiance entre les acteurs politiques, alors que son Bureau s’est engagé dans le processus de libération des prisonniers politiques.

La Résolution 2409 a été adoptée le 27 mars 2018, par le Conseil de sécurité des Nations Unies. D’après cette Résolution, les deux principales priorités de la Monusco demeurent la protection des civils et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et au processus électoral.

[lePotentiel]

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