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Francophonie : Macron jete le pavé dans la mare en soutenant Mushikiwabo au poste de secrétaire général de l’OIF

Dernière mise à jour, le 28 mai 2018 à 12:38

Ce soutien insolite du président français à Louise Mushikiwabo qui est la ministre rwandaise des Affaires étrangères provoque des remous versus de la position défendue par les anciens présidents français.Cette posture manifeste s’éloigne des valeurs fondamentales sur lesquelles tous les défenseurs de la francophonie s’arc-boutent . Evidemment l’image de Macron semble être écornée auprès des intellectuels africains et européens . La défiance à son égard pourra s’agrandir pour ce soutien de la candidature de la ministre rwandaise dont le pays en matière du respect de droits de l’homme , de la démocratie( dont une de grandes valeurs demeure l’alternance politique)n’est pas champion . Nous estimons que le président français vient d’ouvrir la boîte de Pandore et nous pensons démontrer dans les lignes qui suivent que ce soutien qui va faire couler beaucoup d’encre et de salive ne répond pas à fortiori aux principes , valeurs qui ont fédéré tous les pays membres à la création de l’O.I.F le 20 mars 1970 à Niamey au Niger.

Beaucoup plus étrange, cette prise de position paraît anachronique et nuit à l’image de la France. Il est évident que ce revirement contrairement à ses prédecesseurs semble être lié aux intérêts politico-financiers sacrifiant les valeurs de l’OIF sur l’autel de l’économie sauvage. Il faut souligner ici que la francophonie est fondée sur les valeurs de confiance et de respect : le respect de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance, de la démocratie, de droits de l’homme . L’ancien secrétaire général de l’O.I.F Abdou Diouf et Michaële Jean sont issus des pays modèles en matières des valeurs incarnant la francophonie. Il faut être martien pour ne pas reconnaître ces évidences: Tout le monde est unanime notamment l’ONU , les organisations internationales non gouvernementales pour affirmer que le Rwanda n’est pas respectueux des valeurs de démocratie , du respect de droit de l’homme notamment la liberté d’expression . Un pays qui vit sous un système de « pensée unique » peut- il être une référence en matière des valeurs intrinsèques de la démocratie ?

Ce coup qui paraît politique au nom de vieux principe sacro saint des  » hommes forts » est révolu. Aujourd’hui l’Afrique a plus besoin des institutions fortes que des hommes forts ou providentiels . Nous ne sommes plus à l’époque de la guerre froide où les impérialistes occidentaux plaçaient leurs marionnettes au pouvoir pour préserver leurs intérêts géopolitiques sur le continent africain. Nous souscrivons d’ailleurs la réthorique de l’ancien président américain Barack Obama qui a défendu la nécessité pour l’Afrique d’avoir des » institutions fortes « pour la stabilité et le développement durable des pays africains. Si la France reste le miroir du monde ,c’est par la force de ses institutions et de ses dirigeants qui sont restés fidèles aux principes de la République et aux valeurs universelles qui demeurent le leitmotiv des organisations internationales et de la charte de l’ONU. la France a toujours soutenu de manière cohérente ses candidats aux postes névralgiques de grandes institutions internationales à l’instar de l’O I F. Mais pourquoi Macron veut-il bel et bien sortir de cette ligne que ces prédécesseurs ont défendue ? Au regard de la cartographie démocratique, les pays qui restent encore frileux à la démocratie paraîssent de plus en plus minoritaires à travers l’Afrique et le monde. Il y a beaucoup de facteurs qui influent à tous ces changements.

Enfin ce soutien pourrait devenir un tremblement de terre politique au sein de l’OIF. Si le Canada ,la Suisse et d’autres pays africains de tradition démocratique se syndicalisent contre Macron , la France de Macron sortira trop affaiblie et elle ne pesera plus sur les pays africains en ce moment où certains pays occidentaux s’engagent davantage pour être présents dans cette zone d’excellence économique et culturelle. Les pays qui restent fidèles à leur histoire politique et aux principe d’Etat de droits n’ apporteront pas leur soutien à une candidature dont le pays ne demeure pas une référence en Afrique quant au respect des valeurs incarnant la francophonie. C’est une question de dignité et de grandeur d’homme d’Etat. Aujourd’hui, les pays africains se considèrent comme des partenaires à part entière et leur voix doit être entendue. Donc on ne peut plus leur imposer des candidatures.

[Prof. Florent Kaniki]

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