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Ramazani Shadary, Secretaire General du PPRD de "Joseph Kabila".
Ramazani Shadary, Secretaire General du PPRD de "Joseph Kabila".

RDC : « Kabila était, est et sera président »

Dernière mise à jour, le 27 mai 2018 à 06:42

La publication de la liste controversée des partis et regroupements politiques procède de la stratégie de MP de piéger les élections du 23 décembre 2018. Il est un secret de polichinelle que la MP se bat bec et ongles pour que son autorité morale grappille un troisième mandat aux prochains scrutins. C’est une vérité qui se vérifie tous les jours. « Kabila était, est et sera président ». Ce bout de phrase lancé par le secrétaire permanent du PPRD, Ramazani Shadary, n’est pas fortuit. Il rentre dans cette stratégie de lancer en permanence des ballons d’essai pour voir la réaction de l’opinion. A peine une semaine après cette déclaration du secrétaire permanent du parti présidentiel, le vice-gouverneur du Maniema par intérim, Jérôme Bikenge, a emboité le pas : « Nous souhaitons que la population du Maniema choisisse encore Raïs Joseph Kabila Kabange. Nous avons avancé avec le travail, l’orientation du chef de l’Etat, l’autorité morale de la Majorité présidentielle. Nous aimons Raïs Joseph Kabila. Et comme nous l’aimons beaucoup, nous allons voter à 100% pour lui ». Rappelons que ces déclarations publiques de hauts cadres du parti présidentiel interviennent après la sortie médiatique en avril dernier de Cyrille Mirindi qui, avec sa pseudo-théorie d’un troisième mandat « à la Nkurunziza » pour Joseph Kabila, estime qu’il suffit d’une requête bien ficelée pour que la Cour constitutionnelle y accède. Cyrille Mirindi soutient, à qui veut l’entendre, que la modification de la Constitution en 2011, par le passage de deux à un tour rabattrait les cartes et donnerait au président actuel droit à un autre mandat. Des théories battues en brèches par d’éminents constitutionnalistes comme le professeur Mbata. Cependant, avec le renouvellement tendancieux de la Haute Cour qui vient de se faire, une saisine dans ce sens ne pourrait qu’avoir gain de cause.

Loin d’en finir avec le dédoublement des partis politiques, le ministre de l’Intérieur l’a plutôt  entretenu en rendant publique une liste qui a mis en désarroi la classe politique. Les victimes ont tout de suite crié à la violation de la loi en la matière et à l’ignorance des recommandations faites par le CNSA à ce sujet. Interpellé, ce dernier a échangé avec le patron de l’Intérieur et à l’issue des discussions, il a promis de réintroduire ses recommandations pour que la liste controversée soit « rectifiée », au nom de « l’intérêt de la République ». Donc, le PPRD Mova est appelé à revoir sa copie.

Le Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA)  s’est réuni, hier vendredi 18 mai, en séance plénière extraordinaire autour des questions posées par la publication de la liste des partis et regroupements politiques. Le ministre de l’Intérieur et Sécurité, Henri Mova Sakanyi, a été invité à s’expliquer sur sa controversée liste des partis et regroupements politiques publiée le 11 mai au Journal officiel, soit 50 jours après son dépôt à la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le ministre de l’Intérieur et Sécurité n’a rien déclaré à l’issue de cette réunion. C’est le communiqué du CNSA sur cette séance plénière qui a levé un pan de voile de ces discussions. « Il résulte de ces échanges que pour l’intérêt de la République, cette liste sera rectifiée sur la base des recommandations du CNSA à transmettre le 19 mai 2018 ; ainsi que des éléments complémentaires ou rectificatifs des partis politiques concernés par des omissions ou des données ».

Quelle chance pour le CNSA ?

Quelle chance accorder à cette énième tentative du CNSA dans son objectif de faire respecter l’Accord de la Saint-Sylvestre quand au dédoublement des partis politiques et le respect de la loi sur les partis politiques ?

Le 26 mars 2018, le CNSA a, avant le dépôt de la liste des partis politiques à la Commission électorale nationale indépendante, fait des recommandations selon les résolutions pertinentes de l’accord de la Saint-Sylvestre. Une de ses recommandations phare était de reconnaître l’UDPS/Tshisekedi au détriment du parti créé par le camp des opposants débauchés, à savoir Bruno Tshibala et consorts.

Cependant, quel n’a pas été l’étonnement de voir, après la publication dans le Journal officiel, que le ministre de l’Intérieur a accordé à deux UDPS la même adresse de siège, la même date de création et les mêmes emblèmes.  Bien que gardien de la loi sur les partis politiques, Henri Mova a fait fi de la réglementation au profit de son penchant politique. C’est en connaissance de cause que le PPRD Henri Mova a violé la loi sur les partis politiques.

Avec sa liste controversée, il a aussi violé l’Accord de la Saint-Sylvestre qui recommande la fin de dédoublement des partis politiques. Certes, la nouvelle liste des partis a pu régler les cas des formations politiques membres du G7, à l’exception du MSR de Pierre Lumbi, il y a au moins une dizaine de partis politiques qui sont encore dans le pétrin, victimes des agendas cachés de la Majorité présidentielle.  Sachant que le désordre créé par la MP vise un but bien précis, l’action du CNSA a très peu de chance d’aboutir.

Un piège tendu à l’Opposition

En réalité, la publication de cette liste controversée des partis et regroupements politiques procède de la stratégie de MP de piéger les élections du 23 décembre 2018. Il est un secret de polichinelle que la MP se bat bec et ongles pour que son autorité morale grappille un troisième mandat aux prochains scrutins. C’est une vérité qui se vérifie tous les jours.

« Kabila était, est et sera président ». Ce bout de phrase lancé par le secrétaire permanent du PPRD, Ramazani Shadary, n’est pas fortuit. Il rentre dans cette stratégie de lancer en permanence des ballons d’essai pour voir la réaction de l’opinion.

A peine une semaine après cette déclaration du secrétaire permanent du parti présidentiel, le vice-gouverneur du Maniema  par intérim, Jérôme Bikenge, a emboité le pas : « Nous souhaitons que la population du Maniema choisisse encore Raïs Joseph Kabila Kabange. Nous avons avancé avec le travail, l’orientation du chef de l’Etat, l’autorité morale de la Majorité présidentielle. Nous aimons Raïs Joseph Kabila. Et comme nous l’aimons beaucoup, nous allons voter à 100% pour lui ».

Rappelons que ces déclarations publiques de hauts cadres du parti présidentiel interviennent après la sortie médiatique en avril dernier de Cyrille Mirindi qui, avec sa pseudo-théorie d’un troisième mandat « à la Nkurunziza » pour Joseph Kabila, estime qu’il suffit d’une requête bien ficelée pour que la Cour constitutionnelle y accède. Cyrille Mirindi soutient, à qui veut l’entendre, que la modification de la Constitution en 2011, par le passage de deux à un tour rabattrait les cartes et donnerait au président actuel droit à un autre mandat. Des théories battues en brèches par d’éminents constitutionnalistes comme le professeur Mbata. Cependant, avec le renouvellement tendancieux de la Haute Cour qui vient de se faire, une saisine dans ce sens ne pourrait qu’avoir gain de cause.

Le fond du problème, c’est que tant que la MP ne trouvera pas le moyen de faire participer son autorité morale aux prochaines élections, celles-ci ne seront qu’un leurre. La famille politique du chef de l’Etat va multiplier des stratagèmes non seulement pour retarder la tenue effective d’élections mais aussi de piéger les acteurs de l’opposition.

Comme le régime pense maintenir hors des frontières nationales Moïse Katumbi jusqu’à la tenue d’élections, au niveau national, la MP fait tout notamment pour bloquer les partis politiques de l’Opposition susceptibles de rafler une large adhésion populaire. C’est le cas de l’UDPS dont le nouveau président n’a pas cédé aux avances du PPRD. Celles-ci  consistaient à faire accepter à Félix Tshisekedi le poste de Premier ministre en remplacement de Bruno Tshibala.

Le deal a volé aux éclats, ce qui a mis la MP dans tous ses états. A telle enseigne qu’elle a ignoré les dispositions de la loi sur les partis politiques qui stipulent que deux partis politiques ne peuvent pas avoir la même dénomination, le même siège, les mêmes emblèmes, etc.

Si le dédoublement des partis politiques n’est pas réglé à temps, la Céni sera mise à contribution pour finir le travail commencé par la MP à travers le ministère de l’Intérieur. Les partis ou regroupements politiques concernés pourront être renvoyés à ester justice et on sait par expérience comment pareille démarche aboutit : pas en faveur des demandeurs fichés opposants. Courant derrière le temps, la Céni pourrait, en dernière minute, invalider les candidatures de toutes les UDPS.

Quid ? Pour la majorité au pouvoir, il suffit de coincer l’UDPS/Tshisekedi qui reste un des partis leaders de l’Opposition pour que la voie vers la victoire aux scrutins soit libre.

En revanche, en cas de victoire des requêtes des partis de l’Opposition devant les cours et tribunaux, d’autres goulots d’étranglement du processus électoral seront créés pour saboter la tenue d’élections à la fin de cette année. Il serait facile pour la MP de revenir à la question de financement ou encore à l’insécurité généralisée dont elle ferait une priorité par rapport à l’organisation des élections.

Pour l’instant, soutiennent des observateurs avisés, tout repose sur la capacité du CNSA à faire revenir à la raison la MP, d’une part, et, d’autre part, seul un sursaut de patriotisme et de nationalisme au regard de la souffrance qu’endure la population, pourrait sauver le processus en cours que tout le monde veut inclusif, transparent, démocratique et apaisé.

[lePotentiel]

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