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"Joseph KABILA", a l'assemblée générale de l'ONU, Septembre 2015.
"Joseph KABILA", a l'assemblée générale de l'ONU, Septembre 2015.

RDC : Quelles armes pour se débarrasser de « Kabila » face à l’ambiguité de ses postures et l’incertitude des élections

Dernière mise à jour, le 23 mai 2018 à 12:07

Dans un contexte économique, social et sécuritaire catastrophique, les élections du 23 décembre 2018 qui devraient jeter les premiers jalons de passation démocratique de pouvoir et apporter plus de bonnes réponses sur l’avenir des congolais semblent être bien compromises. Malheureusement, les mauvaises postures politques de Joseph Kabila et ses pantins, des  » faire-valoir » sont illustratives de comportements des personnes cinglées se moquant du peuple. Dans cette problèmatique des élections, comment tourner la page de ceux qui demeurent le « problème » et avec quelles armes ? Pour l’instant, pour l’immense majorité des citoyens congolais et partenaires extérieurs de la Rdc, les comportements politiques des hommes de paille du pésident congolais y compris des membres de la Ceni sont révélateurs de mauvaises intentions de jeter un épais brouillard autour des élections ou de jouer la montre. Se débarrasser d’une classe politique pourrie dont on ne peut jamais garder espoir reste un grand défi au regard de l’ambiguité entretenue et de l’attitude « jusqu’au boutiste » de Kabila qui ne veut jamais révéler ses réelles intentions sur les élections.

La Rdc traverse une période dangereuse où certaines déclarations politiques des acteurs de la majorité présidentielle, de véritables courtisans viennent semer le trouble dans l’opinion quand ils imaginent procéder au tripatouillage de la constitution. D’ailleurs un adage stipule: « les courtisans sont les pires ennemis de la démocratie ». C’est une dérive qui risque de provoquer une implosion sociale à l’instar de la Syrie. Aujourd’hui nous nous retrouvons de fait en dehors de toute rationalité politique où la dictature en place se montre de plus en plus bâtarde, sans foi ni lois. Trop, c’est trop. Kabila doit partir. S’il veut s’empêtrer dans la même configuration politique comme certains pays de la région des Grands lacs, il doit bel et bien comprendre que les congolais précipiteront sa chute.

La dérive dicatoriale est bien partie. Des signes évidents qui montrent qu’il n’y a pas de volonté politique de préparer la passation de pouvoir au terme des élections démocratiques sont là. Au contraire ,des médiocres multiplient des déclarations qui demeurent des signaux négatifs dans la préparation des éléctions. Quand le gouverneur par intérim du Maniema, Jérôme Bikenge, un fanatique, déclare une semaine après l’affirmation du secrétaire permanent du PPRD. Ramazani Shadary, à la population de sa province de voter pour Kabila lors de la prochaine élection présidentielle : « Nous souhaitons que la population de Maniema choisisse encore le raïs Joseph Kabila Kabange. Nous avons avancé avec le travail, l’orientation du chef de l’Etat, l’autorité morale de la majorité présidentielle. Nous aimons le raïs Joseph Kabila. Et comme nous l’aimons beaucoup, nous allons voter à 100 % pour lui », cela paraît comme une déclaration de l’insurrection populaire ou d’une nouvelle guerre de libération. La situation politique est trop grave et toutes ces postures sont bien calculées reflétant les intentions profondes de Kabila. C’est bien un brouillard épais qui pèse sur la tenue des élections et bien entendu sur le respect de la constitution. A posteriori, nous ne pouvons plus voir l’organisation des élections dans des prismes traditionnels.

Des obstacles techniques s’ajoutent à l’organisation des élections. L’absence d’un plan rationnel de financement du processus électoral par le gouvernement congolais pose trop d’inquiètudes et semble demeurer l’un des handicaps majeurs en ces jours. C’est facile d’y répondre aujourd’hui au regard de la classe politique pourrie. C’est une stratégie délibérée de bien jouer la montre et justifier à fortiori l’impossibilité d’organiser les élections. Dans son rapport rendu public le 7 mai 2018, l’ONU stigmatise l’absence du plan de financement clair de la Commission électorale indépendante par le gouvernement. Les montants de décaissements actuels sont très faibles par rapport aux montants attendus au mois de mai 2018 ( 52 millions de dollars USD au lieu de 120 millions de dollars USD à la même date). Quelles que soient les projections financières que l’on puisse faire, la Rdc ne sera pas en mesure de pourvoir seule au coût de toutes les élections et malheureusement il y a trop peu de garantie pour que les élections puissent se tenir à la date du 23 décembre 2018. Le risque d’une implosion sociale de grande ampleur est élevée quand le pouvoir en place joue au » pompier pyromane ». Par ailleurs les machines à voter n’apportent aucune garantie quant à la transparence des élections et font l’objet des contestations au sein de l’opposition et des partenaires extérieurs de la Rdc notamment les USA, notamment de son ambassadrice à l’ONU, madame Nikki Haley. Tous sont unanimes que ces machines pour lesquelles la Commission électorale indépendante ( Ceni ) a conclu un accord de gré à gré sans appel d’offre d’achat avec une entreprise de la Corée du Sud Miru Systems augmenteront les risques d’élections frauduleuses.

In fine l’histoire politique nous apprend qu’aucun peuple ne se libère de la dictature s’il ne prend pas conscience de la misère sociale et politique que leur imposent ses dirigeants .Aucun objectif ne peut être atteint sans mobilisation populaire. La gravité de la situation politique en Rdc peut entrevoir une autre lute de libération pour changer ce système politique pourri. Les congolais ne peuvent pas garder espoir avec Joseph Kabila, une troisième marionnette de l’histoire politique à la solde de nouveaux néo-colonialistes. La pression interne demeure au préalable une arme très efficace qui influe davantage sur le comportement des partenaires internationaux. Des manifestations populaires où les citoyens se retrouvent de plus en plus dans les rues peuvent faire barrage aux velléités monarchiques de ceux qui se moquent de la démocratie. Il faut féliciter le Comité laïc de coordination qui met la pression sur le pouvoir afin de respecter la constitution et l’accord de la Saint-sylvestre. Dans le cas contraire d’autres armes de libération peuvent être le moindre mal pour en finir avec un régime de prédation qui répose sur la mafia.

[Professeur Florent Kaniki]

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