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Fichier électoral : Opposition en RDC dénonce des manœuvres tendant à bloquer l’audit de l’OIF

Dernière mise à jour, le 19 mai 2018 à 10:16

L’objectif de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) sur l’AUDIT DU FICHIER ÉLECTORAL en République Démocratie du Congo (RDC), est de s’assurer de la transparence mais surtout, de la confiance de toutes les parties à ce processus. Elle souhaiterait impliquer les différentes forces politiques en l’occurrence : la Majorité présidentielle et l’Opposition. Pas seulement la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers. L’Opposition parle déjà des manœuvres tendant à bloquer l’audit de l’OIF alors que des sources proches de la Ceni font savoir que tout est mis en œuvre pour la mise sur pied dudit comité. Pour l’Opposition, cette opération qui était censée débuter le 6 mai et durer trois semaines maximums, n’a toujours pas débuté. Elle craint, de ce fait, que les différentes échéances soient perturbées à cause de l’absence du Comité de pilotage.

L’arrivée d’une délégation de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a été saluée de partout. Elle a accepté, de ce fait, d’auditer le ficher électoral à condition qu’il soit mis en place le comité de pilotage auquel doivent être associés non seulement les acteurs politiques, mais aussi les partenaires techniques et financiers.

L’objectif de l’OIF est de s’assurer de la transparence mais surtout, de la confiance de toutes les parties à ce processus. Elle souhaiterait impliquer les différentes forces politiques en l’occurrence : la Majorité présidentielle et l’Opposition. Pas seulement la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers.

L’OPPOSITION DENONCE DES MANOEUVRES, LA CENI RASSURE

L’Opposition parle déjà des manœuvres tendant à bloquer l’audit de l’OIF alors que des sources proches de la Ceni font savoir que tout est mis en œuvre pour la mise sur pied dudit comité. Pour l’Opposition, cette opération qui était censée débuter le 6 mai et durer trois semaines maximum, n’a toujours pas débuté. Elle craint, de ce fait, que les différentes échéances soient perturbées à cause de l’absence du Comité de pilotage.

Il sied de rappeler, que la Ceni avait déjà, au terme d’un travail de nettoyage du fichier électoral, radié 6. 254. 902 noms pour ne retenir que 40. 287. 387 personnes inscrites sur le fichier électoral.

Les statistiques brandies avaient été contestées par l’Opposition qui exigeait un audit du fichier électoral dont les chiffres ne semblaient pas lui inspirer confiance. Ce à quoi la Ceni s’est pliée en acceptant le service de l’OIF. Mais déjà, cette structure de la francophonie avait, en son temps, audité le fichier électoral de 2015. Son travail était, en effet, boudé par l’Opposition, qui remettait en cause son indépendance.

Tout en dénonçant le faible taux d’enrôlement dans plusieurs provinces considérées comme ses bastions, l’Opposition souhaite avoir « un droit de regard » et envoyer ses propres auditeurs pour s’assurer des résultats de l’opération à engager. Et, plus les choses traînent, plus cela aura des répercussions fâcheuses sur la suite du calendrier étant entendu que le 23 juin, la Ceni devra normalement convoquer le corps électoral.

Jusque-là, tout semble marcher comme prévu du côté de la Ceni. La loi portant répartition des sièges qui reste l’une des dernières contraintes légales à lever est en passe d’être promulgué ce mardi par le chef de l’Etat, après son adoption en version définitive par les deux chambres législatives.

QUID DE L’ENROLEMENT DES CONGOLAIS DE L’ETRANGER

Les signaux lancés par la Ceni en ce qui concerne l’enrôlement des Congolais des étrangers ne sont pas rassurants. A l’issue d’un échange samedi 5 mai dernier avec le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, le président de la Commission électorale nationale indépendante Corneille Nangaa, a avoué qu’il était techniquement difficile d’enrôler les Congolais de la diaspora dans le respect du calendrier électoral.

Le président de l’Assemblée nationale a, de ce fait, invité les élus du peuple à mettre de côté leur position partisane afin de lever ensemble une option républicaine sur la question de l’enrôlement des congolais de la diaspora. Et d’indiquer que le Parlement doit s’assumer en supprimant cet enrôlement afin de permettre à la CENI d’aller droit vers les élections du 23 décembre 2018.

Aujourd’hui, près de 16 millions de Congolais sont éparpillés à travers le monde. Selon le calendrier de la CENI, l’enrôlement de cette catégorie d’électeurs, est prévu du 01 juillet au 28 septembre prochain.

LES EXPERTS DE L’OIF EXIGENT LA TRANSPARENCE !

L’équipe des experts de l’OIF chargés d’auditer le fichier électoral est arrivée à Kinshasa dimanche dernier dans la soirée. Conformément à leurs termes de références, il est prévu que leur mission aille du 6 au 25 mai et peut même se prolonger au 30 mai en cours. Mais jusqu’hier, ils n’avaient toujours pas encore commencé le travail proprement dit, c’est-à-dire l’audit du fichier électoral.

On sait qu’ils exigent de la CENI que cet audit se passe dans des conditions de transparence et d’indépendance en présence des experts électoraux de la Société civile et de l’Opposition politique. L’équipe de l’OIF qui est pluridisciplinaire prévoit le checking total du fichier électoral. Ce qui pourrait conduire à la révision à la hausse ou à la baisse les données consolidées de la CENI qui sont de 40 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales.

Ce qui poserait une équation au niveau de l’opération de répartition des sièges dont la loi aura déjà été promulguée. Que se passerait-il alors dans ce cas ? Ce qui montre que l’audit du fichier électoral après l’opération de répartition des sièges équivaudrait à placer la charrue devant les bœufs. Ce qui ne semble pas préoccuper outre mesure la CENI où Corneille Nangaa est convaincu que l’audit du fichier électoral par l’OIF n’apportera aucune modification du chiffre de 40 millions d’électeurs inscrits.

A l’Opposition, on n’est pas de cet avis et on s’interroge même pour savoir comment le chef de la centrale électorale peut avoir autant d’assurance sur son chiffre de 40 millions d’électeurs inscrits quel que soit le résultat d’audit. C’est ce qu’a déclaré hier le député national Jean-Pierre Ewanga, Porte-parole de la plateforme électorale « Ensemble pour le changement » de Moïse Katumbi Chapwe.

Pour lui, il y a une grande machination de la MP autour de l’audit du fichier électoral. Selon l’opposant Ewanga, la MP ne veut pas de cette opération. Raison pour laquelle, elle fait tout pour la retarder le plus possible par diverses manœuvres. Jean-Pierre Ewanga assure par ailleurs que les experts électoraux de l’Opposition vont accompagner l’OIF dans son opération de l’audit su fichier électoral.

Ce n’est pas la première fois que l’OIF vient auditer un fichier électoral en RDC. Elle l’avait déjà fait lors des élections de 2006 et 2011, à la différence qu’à chaque fois, c’était avant l’opération de répartition des sièges aux circonscriptions électorales pour les législatives (2006-2011) et les provinciales (2006). Parmi les Organisations internationales, l’OIF est celle qui a une expertise éprouvée et des connaissances techniques avérées reconnues de tous, en matière électorale. C’est ce qui explique qu’elle soit impliquée, pour apporter son assistance dans maints processus électoraux à la satisfaction de principales parties prenantes.

[Emma MUNTU, Kandolo M.]

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