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Pose de la première pierre pour la construction de la nouvelle aérogare de l'aéroport international de N'Djili
Pose de la première pierre pour la construction de la nouvelle aérogare de l'aéroport international de N'Djili.

Élections : Kinshasa doit changer le fusil d’épaule

Dernière mise à jour, le 19 mai 2018 à 10:15

Lorsque l’ont lit à la loupe la déclaration du secrétaire général de l’ONU, le Portugais Antonio Guterres faite lundi denier à New York sur la République Démocratique du Congo (RDC), il transparait entre les lignes une vive préoccupation sur la situation politique en cours et surtout ce qu’il convient de faire pour en sortir. Ce sont les élections crédibles, apaisées et inclusives. Guterres est convaincu que fermer tout l’espace des libertés, en RDC ne conduit pas à cet objectif. D’où, il appelle le gouvernement congolais à changer le fusil d’épaule.

L’interprétation qui peut être faite de cette entrée en scène du patron de l’ONU est qu’à quelque 7 mois des échéances électorales la Communauté internationale entre dans l’ère des sonnettes d’alarme qu’elle doit tirer pour remettre les pendules à l’heure.

Elle entrevoit toujours, avec une certaine crainte, le spectre d’une sorte de grande instabilité ou d’anarchie dans laquelle la RDC pourrait basculer au cas où les élections ne se tiendraient pas dans un climat de paix. C’est ce qui semble justifier cette sortie du secrétaire général de l’ONU. C’est surtout ce qui motive la mission que Guterres, accompagné du Président de la Commission de l’UA, le Tchadien Mahmat FAKI annoncée déjà pour juillet prochain alors qu’il y a quelque temps, elle avait été placée au congélateur.

Au fait, Antonio Guterres est en train de traduire le sentiment du Conseil de sécurité de l’ONU qui, dans presque toutes ses Résolutions, que l’instabilité de la RDC de par sa position géographique au centre de l’Afrique est une menace pour la sécurité internationale. C’est le sens de toutes les initiatives tendant à tirer la sonnette d’alarme sur la crise politique en RDC et, à ce jour, les conditions à réunir pour la tenue des élections crédibles, transparentes, apaisées et inclusives, c’est-à-dire où personne n’est injustement exclu de la course.

La Communauté internationale connait bien le prix et surtout les conséquences néfastes des élections bâclées en RDC. Lors des deux cycles électoraux de 2006 et 2011, le pays a frôlé le chaos. En 2006, les élections se sont soldées par la première guerre dans la ville de Kinshasa en mars 2007, depuis l’accession du pays à l’indépendance le 30 juin 1960.

En confrontation sur le champ de bataille, l’armée loyaliste aux prises avec les troupes du candidat malheureux à la présidentielle Jean-Pierre Bemba qui, visiblement n’avait pas dans un premier temps, admis sa défaite. Cette guerre post-élections a connu beaucoup de morts et d’énormes dégâts matériels.

C’est à la suite de cette guerre que Jean-Pierre Bemba était contraint à l’exil au Portugal d’où il sera, par la Belgique, arrêté et livré à la CPI en juin 2008. Le deuxième cycle électoral, c’est celui des élections qualifiées de chaotiques de 2011 avec le même type de contestations qu’en 2011 de la part d’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba. Le candidat de l’UDPS n’était pas content du résultat des urnes proclamé par la CENI selon lequel Joseph Kabila l’avait emporté.

Comme il fallait s’y attendre, Tshisekedi Wa Mulumba s’est autoproclamé Président de la République et a même prêté serment dans sa résidence. Les Congolais, par eux-mêmes, avant même une quelconque intervention de la Communauté internationale, sont capables de tout mettre en œuvre, pour éviter à tout prix de rééditer ces malheureuses expériences électorales de 2006 et 2011.

ANTONIO GUTERRES ATTENDU AU MOIS DE JUILLET EN RDC

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres devrait se rendre au mois de juillet prochain avec le président de la Commission africaine Moussa Faki Mahamat, pour des discussions avec le président Joseph Kabila. Ce, autour des élections présidentielle et législatives prévues le 23 décembre.

Cependant, aux dernières prises de positions de Guterres, on a comme l’impression que le décor de cette visite en République démocratique du Congo est déjà planté. Ce, partant d’abord, du rapport vers fin avril et ensuite, du complément du rapport publié lundi 7 mai dernier. On croirait que la décision des Nations Unies qui ont associé dans leur démarche l’Union africaine (UA), était déjà prise avant même de rencontrer les autorités congolaises.

Pour rappel, dans le dernier complément de rapport publié lundi 7 mai dernier, le patron de Nations Unies a invité Kinshasa, à lever l’interdiction des manifestations publiques avant d’indiquer :  » Des divergences persistantes parmi les représentants politiques sur le processus électoral et un espace politique trop fermé continuent d’être une menace pour tenir des élections crédibles et inclusives « .

En conséquence, Antonio Guterres  » appelle le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour mettre de la confiance dans le processus électoral et ouvrir la voie à un transfert démocratique du pouvoir « .

Il demande aussi au  » parti majoritaire et à l’opposition de dépasser les intérêts partisans et travailler pour la consolidation des pratiques démocratiques en République démocratique du Congo « .

Antonio Guterres encourage enfin le gouvernement à favoriser les candidatures de femmes et lui demande de libérer des fonds pour la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Mais déjà dans un rapport remis fin avril au Conseil sécurité des Nations Unies, il avait noté que les divergences qui subsistent entre les différents acteurs politiques concernant le processus électoral et l’absence d’espace politique continuent de menacer la tenue d’élections crédibles et ouvertes à tous.

Il appelle alors Kinshasa à  » lever l’interdiction des manifestations publiques « , en place depuis septembre 2016, ce qui  » aiderait grandement à ouvrir l’espace politique, en permettant au peuple congolais d’exercer librement ses droits politiques et civils « .

En signe d’apaisement, le gouvernement congolais avait autorisé des manifestations de l’opposition ces dernières semaines. En témoigne le meeting de l’UDPS le 24 avril dernier place Sainte Thérèse à N’Djili.

L’UDPS à Uvira

Quoi qu’il en soit l’UDPS a tenu son meeting dimanche 6 mai dernier à Uvira bravant ainsi l’interdiction de la réunion par les autorités locales et provinciales. Elections et restitution des résolutions issues du dernier congrès de l’UDPS ont l’essentiel de l’adresse du secrétaire général de l’UDPS Jean-Marc Kabund.  » La tentative d’empêcher ce meeting démontre comment le Pouvoir se contredit et marche à reculons en ce qui concerne la décrispation politique convenue dans l’accord de la Cenco ».

Entretemps, le gouverneur du Sud-Kivu Claude Nyamugabo, s’est justifie en ces termes :  » La situation sécuritaire dans la région ne permet pas qu’on puisse autoriser la tenue des meetings « . En dépit de la confiscation du podium qui devait être utilisé pour la manifestation, le meeting a eu lieu dans l’enclos de la permanence du parti. Les éléments de la police dépêchés sur les lieux pour disperser la foule n’ont pu que constater le bon déroulement de la réunion.

[Kandolo M., Emma Muntu]

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