dimanche , 19 août 2018
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Élections RDC : Deux plateformes de la Société Civile tirent la sonnette d’alarme

Dans son état actuel, les statistiques du fichier électoral publiées par la CENI présentent des risques de rééditer aux prochaines élections du 23 décembre 2018, l’expérience malheureuse des élections de 2011. L’AETA et l’ODEP tirent, ici, la sonnette d’alarme et invitent le Parlement, le CNSA, la CENI et la population congolaise à contribuer à l’avancée du processus électoral. Comment Nangaa, le Président de la CENI, va-t-il intégrer les recommandations de l’AETA et de l’ODEP alors qu’il s’en tient, mordicus, à la machine à voter pour foncer ?

Dans un rapport publié, ce week-end, à Kinshasa, ces deux plateformes de la Société civile réaffirment également que les résultats actuels du fichier électoral, faisant l’objet de contestations en marge de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs avec la technologie biométrique devaient, d’ores et déjà, interpeller l’administration électorale à anticiper, en prenant   des  mesures efficaces, sinon, à reconsidérer sa décision d’adopter, à titre expérimental, le mode de vote par Machine à Voter. Car, en matière de la techno-science, l’optimisme béat n’est pas autorisé, préviennent-elles.

Au-delà de ces considérations, il sied de noter que le questionnement soulevé dans cette étude remettrait en cause l’approche « Révision du Fichier Électoral » en l’absence d’un fichier de l’État-civil dans un contexte sociopolitique en brisure de consensus et dominé par la méfiance réciproque et surtout, dans un environnement où l’indépendance et l’impartialité de l’administration électorale n’est encore qu’une quête ardue ou, à la limite, un vœu.

Donc, l’opération d’identification et enrôlement des électeurs semble avoir accusé des faiblesses : sur le plan opérationnel, logistique, du personnel ou encore celui de la sensibilisation des masses. Bien qu’ayant été nettoyé, le fichier électoral avec un nombre important des radiés semble ne pas avoir atteint un niveau de fiabilité acceptable, ce qui pourrait avoir une incidence sur les élections transparentes, apaisées et crédibles. Des erreurs de calcul observées de manière récurrente pourraient entamer par ricochet, la confiance accréditée à la CENI. Puis, étant donné que le nettoyage du fichier électoral avec la technique AFIS-ABIS n’a permis de détecter que les doublons et les mineurs, il est fort probable que les autres cas litigieux notamment, les hommes en uniforme (en l’occurrence, les militaires et les policiers) que la technique susmentionnée ne parvient (ou ne parviendra) pas à détecter restent présents dans ledit fichier. Enfin, la tripartite (le CNSA, le Gouvernement et la CENI) n’a pas accordé assez d’attention à l’évaluation de cette opération, tel que recommandé par l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Actions urgentes

Le Parlement, de l’avis de l’AETA et de l’ODEP, est invité à organiser un débat autour des rapports mi-parcours des réalisations du processus électoral soumis par la CENI afin de formuler des recommandations et orientations à même de permettre l’amélioration et l’efficacité de sa mission et de jeter des bases solides pour l’avenir des élections en RDC. Il doit diligenter la mission de la Cour des Comptes pour examiner la gestion de la CENI au cours des exercices précédents. Ceci éviterait à l’administration électorale les suspicions dont elle fait objet et contribuerait tant soit peut à recréer la confiance au processus électoral  et  faire preuve d’attachement à l’objectif de la consolidation de la démocratie au travers du processus électoral en reconsidérant les calculs proposés par la loi en rapport avec la répartition des sièges, étant donné les contestations sur les statistiques électorales publiées par la CENI.

Au Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus électoral, CNSA, un appel est lancé de  convoquer dans les meilleurs délais, une rencontre d’évaluation profonde de l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs selon les prescrits de l’Accord de la Saint Sylvestre en son point IV.2, afin de tirer des leçons conséquentes pour l’avenir du processus ;

Cette rencontre d’évaluation devra également examiner la question du financement ayant couvert la réalisation de l’opération de la révision du fichier électoral.

Consensus

A la Commission Electorale Nationale Indépendante, l’AETA et l’ODEP recommandent d’envisager des mécanismes efficaces visant à recréer le consensus et la confiance des parties prenantes au processus électoral. Il s’agit par exemple de la redynamisation et l’animation à bon escient des cadres de concertation avec les parties prenantes au processus, à faire preuve d’attitudes et pratiques de réceptivité, de transparence et de redevabilité vis-à-vis des parties prenantes au processus électoral,  car la réussite de sa mission constitutionnelle en dépend grandement. La CENI devra accorder le maximum d’attention aux exigences de la rigueur et du professionnalisme dans l’accomplissement des tâches administratives et techniques liées au processus électoral,  manipuler les chiffres avec une attention soutenue et s’assurer de la certitude absolue avant d’en rendre publics les résultats, mettre à disposition du public toutes les données concernant les statistiques des enrôlés en vue d’éviter à son chef diverses suspicions à même d’entamer la confiance au processus  et collaborer avec les autorités des FARDC et de la Police Nationale afin de détecter tous les hommes en uniformes et les radier du fichier électoral. Dans cette démarche, la CENI devra collaborer également avec les autorités judiciaires en vue de détecter toutes les personnes privées de leurs droits civiques et les radier du fichier électoral.

Vigilance

Quant à   la population congolaise, l’AETA et l’ODEP insistent sur la mobilisation  avec détermination pour les élections de qualité et inclusives, le vote alternatif et,  de ce fait, de s’investir par des actions de surveillance, de monitoring et de dénonciation citoyenne de toute pratique visant à occasionner la fraude électorale ou, mieux,  les simulacres électoraux. L’exécution du calendrier électoral ne doit pas être une simple mécanique insipide et privée de toute âme et valeur sociétale.

[LPM]

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