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Elections : Le trois fois Non du CLC au régime « Kabila » et sa CENI

Dernière mise à jour, le 3 mai 2018 à 09:55

Les participants et membres du CLC en Congrès disent trois fois NON face au scénario selon lequel le Gouvernement et la CENI seraient tentés de repousser les échéances électorales à de nouvelles dates hypothétiques, en prenant pour prétexte, les difficultés opérationnelles et logistiques, ou en manipulant, une fois de plus, l’opinion nationale et internationale. Tout comme ils disent également trois fois Non à un autre deuxième scénario qui ferait que les deux institutions précitées conduisent le pays aux élections en l’absence de mesures préalables de décrispation politique, ni de garantie de transparence et de crédibilité, la Cour Constitutionnelle, estiment-ils, étant d’avance programmée pour statuer sur les litiges électoraux suivant les injonctions qui lui seront données. Le Peuple Congolais, souligne le CLC dans déclaration sanctionnant la fin de ce congrès, ayant consenti tant de sacrifices pour mettre fin à la dictature ainsi que pour la tenue des élections crédibles, transparentes et apaisées, ne peut tolérer de nouveaux reports, ni encore moins, la mise en scène d’une parodie électorale. Voilà pourquoi, le CLC interpelle le Chef de l’État et le Gouvernement. Il n’est pas encore trop tard, insiste-t-il, pour changer le cours de l’histoire. Car, martèle-il, ‘’nous n’accepterons jamais cette situation et nous ne baisserons pas les bras. Et, pour toutes ces raisons, le CLC a décidé, à l’issue de son Congrès, de mettre un terme à la trêve et annonce le démarrage des préparatifs de ses actions pacifiques d’envergure, de protestation et de revendication, sur l’ensemble du territoire national. Enfin, le CLC demande au peuple congolais de se mobiliser, dans l’unité, à travers toutes les provinces. ‘‘Demeurons ensemble, prêts à affronter le pire pour arracher le meilleur, à savoir : le respect de notre dignité, la conquête de notre liberté confisquée et la protection, la préservation et la promotion de notre patrimoine commun : la République Démocratique du Congo’’, concluent les congressistes.

A trois mois d’ouverture des bureaux de réception et de traitement des candidatures, aucun opposant, parmi les cas emblématiques, n’a été libéré à ce jour », regrette cette structure des Laïcs catholiques au terme de son congrès tenu à Kinshasa.

Le Comité laïc de coordination (CLC) a annoncé, mardi 1er mai, la reprise très bientôt des actions pacifiques, de protestation et de revendication, sur l’ensemble du territoire national. La décision découle d’un congrès de cette structure des laïcs catholiques, organisé du 30 avril au 1er mai à Kinshasa.

Cinquante-trois jours après le 10 mars, date d’annonce de la trêve de cette structure au Secrétariat général des Nations Unies, à un peu plus de sept mois des élections programmées par la Ceni, les congressistes notent unanimement des incertitudes quant au respect du calendrier électoral. Car, indiquent-ils, à 55 jours du 24 juin, date de convocation de l’électorat pour l’ouverture des Bureaux de Réception et Traitement des candidatures des députés provinciaux, et à 86 jours du 25 juillet, date d’ouverture des Bureaux de Réception et Traitement des Candidatures présidentielles et des députés nationaux, la Centrale électorale passe, selon le CLC, le plus clair de son temps à chercher à imposer la « très controversée » machine à voter.

Pour le CLC, Il est peu probable qu’à la date critique du 19 septembre 2018, la CENI puisse être capable de rendre publiques, comme prévu par le calendrier électoral, les listes définitives des candidats à tous les niveaux en vue des scrutins présidentiels, législatifs nationaux et législatifs provinciaux, du 23 décembre 2018.

Les mesures de décrispation non appliquées

Selon cette organisation de l’archevêché de Kinshasa, aucune mesure de décrispation politique n’a été véritablement d’application.  » En effet, poursuivent les congressistes, à trois mois d’ouverture des Bureaux de réception et traitement des candidatures, aucun opposant politique emblématique n’a été libéré ; aucun exilé politique n’a pu retourner au pays ; le contentieux du dédoublement des partis politiques n’a pas été vidé ; les espaces démocratiques et médiatiques n’ont pas été libéralisés ; les poursuites judiciaires contre les opposants n’ont pas été abandonnés ; les mesures d’interdiction des manifestations pacifiques n’ont pas été levées ; la liste des partis politiques autorisés à participer au processus électoral n’est toujours pas publiée « .

Non au report des élections

Les membres du CLC ayant pris part à ce Congrès fustigent aussi ce qu’ils qualifient « d’instrumentalisation » de la Cour Constitutionnelle. Pour eux, les arrêts autorisant respectivement la nomination des gouverneurs de province (Commissaires spéciaux) en septembre 2015 et la prorogation de fait du mandat du président de la République en octobre 2016, ainsi que le rejet du recours introduit par un groupe de députés et sénateurs toutes tendances confondues sur l’inconstitutionnalité de la loi électorale, renforcent un sentiment de méfiance vis-à-vis de cette haute Cour.

S’appuyant sur ces différentes observations relevées ci-haut, le CLC estime que le processus électoral risque d’aboutir à l’un des scénarios suivants :  » soit le gouvernement et la Ceni repoussent les échéances électorales à de nouvelles dates hypothétiques, en prenant prétexte des difficultés opérationnelles et logistiques, manipulant une fois de plus l’opinion nationale et internationale ;soit que ces deux organes conduisent le pays aux élections sans mesures préalables de décrispation politique, ni de garantie de transparence et de crédibilité…  »

Le CLC dit « trois fois non » à ces deux scénarios. Car, ajoutent les congressistes, le peuple congolais qui a investi tant de vies humaines pour la tenue des élections crédibles, transparentes et apaisées, ne peut tolérer de nouveaux reports, encore moins la mise en scène d’une parodie électorale. « Raison pour laquelle nous interpellons une fois de plus le Chef de l’Etat et le gouvernement. Il n’est pas encore trop tard pour changer le cours de l’histoire. Car nous n’accepterons jamais cette situation et nous ne baisserons pas les bras « , ont-ils conclu.

[avec forumdesas]

DECLARATION DES PARTICIPANTS ET MEMBRES DU COMITE LAIC DE COORDINATION EN CONGRES (01/05/2018)

Introduction

  1. Nous, Laïcs catholiques provenant des six provinces ecclésiastiques que compte la ROC, réunis à Kinshasa le 30 avril et le 1er mai 2018, pour évaluer la situation générale du pays et, en particulier le processus devant conduire à la tenue d’élections présidentielle, législatives et provinciales transparentes, crédibles et apaisées à la date du 23 décembre 2018 ;

  2. Rendons gloire au Dieu créateur qui nous a donné en héritage un si beau et grand pays au cœur de l’Afrique, la République Démocratique du Congo ;

  3. Nous inclinons devant le martyre des compatriotes qui ont perdu leur vie ou qui ont été atteints dans leur intégrité physique au cours de toutes les marches historiques et pacifiques réprimées sauvagement par le régime en place. Nous pensons particulièrement à Jean-Baptiste Landen Kalamba, Godefroid Namwisi Mayi Kwenge, Mambidi Kianga, José Fataki, Héritier lbanda, Hervé Bena Kalala, Serge Kikunda, Thérèse Kapangala, Hussein Ngandu, Gurbeau Bwemba, Benjamain Mwinyilayi, Mathieu Fwamba, Jackson Kabadiashi Malanga, Eric Bolokoloko et Rossy Tshimanga Mukendi, dont la dépouille est jusqu’à ce jour prise en otage, privant ses parents, sa famille, ses amis et connaissances du droit d’organiser ses funérailles dans la dignité ;

  4. Nous souvenons aussi de toutes les familles qui vivent, à travers la République, la même peine de ne pouvoir récupérer les dépouilles de leurs proches, victimes de la répression et des enterrements clandestins ; et demeurons également préoccupés par la pratique des cachots secrets, des détentions illégales et de l’instrumentalisation des rivalités communautaires ;

  5. Saluons le courage et le patriotisme des prêtres, des pasfeurs, des religieux et religieuses, des chrétiens catholiques et protestants, des musulmans, des membres des mouvements citoyens, tous les Congolais de bonne volonté qui ont organisé et pris part aux marches pacifiques des 19 septembre et 19 décembre 2016, du 31 décembre 2017, du 21 janvier et du 25 février 2018 ; des marches qui ont été l’expression de notre volonté et de notre détermination commune de sauvegarder les acquis de la lutte glorieuse du Peuple congolais pour la liberté et de nous affranchir définitivement de tout régime dictatorial ;

  6. Renouvelons tout notre soutien à Son Eminence, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya et à l’ensemble des Archevêques et Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), particulièrement le Président, Mgr. Marcel Utembi Tampa Archevêque métropolitain de Kisangani et le Vice-Président Mgr. Fridolin Ambongo Archevêque Coadjuteur de Kinshasa. Rendons hommage à leur courage et leur engagement exemplaire en faveur de la démocratie et du bien-être du Peuple congolais et les rassurons que notre action se fondera toujours sur leur message prophétique en tant que nos Pères spirituels ;

  7. Saluons les multiples initiatives prises par la communauté internationale notamment à travers les résolutions 2277, 2348 et 2409 du Conseil de sécurité des Nations Unies (O.N.U.), les prises de position et les recommandations pertinentes de l’Union Africaine (U.A), de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), de la Communauté de Développement des Etats de l’Afrique Australe (S.A.D.C), et de l’Union Européenne (U.E), pour soutenir la tenue d’élections démocratiques conformément à la Constitution congolaise ;

  8. Relevons cependant, qu’en dépit de la publication du calendrier électoral par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), de la promulgation de la loi électorale modifiée, de la clôture des opérations d’enrôlement des électeurs et de l’adoption en cours de la loi portant répartition des sièges aux élections législatives, provinciales, municipales et locales, les sacrifices du Peuple congolais et les efforts de la communauté internationale n’ont pas encore donné les résultats escomptés.

  9. Au cours de nos travaux, nous avons fait le constat amer que la situation générale de la RDC reste préoccupante et l’avenir du pays, plus que sombre parce que incertain.

Constat

Cinquante-trois jours après le 10 mars, la date d’annonce de notre trêve au Secrétaire Général des Nations-Unies, à huit mois des élections programmées au 23 décembre 2018, le constat unanime est le suivant :

i. L’incertitude du calendrier électoral : Le calendrier publié par la CENI fixe la date des élections combinées (présidentielle, législatives et provinciales) au dimanche 23 décembre 2018. Cette date étant considérée comme ultime, elle ne doit naturellement plus être dépassée quelles que soient les circonstances. Pourtant, à 55 jours du 24 juin, la date de convocation de l’électorat pour l’ouverture des Bureaux de Réception et Traitement des candidatures des députés provinciaux, et à 86 jours du 25 juillet, la date de l’ouverture des Bureaux de Réception et Traitement des Candidatures présidentielles et des députés nationaux, la CENI continue à gaspiller à la fois son temps, ses moyens et son énergie à la défense de son projet illégal et conflictuel d’imposition d’un matériel électoral décrié sur le plan national et déconseillé par tous les pays amis y compris celui de provenance de cette technologie. Alors qu’avant ces dates ou parallèlement, devaient également être organisés l’enrôlement des Congolais vivant à l’étranger, l’audit du fichier électoral et la formation des agents en charge des opérations électorales. Il est peu probable qu’à la date critique du 19 septembre 2018, la CENI puisse être capable de rendre publiques, comme prévu par le calendrier électoral, les listes définitives des candidats à tous les niveaux en vue des scrutins présidentiels, législatifs nationaux et législatifs provinciaux, du 23 décembre 2018.

ii. Aucune mesure de décrispation politique n’a été véritablement d’application. En effet, à ce jour, à trois mois d’ouverture des Bureaux de réception et traitement des candidatures pour l’inscription des candidatures présidentielles et des députés nationaux, aucun opposant politique emblématique n’a été libéré ; aucun exilé politique n’a pu retourner au pays ; le contentieux du dédoublement des partis politiques n’a pas été vidé ; les espaces démocratiques et médiatiques n’ont pas été libéralisés ; les poursuites judiciaires contre les opposants n’ont pas été abandonnés ; les mesures d’interdiction des manifestations pacifiques n’ont pas été levées ; la liste des partis politiques autorisés à participer au processus électoral n’est toujours pas publiée.

iii. La partialité de la CENI : La haute direction de la Commission Electorale Nationale Indépendante n’a cessé de se disqualifier par son incapacité à s’inscrire dans les objectifs de l’Accord et surtout par son manque d’impartialité en se comportant telle une administration électorale partisane, comme l’illustre son entêtement à vouloir imposer la machine à voter, la constitution non transparente du fichier et de la cartographie électorale, l’opacité dans la passation des marchés et la gestion peu orthodoxe des fonds électoraux. En effet, on ne sait toujours rien de la destination de l’argent budgétisé et décaissé pour les présentes élections depuis 2012 ; l’audit de la CENI se fait toujours attendre ; le budget électoral, visiblement trop onéreux pour les capacités réelles du pays, il serait prêt à servir d’alibi pour de nouveaux reports.

iv. Instrumentalisation de la Cour Constitutionnelle : Comme organe compétent pour la gestion du contentieux des candidatures et du résultat de vote pour les élections présidentielle et législatives nationales, cette cour peut, en dernier ressort, invalider des candidatures et rectifier les résultats de vote. Malheureusement, en référence à certaines décisions iniques intervenues dans le cadre du processus électoral, cette haute Cour a donné la preuve de son instrumentalisation par le régime Kabila, comme le témoignent ses arrêts autorisant respectivement la nomination des Gouverneurs de province (Commissaires Spéciaux) (septembre 2015) et la prorogation de fait du mandat du Président de la République (octobre 2016), arrêts rendus en violation flagrante de la Constitution, de sa loi organique et son règlement intérieur ; et le rejet du recours introduit par un groupe de députés et sénateurs toutes tendances confondues sur l’inconstitutionnalité de la loi électorale.

En conclusion,

Nous, Participants et Membres du Comité Laïc de Coordination en Congrès, nous appuyant sur ces observations indicatives ainsi que le refus du pouvoir en place de mettre en œuvre les mesures de décrispation politique, constatons que le processus électoral actuel risque d’aboutir à l’un des deux scénarios suivants :

  • soit le gouvernement et la CENI repoussent les échéances électorales à de nouvelles dates hypothétiques, en prenant prétexte des difficultés opérationnelles et logistiques, manipulant une fois de plus l’opinion nationale et internationale ;

  • soit que ces deux organes conduisent le pays aux élections sans mesures préalables de décrispation politique, ni de garantie de transparence et de crédibilité, la Cour Constitutionnelle étant d’avance programmée pour statuer sur les litiges électoraux suivant les injonctions qui lui seront données.

Disons trois fois NON à ces deux scénarios. Le peuple congolais qui a consenti tant de sacrifices pour mettre fin à la dictature et qui a investi tant de vies humaines pour la tenue des élections crédibles, transparentes et apaisées, ne peut tolérer de nouveaux reports, encore moins la mise en scène d’une parodie électorale. Raison pour laquelle nous interpellons une fois de plus le Chef de l’Etat et le gouvernement. Il n’est pas encore trop tard pour changer le cours de l’histoire. Car nous n’accepterons jamais cette situation et nous ne baisserons pas les bras.

Pour ces différentes raisons, prenons, ce jour, la décision de mettre un terme à la trêve que le Comité Laïc de Coordination avait décrétée pour donner le temps nécessaire à tous les acteurs de la crise politique en RDC de trouver une solution acceptable.

A la date d’aujourd’hui, 1er mai 2018, annonçons le démarrage des préparatifs de nos actions pacifiques d’envergure, de protestation et de revendication, sur l’ensemble du territoire national.

Demandons au peuple congolais de se mobiliser, dans l’unité, à travers toutes les provinces : villes, villages, quartiers, avenues et rues.

Demeurons ensemble, prêts à affronter le pire pour arracher le meilleur, à savoir, le respect de notre dignité, la conquête de notre liberté confisquée et la protection, la préservation et la promotion de notre patrimoine commun : la République Démocratique du Congo.

Fait à Kinshasa, le 1er mai 2018

POUR LE CONGRÈS DU COMITE LAIC
DE COORDINATION

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