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Jean-Pierre LIHAU, fondateur de " Ensemble ", un mouvement politique en RDC.
Jean-Pierre LIHAU, fondateur de " Ensemble ", un mouvement politique en RDC.

« Ensemble » : Lihau crie au plagiat. Et demande à Katumbi de se chercher une autre appellation

Dernière mise à jour, le 3 mai 2018 à 09:56

(…) par honnêteté intellectuelle que par devoir de vérité, l’initiateur du mouvement citoyen « Ensemble » se devait de remettre les pendules à l’heure. Et cette heure nous ramène à un certain 9 décembre 2016. Ce jour-là dans un espace « Congo Loisirs  » plein de jeunes Jean-Pierre Lihau portait sur les fonts baptismaux un think tank estampillé « Ensemble ». L’événement avait fait grand bruit parce que rarissime dans les mœurs politiques congolaises. Voir pousser sur notre sol politique un mouvement citoyen à vocation transversale comme celui enfanté par Jean-Pierre Lihau sortait de l’ordinaire. Alors que sous des cieux autrement plus pluralistes, les visions pro développement, les projets de société, le débat politique… se nourrissent notamment des idées que produisent des groupes de réflexion, des cercles d’intellectuels bien référencés. Et Ensemble, comme le déclinait son fondateur en décembre 2016, n’a pas d’autre prétention que « d’être une école d’idées innovantes, un creuset d’excellence de toutes les forces vives de la Nation ». Alors, d’où que Jean-Pierre Lihau monte au créneau ? La raison est simple. En mars dernier, est née en terre sud-africaine une plateforme électorale labellisée « Ensemble pour le changement ». Depuis, ce regroupement se fait désigner par le mot « Ensemble » . Cela prête à confusion voire fait désordre. Mais, cela sent surtout la violation de la législation en vigueur à mille lieues. Il n’en fallait pas plus pour que l’initiateur de Ensemble crie au plagiat. Lui qui, in tempore non suspecto, créa, un mouvement dénommé Ensemble. Et ce, plus d’une année avant les forces katumbistes. Jean-Pierre Lihau a donc le principe de l’antériorité avec lui. Pas seulement. Ce jeune cadre à l’esprit alerte a aussi la loi avec lui. Toutes les lois. Celle relative à la propriété intellectuelle comme celle ayant trait à la dénomination des regroupements associatifs et même politiques. C’est fort de son bon droit que le géniteur de Ensemble a pris à témoin la ville , le pays et le monde quand il a demandé à ceux qui utilisent le label « Ensemble » d’y renoncer. Ce qui tomberait sous le coup du bon sens. Ce qui ne serait que justice et ferait l’économie d’une procédure judiciaire.

Conférence de presse de clarification ? Mise au point ? Dernier avertissement ? Il y avait de tout cela dans le face-à-face Jean-Pierre Lihau- journalistes du vendredi 27 avril 2018. Un exercice dont le héraut de  » Ensemble  » aurait bien voulu se passer. Lui qui n’est pas soluble dans la politique-spectacle et les bisbilles politiciennes.

Lesquelles tiennent souvent lieu de combat politique sous les tropiques rd congolaises. Mais, autant par honnêteté intellectuelle que par devoir de vérité, l’initiateur du mouvement citoyen « Ensemble  » se devait de remettre les pendules à l’heure. Et cette heure nous ramène à un certain 9 décembre 2016. Ce jour-là dans un espace « Congo Loisirs  » plein de jeunes Jean-Pierre Lihau portait sur les fonts baptismaux un think tank estampillé  » Ensemble « . L’événement avait fait grand bruit parce que rarissime dans les mœurs politiques congolaises. Voir pousser sur notre sol politique un mouvement citoyen à vocation transversale comme celui enfanté par Jean-Pierre Lihau sortait de l’ordinaire. Alors que sous des cieux autrement plus pluralistes, les visions pro développement, les projets de société, le débat politique… se nourrissent notamment des idées que produisent des groupes de réflexion, des cercles d’intellectuels bien référencés.

Et Ensemble, comme le déclinait son fondateur en décembre 2016, n’a pas d’autre prétention que  » d’être une école d’idées innovantes, un creuset d’excellence de toutes les forces vives de la Nation « . Alors, d’où que Jean-Pierre Lihau monte au créneau ? La raison est simple. En mars dernier, est née en terre sud-africaine une plateforme électorale labellisée « Ensemble pour le changement « . Depuis, ce regroupement se fait désigner par le mot  » Ensemble  » . Cela prête à confusion voire fait désordre. Mais, cela sent surtout la violation de la législation en vigueur à mille lieues.

Il n’en fallait pas plus pour que l’initiateur de Ensemble crie au plagiat. Lui qui, in tempore non suspecto, créa, un mouvement dénommé Ensemble. Et ce, plus d’une année avant les forces katumbistes. Jean-Pierre Lihau a donc le principe de l’antériorité avec lui. Pas seulement.

Ce jeune cadre à l’esprit alerte a aussi la loi avec lui. Toutes les lois. Celle relative à la propriété intellectuelle comme celle ayant trait à la dénomination des regroupements associatifs et même politiques. C’est fort de son bon droit que le géniteur de Ensemble a pris à témoin la ville , le pays et le monde quand il a demandé à ceux qui utilisent le label  » Ensemble  » d’y renoncer. Ce qui tomberait sous le coup du bon sens. Ce qui ne serait que justice et ferait l’économie d’une procédure judiciaire.

Un observateur habitué aux travées de l’Hémicycle comprend la gêne de celui qui dirige le cabinet du Speaker de la Chambre depuis cinq ans. Porté sur de vrais sujets, Jean-Pierre Lihau est mal à l’aise dans cette séquence où il est bien obligé de parler de gens. Car, dans l’ADN de cette valeur sûre et montante du landerneau politique congolais, se trouve l’observation de l’américaine Eleanor Roosevelt. A savoir, « les grands esprits discutent des idées, les esprits moyens discutent des événements et les petits esprits discutent des gens « .

[J.N. et MM]

PLAIDOYER DE JEAN-PIERRE LIHAU, PRÉSIDENT NATIONAL DU MOUVEMENT PRO-DÉMOCRATIE  » ENSEMBLE  » CONTRE LE REGROUPEMENT POLITIQUE BAPTISÉ  » ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT  » KINSHASA, 27 AVRIL 2018

Mesdames et Messieurs de la presse,

Je voudrais pour commencer dire un grand merci à chacune et à chacun d’entre vous pour votre disponibilité.

Croyez-moi, je me suis efforcé d’effectuer cet exercice par l’unique devoir de vérité et rien d’autre.

Devoir de vérité face à un comportement politique qui, à mon sens, entame la crédibilité des hommes qui pourtant prétendent être porteurs d’un idéal de changement dans ce pays.

Devoir de vérité aussi face à un hold-up, une tricherie, un plagiat monstrueux et ridicule que même la presse semble malheureusement s’en accommoder.

Enfin, devoir de vérité face à l’ivresse du pouvoir financier qui pousse certains hommes politiques à vendre leur âme et à mettre leur honneur en jeu juste pour satisfaire aux artifices et intrigues de la main qui donne.

Moi, sans fausse modestie, j’appartiens à une autre race, c’est-à-dire à la race des hommes qui sont déterminés à faire bouger les lignes dans notre pays en bousculant les antivaleurs qui ont longtemps caractérisé notre classe politique.

Je suis, moi qui vous parle, de la classe de ceux qui croient mordicus qu’il y a encore parmi nous, dans notre milieu, des hommes et femmes de bonne volonté, épris de paix et de justice, qui ont choisi de conjurer le mal. Oui ! De conjurer ce mal qui, comme la peste, gangrène notre société à sa racine.

Il y a de cela quelques semaines, vous en êtes des témoins, lorsque nous avons appris qu’en Afrique du Sud, des compatriotes se sont mis à la recherche d’une appellation pour leur regroupement naissant et qui, ayant échoué de plagier incognito le programme d’action du mouvement de Monsieur TSHIANI, appelé  » Forces du Changement « , ils n’ont pas trouvé mieux que de prendre la dénomination  » Ensemble  » qu’ils ont plausiblement découvert en surfant sur le Net.

J’avais alors fais savoir notre profonde désapprobation face à ce que nous, nous avions qualifié de plagiat et de tricherie.

Notre mise au point avait notamment pour objet, au-delà de la protestation, de permettre aux concernés de pouvoir faire preuve de bonne foi en procédant au changement diligent de ladite appellation. L’erreur est humaine, dit-on ! C’est persévérer dans l’erreur qui est diabolique.
Mais hélas ! cette bonne foi attendue n’a pas été au rendez-vous.

Ils ont donc, selon toutes les indications, fait le choix de persévérer dans l’erreur et cela, je le redis est catégoriquement diabolique !

Y a-t-il quelqu’un parmi les éminents journalistes qui sont ici qui ignore qu’il y a plus ou moins deux ans, un mouvement dénommé  » Ensemble  » avait été créé dans l’espace politique congolais ?

Même s’il est vrai que notre mouvement n’est pas un parti politique ou une plateforme électorale, ne mérite-t-il pas d’être considéré, respecté et protégé dans son identité ?

Moi, je suis membre d’un parti politique, le PPRD, depuis 11 ans et je ne m’en cache pas. Je le revendique même. Et je voudrais d’ailleurs profiter de cette occasion qui m’est offerte pour remercier Son Excellence Joseph KABILA KABANGE qui a bien voulu m’exprimer sa confiance en me désignant, il y a plus ou moins un mois, en qualité de Secrétaire national du PPRD.

Je mettrai tout mon savoir-faire au service d’un nouveau PPRD dans le cadre des prochaines échéances électorales ce, aux côtés du Secrétaire permanent Emmanuel RAMAZANI SHADARY et du Secrétaire général de la Majorité présidentielle, Aubin MINAKU NDJALANDJOKO.

Mais on peut être membre d’un parti et tenir un mouvement de pensée destiné à étendre le débat d’idées au-delà du parti.

Même auprès des Congolais qui n’aiment pas la politique (citer quelques exemples en France) : Ségolène Royal, Hanon, Aubry,…. Au Canada, au Sénégal, …

Déjà éloigné de l’ambition de conquérir le pouvoir d’Etat,  » Ensemble  » entend se lever au-dessus des limites politiciennes traditionnelles et recruter ses partisans sans tenir compte des clivages gauche-droite ou autres.

Il s’agit d’une vision, d’une manière d’exercer la gouvernance qui ne vise qu’à réaliser, d’une manière nouvelle les vœux du souverain primaire. Car, il est vrai, notre peuple a besoin d’un véritable électrochoc en lieu et place de crédos, de saupoudrages et autres bricolages de politiciens.

Quand nous, nous disons  » Ensemble pour des idées nouvelles et des actions innovantes « ,  » Ensemble pour un Congo qui émerge « ,  » Ensemble pour un Congo qui marche « ,  » Ensemble pour le changement des mentalités et pour une nouvelle citoyenneté « ,

Eux disent ;  » Ensemble pour le changement  » C’est de l’imitation pure et simple et à la fois de la concurrence déloyale ! Je n’ai pas d’autres qualifications pour ça !

Néanmoins en toute sportivité, je voudrais, en m’adressant à cette plateforme nouvelle qui entend briguer la magistrature suprême et ainsi devenir, en cas de victoire, le garant de toute la nation, rappeler la pensée suivante, fruit du célèbre rêve du Révérend Martin Luther King d’illustre mémoire, je cite :

 » II y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui donne accès au palais de justice : en procédant à la conquête de notre place légitime, nous ne devons pas nous rendre coupables d’agissements répréhensibles.

Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Sans cesse, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où la force de l’âme s’unit à la force physique.  » Fin de citation.

Ceux qui savent lire entre lignes ont saisi le fond de ma pensée quand je nous remets à l’esprit cette mémorable phraséologie du pasteur héroïque. Mais, croyez-moi, s’il y a dans cette affaire qui m’oppose au  » faux Ensemble « , quelque chose que je voudrais éviter à tout prix, c’est bien l’option du procès judiciaire.

Le juriste averti sait qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un beau procès ! Pour des raisons évidentes ! Mais si, au bout du compte, les imitateurs se refusent à faire amende honorable, l’alternative sera de suivre la voie montrée par le Révérend King.

Je plaiderai en droit, puis je plaiderai en politique et suivant les us et coutumes du monde associatif.

Le droit civil énonce comme principe de base de la responsabilité civile du fait personnel, je cite :  » tout fait quelconque de l’homme qui porte un dommage à autrui oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer « .

Toute personne, fût-elle ancien ministre ou ancien gouverneur de province, pour tout fait quelconque, fût-ce la seule imitation d’une dénomination même non déposée, se doit de réparer si le juge, convaincu d’un préjudice corrélatif, établit sa responsabilité directe.

Mais entre responsables, il n’y a aucun intérêt à se livrer en duel au Palais de justice. L’humilité, je le dis, est la marque des grands. Regardez ailleurs, le PS chute à la présidentielle, Lionel Jospin vient au-devant de la presse, assume l’échec, accepte sa responsabilité devant les militants et demeure un grand homme dans leur mémoire.

Beaucoup d’autres avant et après lui ont agi de même !

Ce sont là des exemples à suivre. Il suffit pour les  » Rassemblés  » d’Afrique du Sud, même s’ils ne viennent pas s’excuser devant la presse, de rectifier le tir en justifiant le choix d’une nouvelle appellation.

Celle d’ » Ensemble  » les mettant inutilement en conflit de fait et de droit avec notre Mouvement citoyen. Et ce serait, je crois, faire preuve de grandeur et d’honnêteté intellectuelle !

En droit de la propriété intellectuelle, l’on ne protège pas que les œuvres « déposées  » ! Toute œuvre de l’esprit quel qu’en soit le genre, la forme d’expression, le mérite ou la destination, est digne de protection aux conditions fixées par la loi.

A titre d’exemple, la loi considère également comme œuvre de l’esprit, les conférences, allocutions, plaidoiries, sermons, leçons, mémoires, commentaires et autres œuvres de même nature tant sous forme orale que sous forme écrite ou enregistrée (article 4 point b de l’Ordonnance-loi n°86-033 du 05 avril 1986 portant protection des droits d’auteur et droits voisins).

Par maintes conférences, à Kinshasa, à Bumba et ailleurs, notamment sur le plateau des chaînes de télévision dont Télé 50, notre Courant d’idées baptisé  » Ensemble  » a été présenté, sous forme d’exhortation publique, aux compatriotes de divers horizons. Je ne dirai rien de la publicité par des affiches, calicots, Tee-shirts et autres gadgets mis à contribution avec les marques de notre devise et de notre enseigne symbolique, qui sont tout autant des œuvres de l’esprit comme le discours explicatif d’un courant d’idées.

Aux termes de la loi susdite, l’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.

L’œuvre, ajoute la loi, est réputée créée, indépendamment de toute divulgation publique, du seul fait de la réalisation, même inachevée, de la conception de l’auteur. C’est tellement clair.

Je finis ce chapitre par la très pertinente disposition légale ci-après :  » le titre d’une œuvre de l’esprit, dès lors qu’il présente un caractère original, est protégé comme l’œuvre elle-même et doit toujours être mentionné avec le nom de l’auteur lorsque l’œuvre est diffusée publiquement.

Nul ne peut utiliser ce titre pour individualiser une œuvre du même genre, dans des conditions susceptibles de provoquer une confusion « .
Mes Chers amis,

II est vrai que les différentes normes auxquelles je viens de faire allusion sont assorties de sanctions corrélatives. Je n’entends pas en arriver jusque-là. Aussi ne voudrais- je pas non plus épiloguer sur le délit juridiquement délicat de concurrence déloyale.

Je suis intéressé à rappeler la question de l’effectivité des acteurs sociaux qui jouent souvent bien plus que la question de personnalité civile.

Je voudrais conclure mon propos en demandant à Monsieur Moïse KATUMBI de se chercher une nouvelle appellation à sa plateforme électorale afin d’éviter toute confusion avec notre mouvement  » Ensemble  » qui bénéficie de l’antériorité d’existence car créé depuis le 09 décembre 2016.

Je suis prêt à me battre jusqu’au bout pour faire triompher la vérité, la justice et même le bon sens.

Qu’on nous laisse travailler, nous avons fort à faire ! En revanche, qu’on demande aux imitateurs de compter sur la très grande richesse de la langue de Molière pour se trouver une autre appellation, à moins qu’on ne veuille puiser une dénomination originale dans le patrimoine culturel congolais. C’est permis !

Les regroupements politiques comme celui qui est né en Afrique du Sud n’ont pas besoin de statuts ni d’enregistrement officiel pour exister. Ils peuvent changer librement de dénomination sans avoir des formalités à accomplir.

De notre côté ce serait faire preuve d’inconstance, d’immaturité et de manque de vision claire que de changer d’appellation juste pour faire place aux artifices des autres.

Si nous voulons contribuer à la consolidation de l’Etat de droit, que chacun se redise mille et une fois à lui-même que charité bien ordonnée commence à la maison !

Je vous remercie.

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