mercredi , 14 novembre 2018
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Trump – Macron : Bonne entente ?

Le président américain Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron ont affiché leur bonne entente lundi à la Maison Blanche, au premier jour d’une visite chargée en symboles mais aussi en dossiers épineux, nucléaire iranien en tête. Le président Donald Trump a réservé à Emmanuel et Brigitte Macron le premier dîner d’Etat de son mandat, mardi à Washington, une soirée marquée par un protocole strict et plusieurs inconnues, comme la liste des invités.

Chaleureusement accueilli avec une embrassade par M. Trump à son arrivée, M. Macron a rejoint ce dernier dans le Bureau ovale pour une brève visite de ce lieu chargé d’histoire.

Dans une ambiance résolument décontractée, le président de la première puissance mondiale lui a notamment montré le célèbre « Resolute Desk » que « beaucoup de présidents ont utilisé », a-t-il tenu à souligner.

Accompagnés de leurs épouses, Brigitte Macron et Melania Trump, les deux dirigeants, que 30 ans séparent, se sont rendus dans les jardins de la résidence. Là, chacun une pelle dorée en main, ils ont jeté une poignée de terre sur les racines d’un jeune chêne venu d’une forêt du nord de la France où périrent plus de 2.000 Marines américains pendant la Grande Guerre.

Ils se sont ensuite envolés, à bord de l’hélicoptère présidentiel Marine One, vers Mount Vernon, demeure du premier président américain George Washington, pour un dîner privé face au Potomac, neuf mois après leur premier repas à quatre avec vue imprenable sur Paris, au deuxième étage de la Tour Eiffel.

« Nous, les Etats-Unis comme la France, avons une responsabilité toute particulière (…), nous sommes les garants du multilatéralisme contemporain. Nous avons beaucoup de décisions à prendre », avait lancé le président français à son arrivée sur la base aérienne d’Andrews, dans une brève allocution en anglais, puis en français.

Peu avant, le couple Macron a visité le célèbre monument Lincoln, à l’effigie du seizième président des Etats-Unis, profitant de cette balade pour s’octroyer un petit bain de foule.

Amitié inattendue

« Après des mois de préparation, POTUS et moi avons hâte de recevoir la France pour notre premier dîner d’Etat! », avait de son côté tweeté Melania Trump, en publiant une vidéo la montrant en train de veiller aux préparatifs du dîner d’Etat mardi soir à la Maison Blanche. Au menu: tourte au fromage de chèvre, agneau et oignons Soubise, tarte aux nectarines et crème fraîche glacée.

L’amitié inattendue entre ces deux présidents aux positions souvent aux antipodes devrait être mise à l’épreuve à compter de mardi, quand démarreront les discussions de fond.

Le président français espère en effet infléchir son hôte, qu’il a en janvier qualifié d' »imprévisible », sur plusieurs sujets de discorde.

En premier lieu il veut le convaincre de maintenir l’accord sur le nucléaire iranien, que Donald Trump a promis de « déchirer » en campagne. Il cherchera aussi à le persuader de laisser ses troupes en Syrie et d’exempter l’UE de taxes douanières sur l’acier et l’aluminium.

Pour préparer le terrain, M. Macron a énuméré ses arguments dimanche sur Fox News, chaîne que regarde assidûment son hôte.

Hors de l’accord de 2015, « il n’y a pas de plan B » pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, a-t-il plaidé. Et sur la Syrie, si les Occidentaux se retiraient brutalement, l’Iran occuperait le terrain et le retrait attirerait de nouveaux terroristes, a-t-il plaidé.

Londres et Paris à l’unisson

Le dirigeant français a reçu lundi deux renforts de poids sur la question iranienne. La Chine et la Russie ont annoncé qu’elles bloqueraient toute tentative de « saboter » l’accord nucléaire signé en 2015 avec l’Iran et jugé « inacceptable » toute révision de ce texte fruit d’années d’efforts diplomatiques.

L’accord conclu par les grandes puissances avec Téhéran pour l’empêcher de se doter de l’arme atomique est « l’une des plus grandes réalisations de la diplomatie internationale ces dernières années » et « toute révision de ce document est inacceptable », a martelé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Et juste avant son arrivée aux Etats-Unis, le chef de l’Etat français s’est entretenu lundi matin avec Vladimir Poutine, qu’il rencontrera le 24 mai, pour évoquer notamment la nécessité de préserver l’accord.

Londres aussi a apporté lundi de l’eau à son moulin. Boris Johnson, le chef de la diplomatie britannique, a souligné qu’entre la France et la Grande-Bretagne il n’y avait « pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes » sur le sujet et que l’accord devait être préservé.

De son côté Téhéran a averti samedi que l’Iran reprendrait « vigoureusement » l’enrichissement d’uranium en cas de rupture de l’accord, première étape pour fabriquer l’arme atomique.

Mais dans l’éventualité où Washington se retirerait, les autres signataires occidentaux réfléchissent déjà à la façon de maintenir l’accord dans une « version non-US », a expliqué Boris Johnson. Paris se refuse pour l’instant à évoquer publiquement un tel scénario.

DÎNER D’ETAT À WASHINGTON

Le président Donald Trump a réservé à Emmanuel et Brigitte Macron le premier dîner d’Etat de son mandat, mardi à Washington, une soirée marquée par un protocole strict et plusieurs inconnues, comme la liste des invités.

Rompant avec la tradition, M. Trump a convié très peu de membres du Congrès et aucun représentant de la presse. Plus d’une centaine de personnes doivent prendre part à ce repas officiel, aux tonalités printanières et au menu très américain, que détaille la Maison Blanche dans un communiqué.

Le dernier dîner d’Etat pour un président français date de 2014, lorsque François Hollande avait été reçu par Barack et Michelle Obama.

Le décorum

Le code couleur choisi par Melania Trump est « crème et or » pour cette soirée dans la salle de dîner d’Etat, située au rez-de-chaussée de la Maison Blanche, côté ouest. La vaisselle est en porcelaine et date des présidences de Bill Clinton et de George W. Bush. Les couverts, des maisons Tiffany et S. Kirk and Sons, viennent de la collection de la Maison Blanche.

Plus de 2.500 pois de senteur et un millier de lilas vont être disposés dans la salle alors que le hall d’entrée est paré de 1.200 branches de cerisiers en fleurs.

L’orchestre de l’Opéra national de Washington est chargé de l’animation musicale.

Le menu

Le chef de la Maison Blanche, Cristeta Comerford présente une « vitrine des meilleures cuisines et traditions américaines, avec des nuances d’influence française ».

En entrée, les invités vont goûter une tarte au fromage de chèvre accompagnée de confiture de tomate, d’un crumble de biscuit au lait de beurre et de jeune laitue colorée. Les légumes viennent du potager de la Maison Blanche.

Le plat proposera des côtelettes d’agneau pascal accompagné d’un jambalaya de riz doré de Caroline, cuisiné dans la tradition de la Nouvelle-Orléans avec des spécialités cajun – céleri, piments et oignons – et des petits oignons braisés.

Une tarte aux nectarines infusée de miel de la Maison Blanche et accompagnée d’une glace à la crème fraîche sera servie en dessert.

Les vins

Même si M. Trump est connu pour ne pas boire d’alcool, il offre une sélection de vins qui « symbolise l’amitié historique » entre les deux pays remontant à la Révolution américaine: en blanc, un Domaine Serene Chardonnay « Evenstad Reserve » 2015, un cépage originaire de Bourgogne et cultivé dans l’Oregon.

Le rouge est un Domaine Drouhin Pinot Noir « Laurène » 2014, également de l’Oregon. Pour le dessert, la Maison Blanche présente un « Crémant » demi-sec Schramsberg dont « la douceur subtile et l’effervescence crémeuse en fait l’accompagnement parfait d’une tarte aux nectarines ».

Les invités

La liste officielle sera dévoilée juste avant le dîner, comme la tenue de Melania Trump. La presse fait état d’environ 120 convives, dont un seul démocrate, le gouverneur de l’ancienne colonie française de Louisiane, John Bel Edwards.

La directrice générale du FMI, la Française Christine Lagarde, est également invitée, comme le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan.

DES DISCUSSIONS DÉLICATES

Le président français, accompagné de son épouse, ont atterri peu après 13H00 locales (19H00 heure de Paris) sur la base aérienne d’Andrews. M. Macron doit s’exprimer devant la presse avant de se rendre à la Maison-Blanche où l’accueillera le couple Trump.

« Après des mois de préparation, POTUS (president of the United States) et moi avons hâte de recevoir la France pour notre premier dîner d’Etat ! », a tweeté Melania Trump, en publiant une vidéo qui la montre en train de veiller aux préparatifs du dîner d’Etat mardi soir à la Maison-Blanche.

Cette visite de trois jours démarre lundi par un acte d’amitié symbolique: les deux présidents planteront dans les jardins de la Maison-Blanche un jeune chêne offert par M. Macron. L’arbre vient d’une forêt du nord de la France où périrent plus de 2.000 Marines américains pendant la Grande Guerre, lors d’une bataille sanglante contre l’armée allemande.

Pour prolonger ce rappel historique de l’entraide franco-américaine, les deux couples dînent lundi soir à Mount Vernon, la demeure de George Washington, premier président américain et grand ami du marquis de Lafayette, le Français le plus connu en Amérique.

Mais l’amitié inattendue entre les deux présidents que séparent plus de 30 ans et des positions souvent aux antipodes sera mise à l’épreuve les jours suivants, quand démarreront les discussions de fond.

Le président français espère en effet infléchir son hôte, qu’il a en janvier qualifié d' »imprévisible », sur plusieurs sujets de discorde.

En premier lieu, il veut le convaincre de maintenir l’accord sur le nucléaire iranien, que Donald Trump envisage de rompre. Il cherchera aussi à le persuader de laisser ses troupe en Syrie et d’exempter l’UE de taxes douanières sur l’acier et l’aluminium.

Pour préparer le terrain, M. Macron a énuméré ses arguments dimanche sur Fox News, chaîne que regarde assidûment son hôte.

Hors de l’accord de 2015, « Il n’y a pas de plan B » pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, a-t-il plaidé. Et sur la Syrie, si les Occidentaux se retiraient brutalement, l’Iran occuperait le terrain et le retrait attirerait de nouveaux terroristes, a-t-il plaidé.

Appuis

Le dirigeant français a reçu lundi deux renforts de poids sur la question iranienne. La Chine et la Russie ont annoncé qu’ils bloqueraient toute tentative de « saboter » l’accord nucléaire signé en 2015 avec l’Iran et jugé « inacceptable » toute révision de ce texte fruit d’années d’efforts diplomatiques.

L’accord conclu par les grandes puissances avec Téhéran pour l’empêcher de se doter de l’arme atomique est « l’une des plus grandes réalisations de la diplomatie internationale ces dernières années » et « toute révision de ce document est inacceptable », a martelé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, à l’issue d’une entrevue à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi.

Et juste avant son arrivée aux Etats-Unis, le chef de l’Etat français s’est entretenu lundi matin avec Vladimir Poutine, qu’il rencontrera le 24 mai, pour évoquer notamment la nécessité de préserver l’accord.

Londres aussi a apporté lundi de l’eau à son moulin. Boris Johnson, le chef de la diplomatie britannique, a souligné qu’entre la France et la Grande-Bretagne il n’y avait « pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes » sur le sujet et que l’accord devait être préservé.

De son côté Téhéran a averti samedi que l’Iran reprendrait « vigoureusement » l’enrichissement d’uranium en cas de rupture de l’accord, première étape pour fabriquer l’arme atomique.

Mais dans l’éventualité où Washington se retirerait, les autres signataires occidentaux réfléchissent déjà à la façon de maintenir l’accord dans une « version non-US », a expliqué Boris Johnson. Paris se refuse pour l’instant à évoquer publiquement un tel scénario.

[Afp]

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