lundi , 23 juillet 2018
Accueil / International / Amérique / Toronto : Aucun motif permettant d’expliquer le geste du chauffeur

Toronto : Aucun motif permettant d’expliquer le geste du chauffeur

Dernière mise à jour, le 25 avril 2018 à 07:01

Un homme fonçant au volant d’une camionnette a fait neuf morts et 16 blessés lundi en plein centre-ville de Toronto, a annoncé la police de la métropole canadienne qui a interpellé le suspect quelques centaines de mètres plus loin. La scène de crime semble interminable. A Toronto, sur près de deux kilomètres jonchés de cadavres, de débris et même d’une paire de chaussures abandonnées.

Un homme fonçant au volant d’une camionnette a fait neuf morts et 16 blessés lundi en plein centre-ville de Toronto, la capitale financière du Canada, a annoncé la police de la métropole canadienne qui a interpellé le suspect quelques centaines de mètres plus loin.

Quelques heures après le drame, les autorités n’avaient donné aucun motif permettant d’expliquer le geste du chauffeur.

Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique, a évoqué « une horrible attaque » sur son compte Twitter. « A ce stade, aucune conclusion ne peut être tirée. La police mène son enquête », avait-il déclaré auparavant.

« Nous pouvons confirmer que neuf personnes sont mortes et 16 ont été blessées », a déclaré Peter Yuen, chef adjoint de la police de Toronto lors d’une conférence de presse.

« La camionnette qui a renversé plusieurs piétons autour des rues Yonge et Finch de Toronto a été localisée et le chauffeur a été arrêté », avaient annoncé les forces de l’ordre un peu plus tôt.

Dix personnes ont été admises aux urgences de l’hôpital Sunnybrook, « deux ont été prononcées mortes » à leur arrivée, a indiqué le Dr Dan Cass. « Cinq personnes sont dans un état critique », a ajouté ce responsable hospitalier.

C’est vers 13H27 locales (17H27 GMT) qu’une camionnette blanche de location a soudainement emprunté de larges trottoirs de la rue Yonge, artère commerçante fréquentée de la plus grande ville canadienne, où de nombreux piétons flânaient à l’heure du déjeuner sous un soleil radieux.

Le véhicule bélier a ensanglanté la rue Yonge sur deux kilomètres: « Le conducteur faisait des zigzags, sur le trottoir, sur la chaussée, il continuait à rouler », a décrit à l’AFP Rocco Cignielli.

La camionnette s’est finalement immobilisée, l’avant de la carrosserie endommagé. Son conducteur, un homme corpulent apparaît sur des images diffusées sur les réseaux sociaux, debout, au côté de la camionnette, faisant face avec agressivité à un policier armé.

« Il y avait un policier et l’homme avait une arme à la main, les deux pointant leur arme sur l’autre », a raconté Carlos, un témoin, sur la chaîne CTV News.

Le conducteur relâche finalement ce qu’il tient en main puis est maîtrisé et menotté sur le capot de la voiture de police, avant d’être emmené.

L’enquête sera longue

« J’ai d’abord pensé à une livraison, mais il allait très vite, sur le trottoir », raconte Nana Agyeman-Badu, un chauffeur de 56 ans. Il voit alors une femme se faire projeter contre un abribus, dont « les vitres éclatent en morceaux et s’effondrent » sur la victime, inconsciente, continue cet homme qui se porte ensuite à son secours.

Mais la camionnette poursuit sa course, « encore, encore et encore ».

Elle renverse une bouche à incendie, des distributeurs de journaux. Plus loin, au milieu de la rue, une paire de baskets sont encore à même le sol, à quelques mètres d’un corps recouvert d’une couverture. « Elles appartiennent à la victime », glisse un policier.

Des ambulances et des véhicules de police ont rapidement été déployées et le secteur a été bouclé par les forces de l’ordre.

Cette partie de la capitale économique canadienne « va être fermée pour plusieurs jours (car) l’enquête sera longue avec plusieurs témoins à entendre et beaucoup d’images de caméras de surveillance à regarder », a averti Peter Yuen.

« Nos pensées sont avec tous ceux affectés », a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau devant la Chambre des Communes avant de connaître le bilan.

« Pour le moment, nous n’avons pas connaissance de ce qui s’est passé ou de ce qu’il y a derrière. (…) Mes pensées sont avec ceux qui ont été frappés par cet évènement et avec les secouristes », a déclaré le maire de la plus grande ville canadienne, John Tory.

Cet accident intervient alors que Toronto accueille une réunion des ministres de la Sécurité publique du G7, après avoir été l’hôte ce week-end de la rencontre des ministres des Affaires étrangères des sept pays les plus industrialisés (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada).

Ces faits rappellent les modes opératoires d’attaques à la voiture bélier dans plusieurs grandes villes, comme à New York, Barcelone, Londres, Nice, Paris, Berlin ou Stockholm, où des éléments radicaux à bord de véhicules ont fauché mortellement des piétons.

La police n’a toutefois pas précisé jusqu’à présent les motivations du conducteur de la camionnette blanche de Toronto.

Comme d’autres pays, le Canada a été la cible d’attaques à caractère jihadiste même si le nombre de victimes y a été moins important.

En octobre dernier, un homme avait agressé à l’arme blanche un policier avant de renverser et de blesser quatre piétons avec une camionnette à Edmonton, dans l’Ouest canadien.

Au Québec, en octobre 2014, un Canadien avait renversé avec son véhicule deux militaires sur un parking, dont un avait été tué. L’homme avait ensuite été abattu par des policiers alors qu’il cherchait à les attaquer avec un couteau.

DEUX KILOMÈTRES JONCHÉS DE CADAVRES

La scène de crime semble interminable. A Toronto, sur près de deux kilomètres jonchés de cadavres, de débris et même d’une paire de chaussures abandonnées, une camionnette blanche a semé lundi la mort en pleine journée et en pleine ville.

« J’ai entendu crier, hurler, je me suis retourné et j’ai vu cette camionnette descendre la rue », raconte Rocco Cignielli. « Le conducteur faisait des zigzags, sur le trottoir, sur la chaussée, il continuait à rouler. »

Cet homme de 42 ans, qui travaille dans le service clients d’une enseigne commerciale, voit alors des blessés sur le sol: « On leur faisait des massages cardiaques, deux d’entre eux sont morts là, sous mes yeux ».

Il pointe du doigt des corps qui, deux heures plus tard, sont encore sur le trottoir, recouverts d’un drap d’un orange éclatant sous le soleil printanier de la capitale économique du Canada.

Il y en a plusieurs autres tout au long de la rue Yonge, bordée sur deux kilomètres par un ruban jaune estampillé « Police – Do not cross » (Police – Interdiction de passer).

La fourgonnette-bélier a fait neuf morts et seize blessés, selon un premier bilan de la police.

Il est peu après 13H00 lundi quand le véhicule s’élance à toute vitesse sur le trottoir de cette artère commerçante, dans un quartier de tours résidentielles dans le nord de Toronto. Il percute d’emblée des passants, retourne sur la chaussée, traverse pour prendre la rue en contre-sens.

Pas un accident

Nana Agyeman-Badu, un chauffeur de 56 ans, vient de déposer un client. Il voit la camionnette foncer vers le Sud, direction le centre-ville à une dizaine de kilomètres de là, où se tient une réunion ministérielle du G7, les sept pays les plus industrialisés.

« J’ai d’abord pensé à une livraison, mais il allait très vite, sur le trottoir », se souvient-il. Il voit alors une femme se faire projeter par le véhicule-bélier contre un abribus, dont « les vitres éclatent en morceau et s’effondrent » sur la victime, inconsciente, continue cet homme qui se porte ensuite à son secours.

Mais la camionnette poursuit sa course, « encore, et encore et encore ».

Elle renverse une bouche à incendie jaune, des distributeurs de journaux. Plus loin, au milieu de la rue, une paire de baskets sont encore à même le sol, à quelques mètres d’un cadavre. « Elles appartiennent à la victime », glisse un policier.

« Je l’ai vu conduire comme un fou sur tous ces gens », lance un autre témoin, qui pense alors instantanément à « ce qui s’est passé à Londres, à Nice », où des attentats jihadistes ont fait de nombreux morts avec un mode opératoire similaire.

A Toronto, en l’absence encore d’une piste avancée par les enquêteurs, la foule accourt pour voir la scène et se perdre en conjectures.

« C’est un carrefour très dangereux », dit une femme en observant les dizaines de véhicules de police et de secours qui barrent les rues, gyrophares allumés. « Ce n’est pas un accident », la coupe un passant, tandis que d’autres entament une discussion sur l’origine présumée du conducteur, qui a été arrêté par la police.

[Afp]

A lire aussi

3ème mandat de « Kabila » : Le peuple congolais doit recourir à l’article 64 de la Constitution pour sauver la RDC

Dans un document daté du 14 juillet 2018 et intitulé « Manifeste des universitaires congolais …

Laisser un commentaire