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RDC : Katumbi doit répondre aux exigences des articles 103 et 104 de la Constitution

Dernière mise à jour, le 22 avril 2018 à 09:44

La question de nationalité et les dossiers judiciaires de Katumbi n’ont, à ce jour, connu de traitement que le débat politico médiatique. Avec ce détail qu’il a eu pour première conséquence d’éveiller l’attention du Procureur Général de la République (PGR) qui a, d’ores et déjà, ouvert une information judiciaire sur le dossier de nationalité de Katumbi au regard des dispositions de la Constitution et de la loi sur la nationalité. Au fait, l’enjeu de la question se joue à présent entre le PGR et le concerné, Moïse Katumbi. Aujourd’hui c’est l’organe de la loi qui a pris l’initiative de chercher à voir clair dans cette démarche et il reviendra à Katumbi de se justifier sur ce qui lui est reproché. « Le statut de citoyen en Italie est généralement enregistré par les mairies locales ». Raison, certainement, pour laquelle cette nationalité est restée secrète pendant plus de seize années avant d’être dévoilée aujourd’hui. En effet, « Dans une vidéo diffusée lundi, Katumbi a déclaré que personne ne pouvait contester sa nationalité congolaise, mais n’a pas nié avoir détenu la nationalité italienne », peut-on encore lire dans la dépêche de Reuters. A la place, il botte en touche et évoque plutôt ses origines et sa lignée royale qui n’ont aucun rapport avec la question de nationalité. Chose curieuse, depuis l’éclatement de cette affaire Olivier Kamitatu, porte-parole de Moïse Katumbi, ne s’est jamais exprimé officiellement, à part quelques tweets dans la même veine que les autres sorties des Kyungu, Sesanga, Francis Kalombo ou celle, plus péremptoire, de Christophe Lutundula. Reuters témoigne que « le porte-parole de Katumbi n’a pas répondu aux multiples demandes de commentaires sur la nationalité de son patron ». Pourtant, cette question de nationalité est revenue dans le débat politique en RDC à l’initiative du même Olivier Katumbi qui avait fait état de la nationalité de Samy Badibanga lorsqu’il venait d’être nommé Premier ministre pour le compte de l’opposition. En son temps, Kamitatu pensait avoir frappé dur pour ébranler l’édifice de l’accord politique signé à la cité de l’Union africaine aux fins d’un second round des négociations. Aujourd’hui, cependant, c’est son propre patron qui est pris dans la même tourmente de la nationalité et c’est en ce moment que son propre porte-parole qui se tait dans toutes les langues.

Trêve de débat politique et politicien, place à présent au droit. Puisqu’il se dit éligible à la candidature pour la présidentielle, Moïse Katumbi va devoir franchir deux caps s’il ne veut pas régulariser sa situation avant : répondre aux exigences des articles 103 et 104 de la Constitution qui lui exigent de produire, notamment, un certificat de nationalité et un extrait de casier judiciaire en cours de validité. Tout ce que seul à Congolais qui n’est pas un repris de justice peut produire…

Sans désemparer malgré la grosse hypothèque qui pèse sur ses ambitions politiques avec « sa » nationalité italienne, Moïse Katumbi Chapwe continue de tisser sa toile et à ménager sa monture pour le rendez-vous d la présidentielle 2018. Malgré aussi l’hypothèque sur son projet de société attaqué à Paris par Noël Tshiani qui se plaint de plagiat sur son programme à lui, Katumbi s’est confectionné une équipe de campagne censée couvrir l’ensemble du territoire nationale.

A Lubumbashi, Gabriel Kyungu chauffe déjà le pavé. Le week-end dernier, il a harangué les inconditionnels du Président de Mazembe venus en nombre comme on pouvait s’y attendre. Et dans un élan de détermination « Ensemble » se pare déjà pour la grande offensive vers les électeurs dans une pré-campagne qui promet des étincelles tellement le verbe, ici, est empreint d’imprécations de tous genres comme pour exorciser un mal qui hante sérieusement les esprits.

Il ne reste pas moins qu’après les passes d’armes politiciens par médias interposés, Katumbi et les siens, qui ont vidé leur sac de dénégations quant à sa perte de la nationalité congolaise qui le disqualifie de toute ambition politique en RDC, il ne reste donc pas moins que l’hypothèque, à ce jour, reste entière. En effet, la question de nationalité et les dossiers judiciaires de Katumbi n’ont, à ce jour, connu de traitement que le débat politico médiatique. Avec ce détail qu’il a eu pour première conséquence d’éveiller l’attention du Procureur Général de la République qui a, d’ores et déjà, ouvert une information judiciaire sur le dossier de nationalité de Katumbi au regard des dispositions de la Constitution et de la loi sur la nationalité.

Au fait, l’enjeu de la question se joue à présent entre le PGR et le concerné, Moïse Katumbi. Aujourd’hui c’est l’organe de la loi qui a pris l’initiative de chercher à voir clair dans cette démarche et il reviendra à Katumbi de se justifier sur ce qui lui est reproché. Et ici il n’aura besoin ni de ses lieutenants d’« Ensemble », ni des militants qui l’adulent. Ceci d’autant plus qu’à ce jour, tous ceux qui continuent à soutenir que Katumbi détient la nationalité congolaise, y compris lui-même, n’osent pas aborder l’autre versant de la nationalité italienne qu’il avait acquise pour y renoncer 17 années plus tard sans recouvrer la congolaise par les voies prévues par la loi.

Dans tous les cas, Moïse Katumbi est bien obligé de clarifier cette situation avant le dépôt des candidatures. L’article 104 de la loi électorale prévoit que tout candidat à l’élection présidentielle doit produire, entre autres, des documents suivants : un certificat de nationalité, un extrait de casier judiciaire ainsi qu’une photocopie de la carte d’électeur. Or, dans son cas, l’obtention de tous ces documents est subordonnée à la clarification de ses dossiers sur sa nationalité et devant les cours et tribunaux à Lubumbashi.

C’est seulement après avoir clarifié cette situation, que Katumbi pourra se mirer dans l’article 103 de la même Constitution qui subordonne toute candidature à quelques conditions, notamment : être de nationalité congolaise d’origine et jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques.

[PDM/congovirtuel.org]

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