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RDC : Sale temps pour la machine à voter

Dernière mise à jour, le 19 avril 2018 à 07:51

« Le CLC attire l’attention des partenaires sur le fait que le manque de confiance des électeurs dans l’institution organisatrice des élections demeure un sujet plus que préoccupant qui exige une solution urgente. Il demande à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de retirer immédiatement son projet de machine à voter qui risque de plonger le pays dans un cycle inutile de violences », indique le CLC dans un communiqué publié le week-end. Sale temps pour la machine à voter que les responsables de la CENI tentent d’imposer à tout prix pour les scrutins du 23 décembre 2018.

Le Comité laïc de Coordination (CLC) craint un probable déraillement du cycle électoral. Alors que la Céni est l’objet de vives critiques sur l’usage aux prochains scrutins de la machine à voter, le CLC demande vivement à la centrale électorale d’écarter cette option pour lever le doute sur la transparence des élections à venir.

« Le CLC attire l’attention des partenaires sur le fait que le manque de confiance des électeurs dans l’institution organisatrice des élections demeure un sujet plus que préoccupant qui exige une solution urgente. Il demande à la CENI de retirer immédiatement son projet de machine à voter qui risque de plonger le pays dans un cycle inutile de violences », indique le CLC dans un communiqué publié le week-end.

Le CLC estime que la Céni n’est plus un partenaire crédible pour des élections apaisées. Il prend pour preuve « le non-respect de son propre calendrier des grandes dates à retenir, par l’absence de publication, le 26 mars 2018, de la liste des regroupements des partis politiques devant participer aux élections. A cette date, nous avons assisté au dépôt d’une brochure au Président de la CENI par le ministre de l’Intérieur et non à la publication de la liste comme convenu. Par ailleurs, le refus de la CENI de révéler le contenu de ladite brochure jette un doute sur l’acte posé; l’entêtement à imposer la machine à voter, une technologie décriée sur le plan national et international, acquise de surcroît dans des conditions non transparentes; la marginalisation du collège des experts internationaux qui doit accompagner la démarche de la CENI dans toutes ses étapes ».

Le CLC n’épargne pas non plus le gouvernement qu’il juge responsable du pourrissement de la crise politique. A cet effet, le CLC note particulièrement que le gouvernement se distingue par « la non libération des prisonniers politiques et d’opinion et le refus de mettre un terme aux poursuites judiciaires injustifiées mentionnées dans l’Accord; l’interdiction persistante des manifestations publiques, l’absence de libéralisation des espaces d’expression démocratiques et médiatiques, et la persistance des mandats d’amener lancés contre les membres du CLC activement recherchés: tant de mesures qui auraient dû être prises à dater de la publication de la Résolution du Conseil de Sécurité du 27 mars 2018 ».

Dans ces conditions, le CLC craint que le processus électoral ne soit biaisé dès le départ, dans la mesure où tous les acteurs au processus n’ont pas la même chance de concourir.

Le CLC qui n’hésite à nommer le coupable, en l’occurrence la Céni et le gouvernement « attire l’attention des partenaires sur le fait que le manque de confiance des électeurs dans l’institution organisatrice des élections demeure un sujet plus que préoccupant qui exige une solution urgente ».

Attaché à sa trêve qui expire le 30 avril prochain, le CLC réitère son interpellation à toutes les parties prenantes à s’organiser pour aboutir avant cette date « à l’assainissement de l’environnement préélectoral pour garantir l’égalité des chances à tous les candidats potentiels dans les compétitions électorales à venir ». « Il y va de l’intérêt de tous », prévient le CLC.

Des informations négatives sur la machine à voter

Sale temps pour la machine à voter que les responsables de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) tentent d’imposer à tout prix pour les scrutins du 23 décembre 2018. En effet, pas une semaine ne se passe sans que des informations négatives tombent à propos de la machine à voter.

Juste la semaine dernière, la Commission électorale sud-coréenne a révélé avoir saisi la justice de son pays à propos des malversations dans la passation de marché des machines à voter entre le responsable d’A-Web, une association mondiale des commissions électorales basée en Corée du Sud, le fabriquant Miru Systems et la Céni.

Il s’ensuit qu’un procès va avoir lieu dans les prochains jours en Corée du Sud sur les contours flous de l’attribution du marché de la machine à voter. Avant ces révélations de la commission électorale sud-coréenne, c’est l’ambassadeur de Corée du Sud à Kinshasa qui a révélé que le gouvernement congolais a été tenu informé des réserves de Séoul sur l’utilisation de la machine à voter.

Dans cette correspondance divulguée par Jeune Afrique, Séoul dit expressément « craindre des risques de fraude » dans l’utilisation en RDC de cette machine à voter. Du coté du gouvernement congolais, c’est le silence radio jusqu’à ce jour.

C’est dans ces entrefaites que le président de la Ceni est intervenu, le week-end dernier sur France 24, pour tenter d’éclairer la lanterne de l’opinion tant nationale qu’internationale sur toutes ces révélations autour de la machine à voter.

« On peut tricher avec ou sans la machine à voter », dixit Corneille Nangaa sur la chaîne française. On pouvait tout entendre de l’actuel président de la Céni mais pas une telle bourde qui jette le discrédit sur la Centrale électorale. Comme disent les saintes écritures : « la bouche ne parle que de l’abondance du cœur ». Cette déclaration serait-elle révélatrice de tous les soupçons de tricherie qu’on ne cesse d’imputer à la Céni depuis toujours ?

En tout cas, il faut prendre au sérieux ces déclarations venant d’un expert qui est à la Céni depuis 2006. Sacré Nangaa. En cherchant à tout prix à imposer la machine à voter, l’expert de la Céni se perd dans des propos qui réveillent des démons de soupçons qui sommeillent en lui.

L’Angleterre tient à l’organisation des élections crédibles et transparentes le 23 décembre 2018

Au cours de la conférence de presse organisée, jeudi 12 avril, à la résidence de l’Ambassadeur de Grande Bretagne en RD. Congo que Madame Harriett Baldwin, Ministre Britannique pour l’Afrique a déclaré que son pays tient à l’organisation des élections crédibles et transparentes le 23 décembre 2018. Celles-ci, avec ou sans machine à voter. En outre, elle a exigé l’ouverture de l’espace politique pour la bonne tenue de ces élections qui permettront l’aboutissement de la première transition pacifique et démocratique du pouvoir jamais réalisée en RDC. Au sujet de la conférence humanitaire de Genève, elle dit s’est consternée par la non participation du Gouvernement congolais à ce forum. Toutefois, la Grande Bretagne, a-t-elle soutenu, va y participer. Ci-dessous, l’intégralité de la déclaration de la Ministre Britannique pour l’Afrique.

DECLARATION DE LA MINISTRE BRITANNIQUE POUR L’AFRIQUE, HARRIETT BALDWIN, A LA CONFERENCE DE PRESSE DU 12 AVRIL 2018 A KINSHASA

Je suis ravie d’être ici en République Démocratique du Congo en tant que Ministre du Royaume-Uni pour l’Afrique.

Le Royaume-Uni est un partenaire de longue date de la RDC et nous nous sommes engagés à travailler en partenariat avec le pays en vue d’un avenir meilleur pour tous les congolais.

Je suis heureuse d’avoir pu renforcer davantage notre amitié et discuter de comment nous pouvons travailler ensemble pour améliorer la sécurité et la protection des droits de l’homme, pour stimuler le développement et ouvrir des opportunités pour les entreprises et le commerce.

Il est vital d’avoir une RDC stable et prospère, non seulement pour les gens qui vivent ici, mais aussi pour l’ensemble de la région et pour le Royaume-Uni.

Lors de ma visite, j’ai personnellement touché du doigt les défis auxquels fait face la RDC.

La situation humanitaire actuelle est choquante, avec des millions de personnes ayant désespérément besoin de vivres, d’eau, de médicaments et d’un endroit sécurisé pour vivre. Nous partageons tous la responsabilité de veiller à ce que davantage de soutien soit apporté pour éviter des milliers de décès évitables.

Le Royaume-Uni est un principal bailleur de fonds de la RDC. J’ai vu de moi-même cette semaine l’impact réel sur la qualité de vie, que ce soutien a sur certaines des personnes les plus vulnérables du Congo.

C’est pourquoi je suis heureuse d’annoncer ce jour une augmentation de 31 millions de dollars d’aide à la réponse humanitaire du Royaume-Uni, ce qui assurera à 390.000 personnes additionnelles l’accès à l’eau potable, à 240.000 personnes des services de santé essentiels et à 85.000 personnes une assistance permettant de satisfaire des besoins urgents en vivres et de base.

Mais l’aide humanitaire internationale doit être utilisée efficacement. La responsabilité de s’assurer que l’aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin incombe en définitive au Gouvernement de la RDC. La Communauté Internationale est là pour soutenir et renforcer une telle réponse. Comme les années précédentes, le Gouvernement de la RDC a été tenu informé et a eu l’opportunité de participer à toutes les étapes préparatoires du Plan de réponse humanitaire de l’ONU qui oriente l’appel actuel lancé par l’ONU. Une coopération efficace entre la Communauté Internationale et le Gouvernement de la RDC conformément aux normes internationales, doit se poursuivre.

Les défis d’ordre sécuritaire, en particulier dans les régions de l’Est et centrales du pays sont complexes et inquiétants. C’est pour cette raison que le Royaume-Uni continue d’apporter son soutien à la MONUSCO. Cependant, derrière la situation humanitaire et sécuritaire se dresse l’impasse politique actuelle. Il est essentiel que des élections crédibles, constitutionnelles et inclusives se tiennent en décembre 2018. Comme la Communauté Internationale l’a clairement fait savoir, la mise en œuvre intégrale de l’Accord de Saint Sylvestre de 2016, qui engage toutes les parties à la tenue des élections fixées au 23 décembre 2018, est essentielle. Ces élections doivent être crédibles et constitutionnelles et aboutir à la première transition pacifique et démocratique du pouvoir jamais réalisée en RDC. Le monde est prêt à investir en RDC, en ses habitants et son économie. C’est seulement grâce aux élections que nous allons poser les bases de cette croissance future et de la stabilité qui assureront un avenir plus prospère pour tous les congolais.

[avec lePotentiel]

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Un commentaire

  1. Une campagne à lAméricaine mais en RDC où 95% de la population vie mal et souffre amerment sans aucune assistance sociale, et votre campagne à lAméricaine qui ne changera jamais la situation de cette population. PPRD vous avez tout les postes du pays avec votre Kabila dont vous naviez jamais changé la situation de ce peuple. Une campagne à lAméricaine ne signifie non plus que cette population que vous avez endeuillé votera pour vous les PPRD. Du moins comme vous musiez sur votre machine à triché qui votera pour vous, et sans cette machine et les votes soit à bulletin secret vous êtes mort et vous ne pouvez pas existé Nous vous le promet, et le peuple ne plus comme vous le pensez.

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