lundi , 24 septembre 2018
Accueil / Société / Armée et Police / RDC : Une rançon a été versée aux ravisseurs pour libérer l’Abbé Célestin NGANGO

RDC : Une rançon a été versée aux ravisseurs pour libérer l’Abbé Célestin NGANGO

L’abbé Célestin Ngango, curé de la paroisse de Karambi, dans le diocèse de Goma, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a étè libéré le jeudi 5 avril indique la Cenco dans un communiqué. Il avait été a été kidnappé dimanche 1er avril, jour de Pâques, par des hommes armés encore non identifiés. Il revenait de la messe de la Résurrection lorsqu’il a été intercepté sur la route de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, par des assaillants. Ceux-ci ont exigé de lui la conséquente somme de 500 000 dollars, a indiqué l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco (conférence épiscopale nationale du Congo). «Après le kidnapping, les paroissiens s’étaient fortement mobilisés et sont allés dans la brousse tenter en vain de retrouver leur curé», précisent les évêques congolais dans le communiqué. «Le prêtre relâché n’a pas été maltraité et se trouve visiblement en bonne santé» indiquent-ils. L’abbé Louis de Gonzague Nzabanita, vicaire général du diocèse de Goma, a dèclaré à l’AFP qu’une rançon a été versée aux raviseurs, sans en préciser le montant. Trois autres civils enlevés ont été «exécutés» par leurs ravisseurs, a appris vendredi l’AFP auprès de la société civile. Selon l’abbé Nzabanita, l’Église a mené «seule» les démarches pour la libération du prêtre «sans assistance des autorités».

Dans le territoire de Rutshuru du Nord-Kivu, les enlèvements de prêtres, d’enfants, d’hommes et de femmes en échange de rançons sont fréquents, comme dans la plupart des territoires de l’est de la RDC où sévissent une centaine de groupes armés. En moins d’une semaine, dix personnes ont été enlevés dans ce territoire du Rutshuru dans le Nord-Kivu, selon un communiqué du centre d’études pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’homme (Cepadho).

En février dernier, le père Sébastien Yebo, curé d’une paroisse en périphérie de Kinshasa avait été enlevé dans la capitale. Par ailleurs, la Cenco a indiqué être toujours sans nouvelles de cinq prêtres. Les pères assomptionnistes Jean-Pierre Ndulani, Edmond Kisughi et Anselme Wasukundi, enlevés le 19 octobre 2012 dans le territoire de Beni, ainsi que les abbés Jean-Pierre Akilimali et Charles Kipasa, enlevés le 17 juillet 2017. Face à ces diparitions, «l’épiscopat congolais demande aux autorités compétentes de prendre leur responsabilité en mains en assurant la protection des citoyens et de leurs biens dans tout le pays, particulièrement dans le Nord et le Sud-Kivu, ainsi que dans l’Ituri».


Abbe Ngango kidnappé à Rutshuru

03/04/2018 – 1er avril, un dimanche de Pâques inoubliable et amer pour le prêtre catholique, Monsieur l’Abbé Célestin Ngango, le curé de la Paroisse de Karambi dans le diocèse de Goma au Nord-Kivu. Il a été kidnappé dans la localité de Nyarukwangara, non loin de la cité de Kiwanja, l’ancienne capitale autoproclamée du rebelle Laurent Nkundabatware du CNDP, le Conseil national pour la défense du peuple, dans le Rutshuru, de 2008 à 2010. De ce fait, l’Eglise catholique est pour la énième fois en émoi par ce nouveau rapt dont est gratuitement victime l’un de ses éminents ecclésiastiques.

Celui qui a donné l’alerte, c’est Me Omar Kavota, le coordonnateur du CEPADHO, le Centre d’étude pour la promotion de la paix et des droits de l’homme, une ONGD basée à Beni-ville. Jusqu’hier, il n’y avait encore aucun indice sur l’identité des auteurs de ce rapt. Mais on indique cependant que les ravisseurs ont pris contact avec la Paroisse du prêtre enlevé et exigent comme rançon un montant de 50 000 USD pour sa libération.

Le CEPADHO donne par ailleurs avec force-détails le déroulé de la scène du kidnapping de l’Abbé Célestin Ngango. Les faits se sont passés sur le chemin de retour de l’infortuné parti du village Nyarukwangara où il venait de célébrer la messe pascale vers Rugarama. Les ravisseurs ont stoppé la Jeep 4X4 du serviteur de Dieu et lui ont intimé l’ordre de les suivre dans la brousse avoisinante sans toucher à ses autres compagnons de route présents dans le véhicule.

Vraisemblablement les ravisseurs attendaient le passage de la Jeep du prêtre catholique. On annonce l’arrivée sur les lieux d’agents de l’Etat accompagnés du curé de la Paroisse de Rutshuru. Il est difficile de connaitre le groupe qui a opéré ce nouveau kidnapping d’un prêtre catholique dans le Rutshuru. En effet, la région est infestée de milices locales communautaires parmi les plus redoutables de la province. Elles sont armées d’armes de pointe.

Cependant ces miliciens surarmés ont de quoi s’occuper en termes de rentes pour l’exploitation illégale des ressources naturelles dans des zones qu’ils contrôlent que de kidnapper des prêtres catholiques contre payement de rançon comme les 50.000USD exigés pour Monsieur l’Abbé Célestin Ngango. Auparavant, c’était les Hutu rwandais des FDLR qui se livraient épisodiquement, dans le Rutshuru, à des rapts des Congolais avec demande salée de rançon.

Ce qui n’est plus le cas depuis le démantèlement des FDLR par les FARDC. Partant, il est fort probable que le rapt de Monsieur l’Abbé Célestin Ngango soit l’œuvre des individus bien spécialisés dans ce type d’activité criminelle mais sans rapport avec les groupes armés traditionnels. Ce qui donnera une explication du mystère de l’enlèvement de deux autres prêtres catholiques en 2016 à la Paroisse de Birambizo et un diacre de Katwe dans la localité de Bwalanda, toujours dans le Rutshuru par des ravisseurs qui exigeaient aussi le payement de rançons contre leur libération.

Dans la région de Beni, au total 5 prêtres catholiques du diocèse de Beni-Butembo ont été enlevés depuis 2016. Le dernier cas en date est celui du prêtre de la Paroisse catholique de Bunyuka, entre Eringeti et Mbau alors qu’il rentrait des activités champêtres accompagné de l’Ingénieur agronome de sa Paroisse. Tous ces prêtes kidnappés ont été conduits à des destinations inconnues jusqu’a ce jour et leurs ravisseurs n’ont jamais exigé une quelconque rançon pour les libérer. Ici les soupçons pèsent lourdement sur les islamistes ougandais des ADF qui se sont toujours livrés à des opérations de kidnappings de civils en masses depuis des années. Ils l’ont encore fait lundi dernier, dans la ville de Beni où ils ont tué 13 personnes en enlevant une quinzaine d’autres dont des femmes. Ce qui a causé un mouvement de colère de la population dans la ville, le même jour.

[avec Kandolo M.]

A lire aussi

Serment des membres de la Cour constitutionnelle de RDC, devant le president Kabila, au Palais du peuple.

RDC : Indépendance de la Cour constitutionnelle

Paraphrasant le philosophe artiste français Jean Cocteau, on peut affirmer que l’indépendance n’existe pas, mais …

Laisser un commentaire