lundi , 23 juillet 2018
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Souveraineté : Réponse de la RDC à la communauté internationale

La RDC argue que la MONUSCO n’est pas appelée à rester éternellement dans ce pays. S’agissant de la stratégie de retrait, le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères et Intégration régionale, Léonard She Okitundu a souligné : « Même si la stratégie de sortie reprise dans la résolution précédente n’a pas été appliquée, le gouvernement salue la prise en compte en compte par les Conseil de sécurité de son exigence de l’adoption d’une stratégie de retrait de la mission, échelonnée, coordonnée et exhaustive en collaboration avec le Secrétaire général. Des discussions, à cet effet, dans le cadre du dialogue stratégique seront convoquées avec la MONUSCO pour établir un échéancier réaliste quant à ce dans les meilleurs délais ». Expliquant pourquoi la RDC a décliné de participer à la Conférence humanitaire de Genève, il a évoqué le courrier transmis au secrétaire général des Nations u nies au nom du gouvernement congolais, où il lui a fait voir l’étonnement de la RDC, classée en L3 – catégorisation qui projette une image de catastrophe extrême et généralisée, assimilant la situation de la RDC à certains pays du monde où se déroulent des guerres à haute intensité engageant les armées des plusieurs pays, avec des bombardements massifs et récurrents depuis de nombreuses années accompagnés d’un effondrement d’Etat. Ce qui n’est absolument pas le cas en République démocratique du Congo, qui fait plutôt face à des attaques non conventionnelles et asymétriques des groupes terroristes et des groupes armés criminels. Il a aussi relevé l’unilatéralité irrespectueuse de la souveraineté de notre pays par les organisateurs désirant mettre en pied la conférence, notamment dans « la problématique des données statistiques sur les personnes déplacées internes, du reste non conformes à la réalité sur le terrain.

La RDC argue que la MONUSCO n’est pas appelée à rester éternellement dans ce pays, ne peut se substituer à la CENI, et les organismes qui ont initié unilatéralement la conférence de Genève ont violé les textes internationaux en la matière.

Mardi 3 avril, le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères et Intégration régionale, Léonard She Okitundu, a tenu un point de presse au salon Rouge de ce ministère pour éclairer l’opinion sur les exigences du gouvernement congolais dans le cadre du renouvellement du mandat de la MONUSCO, l’appui de cette institution à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, et le refus de la RDC de participer à la Conférence humanitaire de Genève.

Clarifiant la position du gouvernement sur le cas de la MONUSCO, le vice-Premier ministre She Okitundua dit que sur la problématique principale du mandat de la MONUSCO, à savoir la lutte contre les groupes armés liée à la protection des civils, le gouvernement de la République aurait voulu que l’éradication de ces derniers soit la trame de la nouvelle résolution, en y attachant une importante toute particulière dans la mesure, où les groupes armés sont la menace principale aux populations civiles dont la protection est la quintessence de l’existence de la MONUSCO.

Il a souligné qu’en renouvelant le mandat de la MONUSCO et de sa brigade internationale, le Conseil de sécurité a tout de même consolidé le rôle offensif de la Brigade d’intervention, en n’excluant pas au besoin les autres forces de la composante de la force militaire de la MONUSCO en coordination avec les FARDC face aux groupes armés. Il a insisté : « Le gouvernement s’attend donc à une plus grande performance et force de frappe du partenariat entre la brigade d’intervention avec les FARDC avec des résultats palpables sur le terrain face aux groupes armés, principale menace face aux populations civiles ».

Quant à l’appui à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, il a fait remarquer que le mandat fournit un appui technique et logistique à la mise en œuvre de l’accord politique en offrant de bons offices. Les protagonistes de la mise en œuvre demeurent en premier lieu les parties prenantes elles-mêmes qui doivent agir consensuellement au sein du Conseil national de suivi de l’Accord.

La RDC, un pays souverain

S’agissant de la stratégie de retrait, il a souligné : « Même si la stratégie de sortie reprise dans la résolution précédente n’a pas été appliquée, le gouvernement salue la prise en compte en compte par les Conseil de sécurité de son exigence de l’adoption d’une stratégie de retrait de la mission, échelonnée, coordonnée et exhaustive en collaboration avec le Secrétaire général. Des discussions, à cet effet, dans le cadre du dialogue stratégique seront convoquées avec la MONUSCO pour établir un échéancier réaliste quant à ce dans les meilleurs délais ».

Expliquant pourquoi la RDC a décliné de participer à la Conférence humanitaire de Genève, il a évoqué le courrier transmis au secrétaire général des Nations u nies au nom du gouvernement congolais, où il lui a fait voir l’étonnement de la RDC, classée en L3 – catégorisation qui projette une image de catastrophe extrême et généralisée, assimilant la situation de la RDC à certains pays du monde où se déroulent des guerres à haute intensité engageant les armées des plusieurs pays, avec des bombardements massifs et récurrents depuis de nombreuses années accompagnés d’un effondrement d’Etat. Ce qui n’est absolument pas le cas en République démocratique du Congo, qui fait plutôt face à des attaques non conventionnelles et asymétriques des groupes terroristes et des groupes armés criminels.

Il a aussi relevé l’unilatéralité irrespectueuse de la souveraineté de notre pays par les organisateurs désirant mettre en pied la conférence, notamment dans « la problématique des données statistiques sur les personnes déplacées internes, du reste non conformes à la réalité sur le terrain.

Il a fini par dire : « J’ai cependant tenu à assurer que le gouvernement de la République démocratique du Congo, pleinement conscient de ses responsabilités pour faire pour faire face à ces enjeux humanitaires, restait ouvert dans le Cadre national de concertation humanitaire (CNCH), espace de dialogue entre les services étatiques et la Communauté humanitaire pour harmoniser des nouvelles orientations sur la situation humanitaire en RDC dans le strict respect des rôles et prérogatives de chaque partie, d’autant plus que la RDC va lancer son fonds humanitaire et son programme d’urgence ».

RADICALISATION DANGEREUSE

Kinshasa a décidé de voguer à contre-courant de la volonté exprimée par les Nations unies dans la résolution 2409 du Conseil de sécurité. Que des déclarations incendiaires, augurant d’une période préélectorale particulièrement agitée. Lundi, le PPRD s’est distingué par des attaques directes contre le président de « Ensemble pour le changement ». Mardi, le chef de la diplomatie congolaise, a accusé l’Onu de vouloir prendre en otage la RDC. Kinshasa se radicalise et le ciel s’assombrit entre le gouvernement et l’Onu. Kinshasa n’est pas disposé à s’inscrire dans la voie de la décrispation politique et d’un processus électoral apaisé, comme le recommande le Conseil de sécurité dans la résolution 2409. Vu de Kinshasa, le gouvernement considère que cette résolution risque de barrer la route non seulement à son projet de conserver à tout prix le pouvoir mais surtout de favoriser l’inclusion dans la course à la présidentielle des candidats gênants, tel Moïse Katumbi.

Dans les rangs du pouvoir, chacun allume le feu à sa manière, donnant la preuve éloquente de la ferme volonté de la majorité au pouvoir de brouiller les cartes, en conduisant le processus électoral vers l’impasse.

Lundi à la Foire internationale de Kinshasa (Fikin), Emmanuel Ramazani Shadary, le tout nouveau secrétaire permanent du PPRD, a attisé le feu en usant des mots durs à l’égard de Moïse Katumbi, candidat de « Ensemble pour le changement » à la présidentielle de décembre 2018. Et comme si cela ne suffisait pas, le vice-Premier ministre des Affaires étrangères Léonard She Okitundu, est venu à sa rescousse, mardi. Devant la presse, le chef de la diplomatie congolaise a réglé ses comptes à la communauté internationale, particulièrement les Nations unies, qu’il accuse de vouloir prendre en otage – on ne sait de quelle manière – la République démocratique du Congo.

La voie de la raison

En réalité, Kinshasa ne pense pas s’aligner sur les dispositions prévues de la résolution 2409 du Conseil de sécurité qui demande « de nouveau à toutes les parties congolaises d’œuvrer pour préserver les avancées encore fragiles réalisées sur la voie de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo ». Le Conseil de sécurité souligne aussi « les responsabilités qui incombent à tous les acteurs politiques congolais, notamment celles de surmonter leurs divergences pour parvenir à un consensus et de promouvoir les intérêts et le bien-être de la population avant toute autre considération ».

La même résolution engage « fermement toutes les parties prenantes, en particulier tous les signataires de l’Accord du 31 décembre 2016, à continuer de respecter l’accord et de veiller activement à ce qu’il soit intégralement appliqué et à œuvrer à la tenue d’élections transparentes, crédibles et ouvertes dans les délais annoncés par la Commission électorale nationale indépendante, notamment en s’abstenant de recourir à la provocation y compris à la violence et aux discours conflictuels, en faisant preuve de la plus grande retenue dans tous leurs actes et leurs déclarations et en réglant leurs différends par des moyens pacifiques ».

Apparemment, la MP ne sent pas concernée par la voie tracée par le Conseil de sécurité. Au nom d’une souveraineté dont elle est seule à en maîtriser les contours, la majorité au pouvoir refuse d’émettre sur une autre longueur d’ondes que les Nations unies. Ramazani Shadary et She Okitundu en ont donné la preuve de la plus belle des manières.

Et lorsque les Nations Unies convient la RDC à prendre part à la prochaine de réunion de Genève sur la crise humanitaire qui sévit dans plusieurs coins du pays, le gouvernement réserve une fin de non-recevoir. Apparemment, Kinshasa ne se sent pas concerné. Là aussi, le chef de la diplomatie congolaise voit une manière subtile de la communauté internationale de mettre en coupe réglée la République démocratique du Congo.

Qu’est-ce à dire ? Kinshasa a opté pour la ligne dure, même s’il faut s’attirer le courroux de l’ensemble de la communauté internationale. Aussi s’engage-t-il à se détourner d’une résolution adoptée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité, dont la Chine et la Russie, réputées proches du pouvoir de Kinshasa.

Combat perdu d’avance

En réalité, Kinshasa a décidé de pourrir la période préélectorale pour brouiller davantage le jeu. Contre la détermination des Nations unies à s’impliquer à fond dans le processus électoral, Kinshasa a choisi, comme à l’accoutumée, de réagir en brandissant l’arme souverainiste. Une stratégie qui pourrait bien à la limite s’avérer fatale.

Est-ce donc un front qui s’ouvre déjà entre Kinshasa et les Nations unies ? En tout cas, on n’en est plus loin. A bien lire les déclarations tenues mardi par le chef de la diplomatie congolaise, Kinshasa s’y prépare activement. La RDC croit aussi se servir de l’exemple du Burundi pour se soustraire de la foudre de la communauté internationale. Il pense avoir des arguments solides pour tenir tête aux Nations unies. Grave erreur !

Le Burundi l’a peut-être fait – avec tout ce qu’on compte comme dommages collatéraux – mais il ne faut pas ignorer que les deux pays ne partagent pas la même réalité géopolitique.

Ainsi que le recommande la résolution 2409 du Conseil de sécurité, les acteurs au processus électoral n’ont aucun intérêt à jeter de l’huile au feu, à huit mois des élections de décembre 2018. La majorité au pouvoir fait fausse route. C’est le moins que l’on puisse dire. S’opposer farouchement aux Nations unies est un combat perdu d’avance. Pas évident que Kinshasa en sorte gagnant.

[Donatien Ngandu Mupompa, Le Potentiel]

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