lundi , 23 juillet 2018
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Élections RDC : La langue de bois de la CENI sur la Machine à voter

«Avec Miru Systems, la CENI a signé un contrat qui n’engage pas l’Etat coréen. Nous avons signé un engagement ferme qui n’a plus besoin de coaching ou d’accompagnement parce que nous avons trouvé que cette entreprise a fourni à l’Etat coréen des machines pour l’élection avec 40 millions d’électeurs. A ce jour, Miru Systems ne nous a pas saisis d’une inquiétude quelconque. Cette entreprise nous a envoyé le premier lot de 200 machines. C’est ce que nous considérons. Ce qui circule et les autres déclarations ne nous concerne pas. Et cela ne nous inquiète pas parce que c’est l’entreprise commerciale MiruSystems qui traite avec la CENI », affirme Jean-Pierre Kalamba, rapporteur de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Selon lui, ce qui intéresse la CENI, c’est l’offre technologique de l’entreprise sud-coréenne. «Les 200 machines qui sont arrivées, nous les avons testées et elles répondent à ce que nous voulons pour l’intérêt des Congolais. A ce stade, ce qui compte le plus pour les Congolais, c’est la publication des listes électorales par circonscription. Ce qui va nous conduire à la loi de répartition. Deuxièmement, s’impliquer dans la sensibilisation avec des machines qui se trouvent déjà à l’intérieur de notre pays. Ce qui se fait sur le plan diplomatique et politique n’a rien à avoir avec la technologie», a déclaré le rapporteur de la CENI à radio Okapi. C’est ce que tout le monde savait déjà. C’est ce qu’on appelle de la langue de bois. Tout le monde sait qu’une entreprise commerciale peut entretenir de manière délibérée des rapports avec un client à n’importe quel coin du monde. Seulement, ici, il s’agit des élections en République démocratique du Congo où les soupçons de fraude massive pèsent sur le pouvoir en place. C’est ce qui a poussé le gouvernement sud-coréen à émettre des réserves par rapport à l’engagement pris par la compagnie Miru Systems.

La sortie médiatique du rapporteur de la Commission électorale nationale indépendante, Jean-Pierre Kalamba, n’a naturellement rien apporté comme éclairage sur cette question relative la machine à voter. Le rapporteur de la Céni n’a rien démenti. D’ailleurs, il ne pouvait même pas démentir la réserve émise par le gouvernement sud-coréen par rapport à la machine à voter. Dans sa réplique sur cette affaire, le rapporteur de la Céni s’est contenté de dire que la centrale électorale a signé un contrat avec Miru Systems et que cela n’engageait pas l’Etat coréen.

«Avec Miru Systems, la CENI a signé un contrat qui n’engage pas l’Etat coréen. Nous avons signé un engagement ferme qui n’a plus besoin de coaching ou d’accompagnement parce que nous avons trouvé que cette entreprise a fourni à l’Etat coréen des machines pour l’élection avec 40 millions d’électeurs. A ce jour, Miru Systems ne nous a pas saisis d’une inquiétude quelconque. Cette entreprise nous a envoyé le premier lot de 200 machines. C’est ce que nous considérons. Ce qui circule et les autres déclarations ne nous concerne pas. Et cela ne nous inquiète pas parce que c’est l’entreprise commerciale MiruSystems qui traite avec la CENI », affirme Jean-Pierre Kalamba.

Selon lui, ce qui intéresse la CENI, c’est l’offre technologique de l’entreprise sud-coréenne. «Les 200 machines qui sont arrivées, nous les avons testées et elles répondent à ce que nous voulons pour l’intérêt des Congolais. A ce stade, ce qui compte le plus pour les Congolais, c’est la publication des listes électorales par circonscription. Ce qui va nous conduire à la loi de répartition. Deuxièmement, s’impliquer dans la sensibilisation avec des machines qui se trouvent déjà à l’intérieur de notre pays. Ce qui se fait sur le plan diplomatique et politique n’a rien à avoir avec la technologie», a déclaré le rapporteur de la CENI à radio Okapi.

C’est ce que tout le monde savait déjà. C’est ce qu’on appelle de la langue de bois. Tout le monde sait qu’une entreprise commerciale peut entretenir de manière délibérée des rapports avec un client à n’importe quel coin du monde. Seulement, ici, il s’agit des élections en République démocratique du Congo où les soupçons de fraude massive pèsent sur le pouvoir en place. C’est ce qui a poussé le gouvernement sud-coréen à émettre des réserves par rapport à l’engagement pris par la compagnie Miru Systems.

En déclinant toute responsabilité dans le contrat qui lie la Céni à Miru Systems, Séoul tient à se désengager au cas où la machine à voter est utilisée pour une fraude massive en RDC à l’avantage du pouvoir sortant. Tout aussi, Séoul tient, à travers sa position à se conformer à la voie tracée par l’ensemble de la communauté internationale qui ne veut pas de cette machine à voter, particulièrement pour les élections du 23 décembre 2018.

Toutefois, que la Corée du Sud déconseille la RDC dans son contrat avec une entreprise sud-coréenne, cela doit interpeller et la Céni et le gouvernement congolais. D’ordinaire, tout gouvernement soutient ses entreprises. Mais, quand un gouvernement, en l’occurrence de la Corée du Sud, commence à attirer l’attention d’un pays partenaire dans un contrat avec une entreprise c’est qu’il y a anguille sous roche. Séoul sait pourquoi il tire cette sonnette d’alarme à propos de la machine à voter.

Il est donc temps que la Commission électorale nationale indépendante se remette en cause. A ce jour, il n’y a que la Céni et la Majorité présidentielle qui soutiennent l’utilisation, coûte que coûte, de la machine à voter aux élections de décembre 2018. Toutes les autres parties prenantes, à savoir l’Opposition, l’Eglise catholique et la communauté internationale n’en veulent pas. Ça fait plus d’un mois que l’UDPS a déposé à la Céni un questionnaire sur la machine à voter. Jusqu’à ce jour, la centrale électorale n’est pas en mesure de réserver des réponses satisfaisantes à ce questionnaire.

Cette machine à voter est un problème dès lors que les autres parties prenantes, à part le régime en place, n’ont pas été associées à ce deal passé entre la Céni et sa société sud-coréenne MiruSystems. En cette machine à voter, tout pose problème : son prix, sa fiabilité, son efficacité.

Le Potentiel s’est procuré la mise au point du gouvernement sud-coréen sur la machine à voter, que l’Opposition a déjà surnommé « machine à tricher ». Séoul décline toute responsabilité dans l’éventuelle livraison de ces machines à voter à la Céni. D’autant plus qu’il y a des risques sérieux que la majorité au pouvoir l’utilise pour tripoter les résultats des scrutins. Alors que tout le monde tient à ce que ces élections soient crédibles, transparentes, démocratiques et apaisées.

Pourquoi seules la Céni et la Majorité présidentielle voient tant de vertus en la machine à voter ? Là où tout le monde soupçonne qu’il y a risque de tricherie. Qu’à cela ne tienne ! La centrale électorale sera tenue à l’œil aussi bien par le peuple congolais que par la communauté internationale, y compris la Corée du Sud, lors des prochains scrutins. Personne ne va tolérer que ces élections soient tripatouillées en faveur du régime sortant. La Céni est responsable de tout ce qui adviendrait en cas du trucage des résultats du fait de la machine à voter au profit des candidats et partis de la Majorité présidentielle. La République démocratique du Congo ne perd rien si elle n’utilise pas cette machine à voter cette année. Par contre, les risques liés à son usage sont trop grands. Tant que la Céni s’accrochera à cette machine à voter, elle sera mise sous pression.

[Le Potentiel]

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