lundi , 23 juillet 2018
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Park GEUN-HYE : 24 ans de prison pour une présidente corrompue

L’ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée vendredi à 24 ans de prison pour corruption, abus de pouvoir et coercition. « L’accusée a abusé du pouvoir que lui avait confié le peuple -qui est le véritable souverain de ce pays- pour semer le chaos dans l’administration nationale », a déclaré le juge Kim Se-yoon après avoir déclaré l’ex-présidente coupable notamment de corruption, d’abus de pouvoir ou de coercition. « En dépit de tous ces crimes, l’accusée a nié toutes les accusations portées contre elle, ne montrant aucun remord et affichant une attitude incompréhensible en renvoyant la faute sur Mme Choi et d’autres responsables », a-t-il ajouté. Mme Park a été condamnée pour avoir reçu ou demandé « plus de 23 milliards de wons » (17 millions d’euros) à certains des plus grands conglomérats du pays, pour avoir partagé des documents confidentiels avec Mme Choi, pour avoir ordonné la création d’une « liste noire » d’artistes critiques ou encore pour avoir limogé les responsables qui osaient s’élever contre ses abus. « Je condamne l’accusée à 24 ans de prison et 18 milliards de wons d’amendes », a annoncé le juge. Petite fille, Première dame de facto ou présidente, Park Geun-hye s’était toujours sentie comme chez elle dans les allées du pouvoir sud-coréen. La « princesse » déchue de 66 ans va désormais devoir s’habituer à un long séjour derrière les barreaux.

L’ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée vendredi à 24 ans de prison pour son rôle dans le retentissant scandale de corruption qui avait précipité sa disgrâce l’année dernière.

Première femme élue présidente en Corée du Sud, Mme Park a été destituée et arrêtée en mars 2017 pour toute une série d’accusations qui ont mis en lumière les accointances troubles entre le pouvoir politique et les grands conglomérats familiaux.

La chute de la présidente conservatrice, consécutive à des manifestations monstres dans tout le pays, a permis l’alternance et l’élection de Moon Jae-in (centre-gauche), qui a contribué au spectaculaire rapprochement en cours entre les deux Corées.

L’affaire à tiroirs avait permis de révéler l’influence énorme sur la présidente de sa confidente de l’ombre, Choi Soon-sil, une « amie de 40 ans » surnommée « Raspoutine » par les médias et qui n’occupait aucune fonction officielle.

Les deux femmes étaient notamment accusées d’avoir contraint les grands groupes sud-coréens à leur verser en échange de faveurs politiques des dizaines de milliards de wons.

« L’accusée a abusé du pouvoir que lui avait confié le peuple -qui est le véritable souverain de ce pays- pour semer le chaos dans l’administration nationale », a déclaré le juge Kim Se-yoon après avoir déclaré l’ex-présidente coupable notamment de corruption, d’abus de pouvoir ou de coercition.

« Nous n’oublierons pas »

« En dépit de tous ces crimes, l’accusée a nié toutes les accusations portées contre elle, ne montrant aucun remord et affichant une attitude incompréhensible en renvoyant la faute sur Mme Choi et d’autres responsables », a-t-il ajouté lors d’une audience exceptionnellement retransmise à la télévision.

Mme Park a été condamnée pour avoir reçu ou demandé « plus de 23 milliards de wons » (17 millions d’euros) à certains des plus grands conglomérats du pays, pour avoir partagé des documents confidentiels avec Mme Choi, pour avoir ordonné la création d’une « liste noire » d’artistes critiques ou encore pour avoir limogé les responsables qui osaient s’élever contre ses abus.

« Je condamne l’accusée à 24 ans de prison et 18 milliards de wons d’amendes », a annoncé le juge.

Des centaines de partisans de Mme Park s’étaient rassemblés aux abords du tribunal du district central de Séoul, en scandant des slogans clamant son innocence.

L’ex-présidente de 66 ans a largement boycotté les audiences lors des dix mois de son procès et accusé les juges de partialité. Elle avait cette semaine fait savoir qu’elle ne quitterait pas sa cellule pour le verdict.

La chute de la fille aînée du dictateur militaire Park Chung-Hee, qui avait accédé en 2013 à la fonction suprême en se drapant dans l’habit de l’incorruptible « Fille de la Nation », a captivé l’opinion sud-coréenne.

« Chacun a certainement des sentiments différents au sujet de l’ex-présidente Park Geun-Hye », a déclaré dans un communiqué la Maison bleue, siège de la présidence sud-coréenne. « Mais un vent de tristesse souffle dans chacun de nos coeurs aujourd’hui. »

« C’est un événement poignant pour la Nation et la personne elle-même », a ajouté la présidence au sujet de Mme Park. « L’histoire est vouée à se répéter si on ne s’en souvient pas. Nous n’oublierons pas ce jour. »

Grâce peu probable

Mme Park, qui a sept jours pour faire appel, concentre la colère d’une grande partie de la population exaspérée par les relations malsaines entre les classes dirigeantes et les puissantes familles qui tiennent les grands conglomérats de la 11e économie mondiale.

Le parquet avait demandé 30 ans de prison ainsi que 118,5 milliards de wons d’amende contre Mme Park. Jugée dans un procès distinct, Mme Choi a écopé en février de 20 ans d’emprisonnement.

Le vice-président de Samsung Electronics et héritier du mastodonte Samsung, Lee Jae-yong, avait en août été condamné dans ce scandale à cinq ans de prison.

Mais la cour d’appel a ramené sa sanction à de la prison avec sursis et ordonné sa libération immédiate, après presque un an derrière les barreaux.

Mme Park est le troisième chef d’Etat sud-coréen à être condamné après la fin de son mandat, après Chun Doo-Hwan et Roh Tae-woo, qui furent reconnus coupables de trahison et corruption dans les années 1990.

MM. Chun et Roh bénéficièrent tous les deux d’une grâce présidentielle après avoir passés environ deux ans derrière les barreaux. Mais Mme Park pourrait bien attendre des années avant de connaître un tel privilège, estime Jeong Han-wool, expert au sein du think-tank Hankook Research.

« Mme Park a rejeté toutes les accusations et n’a exprimé aucun remords, que ce soit sur le plan légal ou politique, pour ce qui est probablement le scandale politique le plus choquant de notre histoire moderne », a-t-il observé.

PARK GEUN-HYE, DES ALLÉES DU POUVOIR À LA PRISON

Petite fille, Première dame de facto ou présidente, Park Geun-hye s’était toujours sentie comme chez elle dans les allées du pouvoir sud-coréen. La « princesse » déchue de 66 ans va désormais devoir s’habituer à un long séjour derrière les barreaux.

Un an après sa destitution et son arrestation dans un des plus grands scandales politiques en Corée du Sud, Mme Park a été condamnée vendredi à 24 ans de prison pour corruption, abus de pouvoir ou encore coercition.

Un scénario totalement inimaginable il y a cinq ans, quand elle était devenue la première femme à accéder à la fonction suprême en Corée du Sud, retrouvant la Maison bleue, ce complexe présidentiel où elle a grandi.

La fille aînée du dictateur militaire Park Chung-hee y a connu une enfance dorée. Malgré les accusations d’abus des droits de l’homme qui ont entaché le règne de son père (1961-1979), certains prêtaient à la famille des caractéristiques royales et la jeune Park était surnommée la « princesse ».

Sous Park père, la Corée du Sud avait connu une croissance économique accélérée. Ses deux parents furent assassinés à cinq années d’intervalle, ce qui lui valut la sympathie accrue de l’opinion publique.

La mère de Mme Park, épouse et mère vertueuse appréciée dans une société encore très traditionnelle, fut assassinée en 1974 par un Nippo-Coréen suspecté d’agir aux ordres de Pyongyang.

Alors étudiante en France, Mme Park était rentrée pour assumer le rôle de Première dame jusqu’à la mort de son père en 1979, assassiné par son propre chef des services de sécurité.

Pendant la vingtaine d’années qui suivent, Mme Park reste discrète, jusqu’en 1998 où, en pleine crise financière, elle se fait élire députée.

La reine vierge

Elle séduit immédiatement les Sud-Coréens conservateurs les plus âgés, qui se souviennent de sa mère avec affection et révèrent son père pour avoir sorti de la pauvreté une nation ravagée par la guerre.

Mme Park n’hésite pas à se servir de son histoire personnelle, ponctuant souvent ses discours de références à « la perte tragique de mes parents tombés sous les balles d’assassins… »

Gravissant rapidement les échelons politiques, elle est adoubée « reine des élections ».

Le fait qu’elle ne se soit jamais mariée et n’entretienne plus de relations avec son frère et sa soeur participent de son pouvoir d’attraction sur un pays habitué aux scandales de corruption impliquant les parents des responsables politiques.

« Je suis mariée à la République de Corée. Je n’ai pas d’enfants. Les Sud-Coréens sont ma famille », lance-t-elle un jour. Son inspiration ? La reine Elizabeth Ière d’Angleterre et d’Irlande, surnommée la « reine vierge » en raison de son célibat obstiné.

En 2012, elle décroche la présidence en remportant au passage le plus grand nombre de voix de l’ère démocratique.

Mais c’est la famille d’un louche personnage religieux qu’elle choisit comme mentor et qui, au bout du compte, précipitera sa descente aux enfers.

L’emprise de Raspoutine

Sa relation avec le mystérieux Choi Tae-Min, fondateur d’un mouvement aux allures de secte, avait débuté dans les années 1970: il lui avait envoyé des lettres lui racontant avoir vu en rêve sa mère défunte.

Il avait acquis une influence telle qu’une note diplomatique américaine publiée par Wikileaks avait témoigné de rumeurs selon lesquelles il « contrôlait totalement Mme Park, corps et âme ».

A sa mort, en 1994, sa fille Choi Soon-sil, une amie qui s’occupait déjà de la vie quotidienne de Mme Park, y compris de sa garde-robe, reprend le rôle de son père.

L’influence de cette confidente de l’ombre grandira encore après l’accession de Mme Park à la présidence puisqu’elle peut librement entrer dans sa résidence et qu’elle se serait vraisemblablement mêlée de décisions politiques sensibles, et notamment de nominations au sommet.

Quand le scandale de corruption et d’abus de pouvoir éclate en 2016, l’influence de cette « amie de 40 ans » surnommée « Raspoutine » par les médias concentre l’ire des Sud-Coréens lors de manifestations massives pour réclamer le départ de la présidente.

La destitution de Mme Park a finalement été confirmée en mars 2017 par la plus haute cour de justice du pays, ce qui a permis son inculpation, son placement en détention provisoire et son procès

Mme Choi a été condamnée en février à 20 ans de réclusion pour abus de pouvoir, corruption et ingérence dans les affaires de l’Etat, pour avoir profité de ses entrées pour soutirer des dizaines de millions dollars de conglomérats comme Samsung ou Lotte.

[Afp]

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