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RDC : Que fait la MONUSCO ?

Dernière mise à jour, le 3 avril 2018 à 07:06

De la MONUC à la MONUSCO. Pratiquement deux décennies de présence onusienne sur le sol rd congolais. Un bail, déjà élastique, reconduit mardi pour une année, avec comme contrat de bail initial : le soutien au processus électoral. Le hic dans la dernière résolution des Nations-Unies, c’est que l’éradication ou, du moins, la neutralisation des groupes armés est loin d’être érigée en priorité des priorités. La stabilité du pays passe d’abord par la mise hors d’état de nuire de toutes les forces négatives qui écument la partie orientale de la RDC. Et, au regard de ses effectifs de plus de 16000 hommes et de son budget d’1 milliard de dollars l’an, la plus importante mission des Nations-Unies jamais déployée sur la planète Terre dispose de tous les atouts pour aider les FARDC à relever ce tout premier défi. Les élections auront beau être les meilleures de l’histoire du Congo-Zaïre, elles ne sauraient tenir lieu d’antidote à l’activisme meurtrier et à la déferlante terroriste dans l’Est du pays. In fine, le bilan de la mission des Nations-Unies en RDC sera établi à l’aune de sa capacité à mettre fin aux tueries de masse qui sont le lot des populations. Les Congolais s’interroger dans toutes les langues et dans tous les dialectes : « Que fait la MONUSCO ? » Ce nouveau mandat de la mission onusienne ne satisfait pas les attentes de la population congolaise. L’ambassadeur congolais au siège des Nations Unies à New-York l’a signifié, donnant la position de la RDC devant cette institution.

De la MONUC à la MONUSCO. Pratiquement deux décennies de présence onusienne sur le sol rd congolais. Un bail, déjà élastique, reconduit mardi pour une année. Avec un énième addendum au contrat de bail initial. En l’occurrence, le soutien au processus électoral.

En termes moins diplomatiques, les élections se feront sous les fourches caudines de la mission onusienne. Il y a eu des précédents à tout le moins similaires en Afrique. Toutes proportions gardées, on peut mentionner le cas de la Côte d’Ivoire, avec l’élection présidentielle de 2010.

Nous voici fixés et même…prévenus. A chacune des parties congolaises d’apprécier.

Le hic dans la dernière résolution des Nations-Unies, c’est que l’éradication ou, du moins, la neutralisation des groupes armés est loin d’être érigée en priorité des priorités. Il figure certes, dans les missions de la MONUSCO. Mais, presque comme un point parmi tant d’autres.

Or, précisément la stabilité du pays passe d’abord par la mise hors d’état de nuire de toutes les forces négatives qui écument la partie orientale de la RDC. Et, au regard de ses effectifs de plus de 16000 hommes et de son budget d’1 milliard de dollars l’an, la plus importante mission des Nations-Unies jamais déployée sur la planète Terre dispose de tous les atouts pour aider les FARDC à relever ce tout premier défi.

Certes, les élections participent du système démocratique pluraliste acté dans la Constitution. Et l’appui logistique de la MONUSCO au processus électoral est nécessaire, comme il l’a l’été en 2006 et 2011.

N’empêche, les élections auront beau être les meilleures de l’histoire du Congo-Zaïre, elles ne sauraient tenir lieu d’antidote à l’activisme meurtrier et à la déferlante terroriste dans l’Est du pays. In fine, le bilan de la mission des Nations-Unies en RDC sera établi à l’aune de sa capacité à mettre fin aux tueries de masse qui sont le lot des populations.

Il n’est pas rare, en effet, d’entendre les Congolais s’interroger dans toutes les langues et dans tous les dialectes : « Que fait la MONUSCO ? » Cette interrogation, teintée d’indignation, n’appelle aucun commentaire.

LA RÉSOLUTION 2409 A DEUX GRANDES PRIORITÉS, SELON LA MONUSCO

Le renouvellement du mandat de la MONUSCO était au cœur de la rencontre hebdomadaire d’hier jeudi 28 mars. La porte-parole de la mission onusienne en RDC a fait savoir que la 2409 a deux grandes priorités, à savoir la protection efficace et dynamique des civils, et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral. Deux priorités ont été fixées, a souligné Florence Marshall. La MONUSCO mettra en œuvre son engagement en travaillant de concert avec le gouvernement de la République.

Cette nouvelle Résolution qui va entrer en vigueur le 01 avril demande à la mission onusienne en RDC d’assurer une protection efficace, dynamique et intégrée des civils, menacés de violences physiques dans le cadre d’une approche globale. Nnotamment en dissuadant et en empêchant tous les groupes armés et toutes les milices locales de commettre des violences contre la population ou en intervenant pour y mettre fin, a indiqué Florence Marshall.

« Une attention particulière devra être accordée » aux victimes regroupés dans les camps de déplacés et de réfugiés, aux manifestants pacifiques, au personnel humanitaire et aux défenseurs de droits de l’homme », a indiqué Florence Marshall.

En plus, cette Résolution demande à la mission onusienne de continuer à favoriser la participation et l’autonomisation de la population locale, ainsi que le renforcement de la protection des civils grâce à des dispositifs d’alerte et d’intervention rapides et à la mobilité de la mission.

La neutralisation des groupes armés, en appui aux autorités de la République, est également l’une des taches assignées à la MONUSCO, notamment à sa brigade d’intervention qui est désormais placée sous le commandement direct du commandant de la Force de la MONUSCO.

Par ailleurs, le second volet concerne l’appui technique et politique à la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et au processus électoral par les bons offices et l’engagement d’un dialogue avec les interlocuteurs de tous bords politiques, qu’il s’agisse donc du gouvernement, des partis d’opposition et de la société civile, le tout en coordination avec les partenaires régionaux et internationaux, dans l’objectif de favoriser la réconciliation et la démocratisation et pouvoir ainsi ouvrir la voie à la tenue des élections, a fait remarquer la porte-parole de la MONUSCO.

Ainsi, a-t-elle poursuivi, ces bons offices et le dialogue devront se faire en suivant une approche intégrée au sein des Nations unies, à laquelle sera associé l’envoyé spécial du SG pour les Grands lacs.

En addition aux bons offices, la MONUSCO est appelée à fournir une assistance technique et un soutien logistique dans le cadre du processus électoral, afin de faciliter le déroulement du cycle électoral.

LA RÉSOLUTION ADOPTÉE CONTIENT DEUX HANDICAPS MAJEURS, SELON LE RÉGIME DE JOSEPH KABILA

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une nouvelle résolution portant sur le renouvellement du Mandat de la MONUSCO en RDC. Ce nouveau mandat de la mission onusienne ne satisfait pas les attentes de la population congolaise. L’ambassadeur congolais au siège des Nations Unies à New-York l’a signifié, donnant la position de la RDC devant cette institution. Ignace Gata Mavita a déclaré que la résolution adoptée contient deux handicaps majeurs qui risquent de compromettre l’accomplissement de ses missions, à savoir : la surcharge des tâches et l’ordre dans le choix des priorités.

Selon lui, la première mission qui incombe à la MONUSCO, dans le cadre de la stabilisation, est celle de lutter contre les groupes armés pour protéger les civils et restaurer la paix et la sécurité dans la partie Est de notre pays qui en a grandement besoin.  » Lui confier des nouvelles missions est, de l’avis de ma délégation, l’éloigner davantage de ses missions essentielles « , a-t-il fait savoir.

Concernant le choix des priorités, la lutte contre les groupes armés et la protection des civils est la première pour plus des résultats. Pour nous, compte tenu du temps pris par la MONUSCO dans le règlement de cette question, la résolution aurait pu indiquer un chronogramme déterminant le calendrier de leur éradication.

Aussi, compte tenu du lien étroit existant entre l’activisme des groupes armés et le trafic illicite des minerais, la résolution devrait accorder une place de choix à la lutte contre le commerce illicite des ressources naturelles en RDC, a-t-il fait remarquer. Ce serait une illusion de croire qu’on peut protéger les civils sans combattre les groupes armés tout comme on ne pourrait pas non plus éradiquer les groupes armés sans s’attaquer à leurs sources de financement et aux canaux d’approvisionnement, a mentionné le diplomate congolais à New-York.

Une autre priorité serait, d’après lui, la stabilisation et la mise en œuvre du programme DDRR. Ce programme revêt une grande importance dans la réinsertion des ex-combattants dans leurs milieux pour éviter leur récupération par les groupes armés, a-t-il évoqué. La réforme du secteur de sécurité et l’appui au processus électoral pouvaient compléter la liste de priorités de la nouvelle résolution qui ira jusqu’au 31 mars 2019.

Par ailleurs, le représentant du Président Joseph Kabila à New-York a évoqué la non prise en compte par le Conseil de la position du Gouvernement de la RDC exprimée, depuis deux ans à travers le dialogue stratégique avec la MONUSCO, et réitérée le 07 mars dernier par le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères, à savoir une réduction conséquente des contingents de la MONUSCO devant précéder son retrait définitif de notre pays.  » Nous pensons que l’organisation des élections évoquées comme raison pour ne pas répondre favorablement à cette requête ne peut justifier votre prise de position « , a-t-il martelé.

Devant le conseil de sécurité, l’ambassadeur Gata a exprimé les sentiments mitigés des Congolais qui, devant les résultats non satisfaisants dans la lutte contre les groupes armés, aimeraient voir enfin la MONUSCO remplir comme il se doit la mission pour laquelle elle a été mandatée en RDC. Paraphrasant le VPM en charge des Affaires étrangères :  » Nous pensons que les Nations Unies auront réussi en RDC quand il ne sera plus question d’engager de nouvelles discussions sur le renouvellement du mandat de la MONUSCO parce qu’elles auront atteint l’objectif pour lequel cette force se trouve en RDC. »

Ainsi, il est d’avis que la présente reconduction du mandat de la mission onusienne en RDC devra être considérée comme étant l’avant-dernière. Il est donc important qu’il soit capitalisé sous le leadership des FARDC pour que toutes les forces négatives soient définitivement neutralisées et que la paix dont rêvent les Congolais de la partie Est devienne une réalité palpable dans cette partie de la république, a-t-il mentionné.

Toutefois, la délégation congolaise se réjouit de constater que la résolution reconnait l’importance de la Brigade spéciale d’Intervention et prévoit de renforcer son efficacité opérationnelle. Pour mon Gouvernement, a-t-il fait savoir, la Brigade spéciale d’intervention qui a été jusque-là la seule force offensive, ayant fait face aux groupes armés, devra travailler en étroite collaboration avec les FARDC. Pour lui permettre de retrouver son efficacité d’antan, elle devra être dotée d’un équipement approprié, a soutenu Ignace Gata.

Ignace Gata a insisté sur le fait que le nouveau mandat de la MONUSCO devrait prendre en compte les attentes du peuple congolais dont le souhait le plus ardent est de voir les forces négatives et les différents groupes armés qui écument la partie orientale de notre pays être totalement éradiqués. En d’autres termes, le nouveau mandat de la MONUSCO devrait être exécuté de manière à lui permettre d’atteindre effectivement les objectifs de la mission que le Conseil lui a assignées pour que les populations vivant dans la partie orientale du pays retrouvent la paix, a conclu le diplomate congolais à New-York.

[José NAWEJ, Mathy MUSAU]

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