dimanche , 22 juillet 2018
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Kinshasa : Les boulangers défient le ministre de l’Économie

Une baguette de pain a continué de se négocier hier mardi 27 mars à 300 fc à Kinshasa au lieu de 200 FC. Le pain rectangle à 400 FC et le pain au lait à 1.200 FC. Alors que le ministre de l’Économie demandait aux opérateurs œuvrant dans ce secteur de surseoir cette décision. Certains boulangers de la capitale, comme ceux de Pain Victoire, ont carrément refusé de fabriquer cette denrée de consommation quotidienne par crainte de « travailler à perte ». Ce qui, d’ailleurs, a révolté les vendeuses de cette usine de panification, furieuses d’avoir chômé.

A travers ce refus de revoir à la baisse le prix du pain, les boulangers défient carrément le ministre de l’Économie. Joseph Kapika avait décidé, le lundi 26 mars, de surseoir à la décision unilatérale de revoir à la hausse le prix du pain à Kinshasa. Il avait pris cette décision après une séance de travail avec les responsables des usines de panification. Il leur avait, en outre, instruit de faire parvenir, dans un bref délai, leurs grilles des prix au ministère de l’Économie.

Par ailleurs, il a été décidé, au cours de cette réunion entre les fabricants des pains et le ministère de l’Économie que, les boulangers revoient à la hausse les taux de pourcentages de mamans engagées à la vente de leurs produits au cas où il n’y aurait pas baisse du prix du pain. Hier, plusieurs vendeuses trouvées devant l’usine « Pain Victoire » ne comprennent pas que le prix du pain puisse prendre de l’envol alors que les pourcentages de leurs commandes restent tels quels. Pour elles, la révision à la hausse du prix du pain devrait avoir un impact sur leurs salaires. Ce que ne veulent pas entendre les responsables de certains boulangeries de la place.

Pour ces derniers, la hausse du prix du pain est consécutive au changement du prix du froment qui passe de 42.000 fc à 67.000 fc le sac. « Voilà ce qui nous donne des difficultés, s’il faut opérer un changement au niveau de la prime que gagnent des mamans employées pour la vente en détails de nous produits », s’est confié un agent d’une usine de panification qui a requis l’anonymat.

KAPIKA SOMME LES BOULANGERS À SURSEOIR À L’AUGMENTATION DU PRIX DU PAIN

La population Kinoise s’est plainte toute la journée d’hier au sujet de la majoration, du prix de pain, passé de 200 à 300 franc congolais pour ceux du petit grammage et de 300 à 400, voire 500 fc pour ceux d’un grammage un peu élevé. Informé de la situation, le ministre d’Etat, ministre de l’Economie, Joseph Kapika, a convoqué une réunion en début d’âpres midi. Présents à ce rendez-vous, plusieurs responsables d’usines de panification de la place ont été sommés de surseoir, sans délai, à cette augmentation.

Le ministre de l’Economie a appelé les operateurs économiques oeuvrant dans le secteur de la panification à surseoir, dès ce matin, leur décision relative à l’augmentation du prix des pains à travers toute l’étendue nationale. Joseph Kapika a promis de déployer ses hommes sur terrain afin de s’assurer de l’effectivité de cette instruction, tout en les exhortant à maintenir le même grammage.

Apres plus d’une demi heure de discussion, le ministre Joseph Kapika a promis à ses interlocuteurs de s’impliquer davantage afin de faire en sorte que leurs usines soient toujours fournis en farine de blé. Eux, à leur tour, ont rassuré le numéro un de l’économie nationale de leur promptitude à mettre en application cette instruction.

Une mesure salutaire

Les rumeurs courraient depuis le week-end, mais c’est plutôt hier lundi 26 mars que les Kinois se sont rendu compte de l’effectivité de l’augmentation du prix des pains.

Cette majoration avait déjà mis en difficulté beaucoup de familles, rien que dans la journée d’hier. Des parents rencontrés dans les quartiers périphériques se disaient incapables d’assurer comme avant le petit déjeuner de leurs progénitures. Ils appelaient les autorités à sommer les usines de panification à revoir à la baisse le prix de cette denrée très prisée par les ménages. Un cri de détresse qui a vite été entendu.

 » Je laisse toujours 1000 fc de pain pour le petit déjeuner de mes enfants, en raison de 200 fc par pain. La situation est devenue compliquée avec cette majoration. Avec ce même montant, on ne sait actuellement acheter que trois pains. Je demande donc aux autorités de prendre des mesures urgentes le plus vite possible », déclarait hier Richard D., enseignant dans une école privée de la commune de Masina.

Plaintes des vendeuses

Les usines de panification, pour leur part, expliquaient cette flambée de prix par l’augmentation du prix de la farine de blé. Un argument que ne voulait pas entendre les Kinois, n’arrivant pas à réaliser qu’un pays potentiellement riche comme la RDC ne puisse se voir en rupture de produits comme la farine.

Les ménages ne sont pas les seuls à se plaindre de cette augmentation de prix. Les femmes vendeuses de pain abordées se disent aussi concernées par cette situation.  » Nous n’avons pas été averties. Nous étions surprises d’apprendre cette augmentation du prix de pain le matin au dépôt. C’est quand même décevant pour nous car nous ne sommes plus capables de nous approvisionner en même quantité, l’argent faisant défaut », s’est plaint une commerçante rencontrée à Rond point Ngaba.

[Rachidi MABANDU, Orly-Darel NGIAMBUKULU]

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