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Ituri : Le dépeuplement des rivages du lac Albert est lié à l’exploitation du pétrole

Dernière mise à jour, le 4 avril 2018 à 03:18

Le New York Times revient à la charge avec des données hautement sensibles sur ce qui se passe en Ituri. En effet, ce quotidien américain a fait savoir, le week-end dernier, détenir des images prises par satellite et montrant des scènes d’incendies volontaires des maisons dans des villages congolais situés au bord du Lac Albert. Mais le journal s’est gardé de dévoiler les identités des pyromanes. Nombre d’observateurs pensent à l’existence d’un agenda caché de dépeuplement des rivages du lac Albert, côté congolais, pour un mobile qui ne peut être lié qu’à l’exploitation du pétrole. En effet, si tous les riverains congolais étaient chassés du bord de cette mère intérieure, dont les réserves pétrolières, en partage avec l’Ouganda, sont estimées à plusieurs centaines de milliards de barils, plus rien ne s’opposerait, le moment venu, à un projet d’exploitation du pétrole qui dort dans son lit. L’objectif inavoué de ceux qui brûlent les villages congolais au bord du Lac Albert est de créer le vide. Mais au profit de qui ?

Après avoir fait bouger le microcosme politique congolais l’année dernière dans l’affaire Kamuina Nsapu, en portant des accusations précises contre certains notables du Kasaï Central, présumés commanditaires des violences ayant terriblement secoué le centre de la RDC entre août 2016 et juin 2017, le New York Times revient à la charge avec des données hautement sensibles sur ce qui se passe en Ituri. En effet, ce quotidien américain a fait savoir, le week-end dernier, détenir des images prises par satellite et montrant des scènes d’incendies volontaires des maisons dans des villages congolais situés au bord du Lac Albert. Mais le journal s’est gardé de dévoiler les identités des pyromanes, qui devraient être clairement visibles sur les photos.

En attendant de connaître le mystère des images que détient le New York Times, si ce journal s’avisait un jour à les mettre sur la place publique, nombre d’observateurs pensent à l’existence d’un agenda caché de dépeuplement des rivages du lac Albert, côté congolais, pour un mobile qui ne peut être lié qu’à l’exploitation du pétrole. En effet, si tous les riverains congolais étaient chassés du bord de cette mère intérieure, dont les réserves pétrolières, en partage avec l’Ouganda, sont estimées à plusieurs centaines de milliards de barils, plus rien ne s’opposerait, le moment venu, à un projet d’exploitation du pétrole qui dort dans son lit. L’objectif inavoué de ceux qui brûlent les villages congolais au bord du Lac Albert est de créer le vide. Mais au profit de qui ?

Même si on n’ose pas désigner un quelconque commanditaire, d’aucuns pensent que les multinationales qui se disputent les différents gisements déjà identifiés dans la province de l’Ituri ne pourraient être étrangères aux malheurs des villageois congolais. L’affaire parait d’autant sérieuse qu’au niveau des hommes au pouvoir à Kinshasa, il s’observe un terrible flottement dans l’examen et la signature des contrats. On assiste, depuis le fameux Régime du 1+4, à des remises en question en cascade des négociations avec les multinationales qui se bousculent pour arracher le marché du pétrole congolais.

On y joue pratiquement à qui perd gagne, en attendant que le gouvernement lève une option définitive en faveur d’une de ses partenaires.

On croit savoir qu’avec les déplacements massifs des populations sur la terre ferme, où elles sont traquées par des milices instrumentalisées par des forces occultes, et l’abandon des cases érigées au bord du Lac Albert, la voie serait ouverte à une exploitation pétrolière qui ferait moins de problème au chapitre de la protection de l’environnement.

Si elles ne sont pas complices de l’insécurité qui a pris l’ascenseur en Ituri, où on dénombre déjà plus de 100 morts, plus de 100.000 déplacés internes, sans compter plus de 57.000 réfugiés qui ont traversé la frontière pour chercher refuge en Ouganda, les autorités congolaises devraient envisager des mesures sécuritaires d’urgence pour neutraliser les pyromanes qui sèment la désolation dans les villages des compatriotes résidant au bord du Lac Albert.

On rappelle que le nouveau vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Henri Mova Sakanyi, a séjourné récemment en Ituri, notamment à Bunia et Djugu, en compagnie du ministre de la Défense et du Conseiller Spécial du Chef de l’Etat en matière de Sécurité, en vue de s’imprégner des tenants et aboutissants de la précarité de la situation sécuritaire. Tout au long de son séjour, il a apporté un message de paix et de réconciliation aux Hema, Lendu et autres autochtones dont les milices étaient accusées d’être à la base des massacres et pillages.

Après avoir donné l’impression d’avoir fumé le calumet de la paix, en présence des notables et élus de la province, les ennemis de la paix en Ituri ont repris du poil de la belle, tuant et pillant sans pitié. L’impression du moment est qu’il aurait prêché dans le désert. Certes, l’armée a lancé une grande offensive de traque des forces négatives. Mais les résultats restent mitigés.

On retient au moins une chose à présent : l’insécurité que connaît l’Ituri n’est pas un fait du hasard.

[Kimp]

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