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RDC : « Ensemble » enterre Rassop ?

Dernière mise à jour, le 18 mars 2018 à 05:13

Réunis pendant trois jours autour de Moïse Katumbi à Jo’burg, plusieurs dizaines d’opposants congolais ont défini une stratégie commune pour l’élection présidentielle du 23 décembre. Vu des analystes, la création de la plateforme électorale de soutien à la candidature du Gouverneur honoraire de l’ancienne province minière du Katanga, risque de mettre à mal la méga plateforme de l’Opposition créée en juin 2016 à Genval, sous le nom du Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement. Face à la multitude de candidatures déjà déclarées ou à déclarer, Vital Kamerhe a proposé de recourir à une primaire interne à toute l’Opposition. Ce que rejette l’UDPS par la bouche d’Augustin Kabuya, son Porte-parole. Il faut donc trouver des critères pour la désignation du candidat unique de l’Opposition. De toute évidence, si au RASSOP-Limete, les violons continuent à ne pas s’accorder à ce sujet, il y aurait deux candidats à savoir Moïse Katumbi Chapwe déjà déclaré en RSA et Félix Tshisekedi qui sera, sans aucun doute, plébiscité au prochain congrès de l’UDPS.

Les rideaux sont tombés hier lundi 12 mars, sur le conclave des Katumbistes, ouvert depuis le week-end dernier à Johannesburg en Afrique du Sud. Au terme des travaux, les conclavistes ont lancé « Ensemble », une nouvelle plateforme électorale de soutien à Moïse Katumbi, jusqu’ici candidat affiché à la présidentielle du 23 décembre prochain en RD Congo. Depuis hier, l’info a fait le buzz sur le net. A l’ère de l’instantané, point de scoop !

« Ensemble », nous pouvons tout. Nous sommes 80 millions de Congolais. Nous avons pour nous le nombre et la détermination. Notre combat est juste. Nos aspirations sont légitimes. Quelle que soient votre ethnie et votre famille politique, si vous aimez le Congo, rejoignez-nous. Participons ensemble à sa reconstruction. Ensemble, nous sommes riches. Seuls, nous demeurerons éternellement pauvres. Chers sœurs, chers frères, ayons confiance. Il n’y a pas de fatalité. Avec la volonté, la responsabilité et la vision, notre pays se relèvera. Nous avons assez de forces et de talents. Par sa taille, par son peuple, par ses richesses et par sa jeunesse, la RD Congo est un grand pays. Un pays magnifique. Notre place est parmi les premiers et non au dernier rang des nations africaines », a déclaré Moise Katumbi dans une vidéo qui circule depuis hier sur la toile.

Par ailleurs, le leader de « Ensemble » invite les Congolais à se battre pour la vie. « La vie est un combat. Aujourd’hui, je vous propose de mener ce combat ensemble. Engagez-vous avec moi. La force est de notre côté. Engagez-vous avec moi, le temps de l’alternance est venu. Un autre Congo est possible », a renchéri Moïse Katumbi, avec un accent qui n’aurait, en tout cas, rien à envier à une pré-campagne électorale.

Une plateforme ouverte a tous

Face à ceux qui le déchirent à belles dents, le chairman n’entend pas desserrer ses dents. « Aujourd’hui, nous créons notre Mouvement électoral pour changer le Congo ! « Ensemble » est un mouvement ouvert à tous. « Ensemble », nous mettrons fin à la dictature et irons gagner les élections », poursuit-il sur son compte Twitter.

Réunis pendant trois jours autour de Moïse Katumbi à Jo’burg, plusieurs dizaines d’opposants congolais ont défini une stratégie commune pour l’élection présidentielle du 23 décembre. Vu des analystes, la création de la plateforme électorale de soutien à la candidature du Gouverneur honoraire de l’ancienne province minière du Katanga, risque de mettre à mal la méga plateforme de l’Opposition créée en juin 2016 à Genval, sous le nom du Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement. Pourvu que les sociétaires de « Ensemble » aient une même perception en termes de gestion des ambitions et des intérêts. Pourvu aussi que les affidés actuels de Moïse Katumbi ne soient hantés par le traditionnel démon de débauchage !

L’OPPOSITION EST DIVISÉE LA MULTITUDE DE CANDIDATURES À LA PRÉSIDENTIELLE

Moïse Katumbi Chapwe, membre influent, à travers les plateformes « G-7 » et AR du « Rassemblement » RASSOP-Limete présidé par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Fatshi pour ses sympathisants, a publié hier à Johannesburg en Afrique du Sud (RSA) son programme de gouvernement comme candidat Président de la République. De fait le RASSOP n’étant pas une plateforme électorale, chaque sociétaire est libre de présenter sa candidature à la présidentielle.

C’est dans cette optique qu’on a entendu, sans qu’on ne puisse s’en offusquer le moins du monde des noms comme Martin Fayulu, Président national d’ECIDE et membre de la plateforme « Union de l’Opposition » du RASSOP-Limete, Félix- Tshisekedi pour l’UDPS et Katumbi Chapwe pour le « G-7 » et l’AR. Le problème se pose au niveau de l’unité tout comme la cohésion de la plateforme qui peuvent en prendre un coup.

C’est là où ceux qui s’estiment encore sociétaires du RASSOP-Limete sont contraints de faire contre mauvaise fortune bon cœur et se retrouvent autour d’une même table pour discuter. L’enjeu, ce sont les échéances électorales du dimanche 23 décembre 2018, en quelques bons 9 mois.

Car, ce n’est pas en allant en ordre dispersé en alignant une pléthore de candidatures comme en 2011 qu’ils vont battre l’unique candidat de la MP, dans un mode de scrutin à un seul tour appelée « mort subite ». Où dès que les suffrages d’un camp politique en compétition sont divisés, celui-ci est battu à plate couture. Partant si le RASSOP-Limete veut avoir quelques chances de l’emporter haut la main, il doit impérativement passer par la désignation d’un candidat unique, commun à tous.

Ce qui lui éviterait le ridicule de 2011 avec trois candidats, à savoir : Etienne Tshisekedi Wa Mulumba de l’UDPS, Vital Kamerhe de l’UNC et Léon Kengo Wa Dondo de l’UFC. On se rappelle comment alors Vital Kamerhe avait catégoriquement refusé de s’effacer au profit du chef charismatique de l’UDPS, Tshisekedi, avec ses impressionnantes assiettes sociologiques disséminées dans toutes les provinces de la RDC.

Résultat, Vital Kamerhe s’en est tiré de 6% des votants et Léon Kengo 5%. On comprend dès lors pourquoi aujourd’hui le Président de l’UNC est en train d’emboucher la trompette d’avoir à tout prix un candidat unique pour toute l’Opposition.

Face à la multitude de candidatures déjà déclarées ou à déclarer, Vital Kamerhe a proposé hier de recourir à une primaire interne à toute l’Opposition. Ce que rejette l’UDPS par la bouche d’Augustin Kabuya, son Porte-parole. Pour la « 10ème-Rue », sur le plan financier, l’organisation d’une primaire coûte cher. Il y a en plus la difficulté sur l’identité de l’électorat à la primaire.

L’UDPS pose la question de savoir comment on fera participer la base qui est à Bafawasende, Ilebo, Kamituga, Feshi, Ngandajika, Miabi ou Lwebo. C’est cela la véritable primaire à l’interne et rien d’autre. Le député Jean-Baudouin Mayo, Vice-Président de l’UNC et Président de la Fédération de Kinshasa est du même que l’UDPS. Si primaire il doit y en avoir, c’est uniquement au niveau des bases des partis politiques, c’est ce qui est impossible. Il faut donc trouver des critères pour la désignation du candidat unique de l’Opposition.

De toute évidence, si au RASSOP-Limete, les violons continuent à ne pas s’accorder à ce sujet, il y aurait deux candidats à savoir Moïse Katumbi Chapwe déjà déclaré en RSA et Félix Tshisekedi qui sera, sans aucun doute, plébiscité au prochain congrès de l’UDPS. Celui-ci a l’avantage de surfer sur la grande popularité de l’UDPS, un parti historique de combat pour la démocratie implanté dans tout le pays profond depuis des dizaines d’années. Mais aussi et surtout tirer bénéfice de l’inépuisable aura de son défunt père, le Respectable Tshisekedi Wa Mulumba que les fanatiques avaient affectueusement surnommé « Ya-Tshitshi ». Ce dernier a laissé un faisceau d’admirateurs dans tous les milieux et dans toutes les provinces.

[Laurel KANKOLE/KANDOLO M.]

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