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RDC : L’Opposition s’organise pour la présidentielle

Ça sent les préparatifs des élections dans nombre d’états-majors politiques. De la Majorité comme de l’Opposition. Mieux, certains leaders politiques s’apprêtent même à s’installer dans le starting- block en vue de la pré-campagne électorale. C’est le cas de l’opposant Moïse Katumbi qui sera porté, ce lundi, à la tête d’une plateforme électorale. Bonne nouvelle pour tout démocrate. Bon signe pour ceux des Congolais -et ils ont mille fois raison – qui préfèrent le débat d’idées aux coups de kalachnikovs. Et donc l’urne à la rue. Est-ce un signe de temps ? Le conclave de soutiens de Katumbi s’ouvrait en Afrique du sud le jour même où les Kinois ignoraient superbement l’appel à une énième « ville morte ». Attendons voir. D’ores et déjà, il est dans l’intérêt du pays que les acteurs politiques privilégient tous la logique électorale. La seule qui soit constitutionnelle. La seule qui garantisse le renouvellement de la classe dirigeante sans passer par la case « chaos ». Encore faudra-t-il que le pays survive au chaos. Un coup d’œil à travers l’Afrique suffit pour alerter les Congolais sur l’illusion des lendemains enchanteurs brandie par les partisans du fameux « dégage ». Comme la classe politique semble souscrire enfin aux urnes, il devient impérieux de parachever le chantier « décrispation politique ». Question de permettre à tous les opérateurs politiques de se lancer dans la bataille électorale. Condition sine qua non pour créer les conditions d’un avant, d’un pendant et d’un après-élections apaisé. Il n’y a pas 36 solutions pour boucler la séquence « décrispation ». L’Accord de la Saint Sylvestre 2016 cite expressis verbis les cas emblématiques. C’est là qu’il convient de placer le curseur.

Ce lundi 12 mars, le capitaine Katumbi aura son équipe au complet. Une équipe estampillée « Forces du changement » qui sera présentée ce jour à Johannesburg en Afrique du sud. Avec comme ambition affichée gagner le match du 23 décembre 2018. Super champion sur le terrain de foot avec son team TP Mazembe, Moïse Katumbi a un tout autre défi à relever. Celui de l’emporter au fond des urnes. Devant les délégués présents au conclave qui se clôture ce lundi au pays de Mandela, le déjà candidat à l’élection présidentielle semble avoir pris toute la mesure du challenge. « Soyons disciplinés et dignes des attentes de notre peuple pour être au rendez-vous du 23 décembre prochain et apporter le changement qu’ils exigent ».

Une bonne partie de la classe politique élargie à certaines figures de la Société civile s’apprête à plébisciter ce lundi en terre sud-africaine Moïse Katumbi Chapwe comme candidat à la présidentielle du 23 décembre 2018. L’emblématique gouverneur honoraire du Katanga -ancienne formule- sera porté par une plateforme électorale dénommée  » Forces du changement ». Le programme de ce regroupement pro Katumbi sera présenté ce jour à l’occasion de la clôture du Conclave ouvert à Johannesburg le vendredi 9 mars.

D’ores et déjà, Moïse Katumbi se considère comme le capitaine d’une équipe qui veut gagner. Métaphore footballistique qui ne manque pas de pertinence. Surtout lorsqu’elle émane du patron du plus prestigieux des clubs congolais. Chez les Katumbistes, les choses sérieuses ont donc commencé.

Simple coïncidence et donc hasard de calendrier ? Ou…choc des agendas ? Difficile de trancher. Toujours est-il que pendant que la grand-messe pro Katumbi se déroule au pays de Mandela, à Kinshasa Félix Antoine Tshisekedi faisait officiellement acte de candidature à la tête de l’UDPS. Un premier pas dans la course à la présidentielle.

Fatshi aurait voulu marquer son territoire qu’il ne s’y serait pas pris autrement .Une façon pour l’homme fort de la Xème rue Limete de proclamer urbi et orbi que « lui c’est lui et moi c’est moi ». Une posture qu’affectionne particulièrement le peuple de l’UDPS. Cette base sociologique composée d’inconditionnels qui voient le Père à travers le fils.

Ce même week-end a vu s’opérer une rencontre qui fera sans doute date. C’est celle entre les hauts cadres du Palu et les hiérarques du MLC. Côté Palu, deux missi dominici du Patriarche Gizenga parmi les plus authentiques. A savoir le Secrétaire permanent et porte-parole ainsi que son adjoint en charge des élections Adolphe Muzito. La délégation bembiste comprenait notamment Fidèle Babala, fidèle -comme son prénom l’indique- parmi les fidèles de Jean-Pierre Bemba.

Même si à ce stade, il serait prématuré de parler d’un axe PALU-MLC, le fait que les deux partis aient entrepris d’échanger sur le processus électoral amène certains observateurs à ne pas exclure la possibilité sinon d’alliance, du moins de collaboration. Pour rappel, avant de convoler en justes noces avec le candidat Kabila dans l’entre deux tours de la présidentielle 2006, Antoine Gizenga, fort de sa troisième place, avait rencontré d’abord le chairman du MLC. On connait la suite. Deux législatures de partenariat avec le Président Kabila et sa famille politique.

Maintenant que toutes les cartes sont rebattues et les compteurs remis à zéro, chaque parti politique est en quête de positionnement. Et ce, le plus vite possible. Car, décembre approche à grands pas. Inexorablement.

Au Palu, au MLC, à l’UDPS et aux désormais « Forces du changement », ceci explique cela. Pour sûr, les grandes manœuvres politiques ne font que commencer.

Ci-dessous le discours de Moïse Katumbi devant les conclavistes

Mes chers amis,

Nous voilà réunis sur la terre bénie d’Afrique pour partager nos vues et ensemble donner un nouvel élan à notre cher, grand et beau pays, la République Démocratique du Congo. Je vois beaucoup de visages connus, certains que je n’ai pas revus depuis des années. J’en suis très heureux.

Merci d’être là.

Merci d’avoir répondu sans hésiter à mon invitation. De toutes les provinces du Congo, d’Afrique et au-delà, vous avez parcouru des milliers de kilomètres pour me rejoindre ici en Afrique du Sud. Votre engagement, votre disponibilité me touchent profondément. Ensemble, nous allons travailler à l’avenir de notre pays.

Je tiens à remercier aussi les autorités sud-africaines. Chaque fois que le destin du Congo a été menacé, la République Sud-africaine a répondu présent pour apporter son soutien. Les négociations de Sun City continuent de marquer notre mémoire collective. Ces négociations ont mis fin à la guerre. Elles ont scellé notre destin.

Aujourd’hui, à cause de l’arbitraire et de l’injustice au. Congo, je ne peux pas lancer mon mouvement à partir de mon pays, votre pays, notre pays ! Et c’est à nouveau l’Afrique du Sud qui nous offre l’hospitalité. Au pays de Nelson Mandela, la démocratie se vit au jour le jour. Les institutions fonctionnent. La Justice est indépendante. Quand le bon exemple vient d’ailleurs, n’ayons pas peur de nous en inspirer. Ce pays nous montre que la démocratie en Afrique n’est pas qu’un rêve.

Mes chers amis,

Ce qui nous réunit ici, c’est avant tout le rejet de la dictature qui s’est installée dans notre beau pays et la volonté de bâtir un monde meilleur pour nos compatriotes. Ces derniers mois, ces dernières années, nos compatriotes se sont mis debout pour défendre ces valeurs. Des millions de Congolais ont marché à travers tous les pays et ont affronté les bâties. Certains ont perdu ta vie. Ce sont des héros. Ils sont dans nos cœurs et dans nos souvenirs. Nous ne les oublierons jamais. En la mémoire de tous ces martyrs, je vous demande une minute de silence.

Mes chers amis,

Inspirons-nous du courage de nos compatriotes, Pendant ces trois jours soyons à la hauteur de leur sacrifice.

Si vous êtes la, c’est que vous aussi, vous n’avez pas peur, que vous aussi, vous défendez des convictions. Ces convictions que nous partageons, ensemble, nous allons les transformer en actions, et les faire gagner. Les Congolais nous regardent et veulent voir une opposition forte.

A titre personnel, j’étais gouverneur et vous le savez, lorsque mes convictions n’étaient plus en accord avec les choix politiques imposés, j’ai pris mes responsabilités. Je n’ai pas eu peur de démissionner, de m’opposer car, en toutes circonstances, il faut savoir concilier la morale et la politique.

Ces trois jours ensemble vont permettre de construire l’alternance de demain et montrer aux Congolais qu’ils ne sont pas seuls, que nous travaillons et que nous vaincrons.

Mes chers amis,

Nous voilà arrivés dans la dernière ligne droite avant l’alternance que notre peuple réclame. Les conditions qui permettent d’envisager des élections crédibles, justes et honnêtes sont très loin d’être remplies. De nombreux compatriotes croupissent encore en prison injustement privés de leur liberté. D’autres sont condamnés à l’exil. Les manifestations pacifiques sont réprimées dans le sang. Les médias privés proches de l’opposition sont menacés ou fermés. La décrispation politique est toujours lettre morte.

Le processus électoral est toujours menacé par la dictature. La CENI veut imposer une machine à tricher… Le fichier électoral doit être audité et nettoyé. La question du vote des Congolais de l’Etranger n’a toujours pas été réglée. La loi sur la répartition des sièges n’a pas encore été votée. Tout cela nous oblige à nous engager. Si nous voulons des élections en temps et heures, nous devons nous préparer. Telle est la raison de notre rencontre ici en Afrique du Sud.

Mes chers amis,

Je m’adresse à vous en capitaine de l’équipe qui veut gagner. Notre victoire tient avant toute chose au sérieux, à l’application et au travail que nous devons abattre tous ensemble. Ne laissons aucune place à l’improvisation. Organisons-nous ! Travaillons dur et avec exigence ! Notre pays le mérite. Il y a urgence.

Dès aujourd’hui, je vous demande de travailler ensemble. A ne pas regarder l’avenir les yeux rivés dans le rétroviseur. Il n’y a pas ici de G7, AR, Dynamique, société civile. Il n’y a pas ici des anciens et des nouveaux. Il y a ici des patriotes qui sont ensemble déterminés à construire un nouveau Congo. Soyons disciplinés et dignes des attentes de notre peuple pour être au rendez-vous du 23 décembre prochain et apporter aux Congolais le changement qu’ils exigent.

Je sous souhaite un bon travail et vous remercie encore.

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