lundi , 17 décembre 2018
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Attaque : Peur sur Ouaga

«  L’état-major général est le lieu le plus sécurisé, en plein centre de Ouaga », s’exclame un marchand, Ablassé Ouédraogo, visiblement choqué. Depuis son magasin, il a assisté à l’attaque la veille en plein centre de la capitale du Burkina, reconnaissant avoir eu très « peur ». Comme d’autres vendeurs ouagalais, il n’a pas rouvert sa boutique, mais il est venu voir la situation, visiblement encore secoué. « C’était la panique hier (vendredi), les gens couraient dans tous les sens dans la ville, cherchaient à rentrer chez eux. Les magasins fermaient, les écoles aussi », raconte Sayouba Ouedraogo, un chauffeur de 36 ans. Des voleurs ont profité de la confusion pour dérober des téléphones et des accessoires de téléphonie qu’ils vendent également sur un petit stand dans la rue. L’attaque de vendredi est la troisième en deux ans dans la capitale burkinabè, après celles d’août 2017 contre un café-restaurant sur la principale avenue de la capitale (19 morts) et de janvier 2016 contre un hôtel et un café-restaurant, sur la même avenue, qui avait particulièrement ciblé des Occidentaux (30 morts).

Vitres soufflées, blocs de béton arrachés, bâtiments calcinés : l’état-major général des armées du Burkina Faso à Ouagadougou, considéré pourtant comme une place quasiment intouchable au coeur de la capitale, n’offrait que des scènes de désolation au lendemain de l’attaque d’un commando djihadiste.

Une scène « apocalyptique », selon les mots du Premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba.

La double attaque menée vendredi contre l’état-major et l’ambassade de France à Ouagadougou a fait 8 morts et plus de 80 blessés parmi les militaires, selon un bilan de source sécuritaire. Elle a été revendiquée samedi par le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM). Huit assaillants ont été tués, selon la même source.

Dans les allées de l’état-major, toutes les vitres ont été brisées. Le bâtiment est désormais isolé par un périmètre de sécurité installé sur un rayon de 150 mètres, a constaté un journaliste de l’AFP.

Dans les environs, les pare-brise des véhicules défoncés semblent comme figés. Du verre brisé jonche les rues au pied des immeubles.

C’est le résultat de l’explosion d’un véhicule piégé, qui a précédé une fusillade, ont témoigné des commerçants, pourtant situés plus loin, mais dont les vitrines ont également volé en éclats.

L’explosion a creusé un cratère dans la chaussée, un moteur de voiture propulsé à une dizaine de mètres.

Du côté de l’entrée est de l’état-major, dont le portail a été soufflé, le journaliste de l’AFP a pu voir des fenêtres, des climatiseurs muraux et même des blocs de béton arrachés, et des impacts de balles sur les murs, dont certains étaient calcinés.

Du côté de l’entrée sud, la guérite a été incendiée, et des arbres de la cour ne restent que des troncs noircis.

La police scientifique s’activait samedi pour collecter des indices, tandis que des militaires évacuaient des bâtiments des effets personnels, des sacs et des ordinateurs.

Peur sur Ouaga

« L’état-major général est le lieu le plus sécurisé, en plein centre de Ouaga », s’exclame un marchand, Ablassé Ouédraogo, visiblement choqué.

Depuis son magasin, il a assisté à l’attaque la veille en plein centre de la capitale du Burkina, reconnaissant avoir eu très « peur ».

Comme d’autres vendeurs ouagalais, il n’a pas rouvert sa boutique, mais il est venu voir la situation, visiblement encore secoué.

« C’était la panique hier (vendredi), les gens couraient dans tous les sens dans la ville, cherchaient à rentrer chez eux. Les magasins fermaient, les écoles aussi », raconte Sayouba Ouedraogo, un chauffeur de 36 ans.

Des voleurs ont profité de la confusion pour dérober des téléphones et des accessoires de téléphonie qu’ils vendent également sur un petit stand dans la rue.

Lorsque l’attaque a commencé vendredi matin, « les gens ont couru, ils ont tout laissé, même les motos, les vélos, on a escaladé une clôture pour se mettre à l’abri », raconte Zondi Mahamadi, 52 ans, vendeur de cigarettes en face de l’ambassade de France, à deux kilomètres de l’état-major.

« Est-ce que la religion commande aux gens de tuer ? La religion n’a jamais dit ça », s’écrie-t-il.

« Du temps de Blaise (Compaoré, l’ex-président chassé par la rue en 2014), on n’a pas vu ce genre de choses ». « Le régime n’a qu’à négocier avec les jihadistes s’il ne peut pas les combattre », estime Alassane Sawadogo, un vigile qui garde une banque située près de l’état-major, dont la vitrine a été brisée par le souffle de l’explosion.

« Il faut une réconciliation, il faut que le Mogho Naba (le plus important chef traditionnel du Burkina) et les chefs religieux s’impliquent pour une réconciliation nationale franche », juge le commerçant Ablassé Ouedraogo.

L’attaque de vendredi est la troisième en deux ans dans la capitale burkinabè, après celles d’août 2017 contre un café-restaurant sur la principale avenue de la capitale (19 morts) et de janvier 2016 contre un hôtel et un café-restaurant, sur la même avenue, qui avait particulièrement ciblé des Occidentaux (30 morts).

[Afp]

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