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RDC : Chasse aux sorcières au FPI

Dernière mise à jour, le 12 mars 2018 à 12:15

Depuis quelques jours, le Directeur général du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), Patrice Kitebi Kibol Mvul, est la cible des critiques sans réel fondement. Au point que nombre d’observateurs se demandent qui en veut à ce mandataire dont le seul péché serait celui de chercher à redresser une entreprise qui ne l’était plus que sur papier ! En lieu et place de l’encourager pour ce challenge, ses détracteurs l’accusent non seulement de faire la chasse aux sorcières, une sorte de purge d’anciens collaborateurs de son prédécesseur, mais aussi d’avoir recruté, en une année, au moins 90 personnes. Une virée dans le tréfonds du FPI suffit pour démonter toutes ces accusations.

Des sources au FPI indiquent qu’à son avènement, en novembre 2016, Patrice Kitebi a trouvé cet établissement public dans la tourmente de cette affaire de prêts qu’on donnait à la pelle et que sur terrain, aucun projet d’investissement ne prenait corps. L’affaire, rappelle-t-on, avait fait grand bruit au point de pousser l’Assemblée nationale à s’en saisir en 2015. Le FPI a, au bas mot, 150 millions de dollars à recouvrer. Et donc quand Kitebi est nommé, il a fallu d’abord entreprendre des réformes de manière à « revenir aux fondamentaux du FPI », un établissement conçu comme une rampe de lancement de l’industrialisation du pays via lesdits prêts.

Il fallait donc à tout prix rassurer les débiteurs, se mettre d’accord sur un nouvel échéancier, et redéfinir les modalités du prêt. En un mot comme en mille, rassurer tous les partenaires, à l’interne comme à l’externe. Et depuis, tout observateur désintéressé sent que le FPI est en train de reconquérir ses lettres de noblesse. « Peu à peu, depuis l’avènement du comité Kitebi, le FPI cesse d’être cette boite où tous les prédateurs allaient se servir au détriment de l’Etat et de véritables promoteurs industriels. Il est devenu un véritable établissement public jouissant d’une autonomie de gestion, grâce au soutien du Président de la République et de tout le gouvernement », commente un membre du personnel. C’est pourquoi, nombre d’observateurs assimilent l’agitation actuelle contre le comité Kitebi à un cheveu dans la soupe.

LE NECESSAIRE MENAGE

Selon des sources au FPI, le règne du prédécesseur de Kitebi était caractérisé par le clientélisme et le favoritisme. Il fallait bien remettre de l’ordre dans la boutique. Fort des recommandations contenues dans la feuille de route pluriannuelle, fruit de l’atelier sur les états des lieux du FPI organisé en décembre 2016, le comité Kitebi a alors entrepris de faire le ménage au sein de l’entreprise. Des agents et cadres ayant bénéficié de grades fantaisistes ont été rétrogradés. Ceux dont les grades et promotions ont été irrégulièrement bloqués durant des années ont été promus.

Des sources affirment que dans le processus de réforme du FPI entrepris depuis son avènement, Patrice Kitebi, a agi dans les règles de l’art. La nouvelle direction du FPI avait commencé par démasquer et licencier des agents faussaires qui ont été pris avec des pièces universitaires ou des CV falsifiés. En dehors de ces licenciements pour faux diplômes dûment autorisés par le Conseil d’administration, quelques agents ont perdu leur emploi pour cause d’indiscipline. « Cette action disciplinaire visait à extraire de l’entreprise des agents qui prestaient allègrement dans l’illégalité et contribuaient à l’alourdissement des charges », a-t-on expliqué. L’assainissement initié par la direction générale du Fonds de promotion de l’industrie est fondé sur des critères objectifs et professionnels qui n’ont rien à avoir avec les pratiques décriées par le passé.

Il n’y a pas eu de licenciement pour règlement des comptes. Si par exemple un des fils du prédécesseur a été frappé, c’est à la suite du contrôle des diplômes, indique-t-on. Un autre enfant de l’ancien Dg, dont le titre académique était certifié, continue à prester à ce jour au FPI. C’est dire que la nouvelle direction de l’entreprise ne travaille pas sur base de considérations sentimentales, tribales ou claniques.

Le comité Kitebi est mu par un seul souci, celui de sortir le FPI du gouffre et lui faire jouer pleinement son rôle dans l’industrialisation du pays. Pour cela, Kitebi, connu pour sa rigueur ne transige pas. Car le patron du FPI le sait, la réussite passe par une gestion saine de cet établissement public. Et donc plus de crédit à la pelle comme par le passé où 150 millions de dollars au titre des prêts sont toujours en attente d’être recouvrés ! C’en est trop. Il n’y aura plus d’argent pour des projets imaginaires. Exit le temps où les gens recevaient des millions pour rien. Au FPI désormais, les dirigeants ont un nouveau credo assure-t-on, « le clientélisme de jadis a cédé sa place à l’octroi des crédits réels, devant aboutir à la réalisation d’un projet à impact visible. »

Etablissement voulu comme creuset du développement industriel de la RDC, le FPI a dans ses prérogatives la subvention de quelques projets d’infrastructures agréés par l’Exécutif. Le FPI peut ainsi financer une usine, une unité de production, une route d’intérêt industriel… Comme on le voit, cet établissement public a vocation à devenir le bras séculier de la « Révolution de la modernité », chère au président Joseph Kabila.

[Didier KEBONGO]

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