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RDC : Grogne au sein de la MP de « Kabila »

Dernière mise à jour, le 4 mars 2018 à 05:20

Dans une correspondance au Dircab du Raïs, le parti cher à Bahati Lukwebo dénonce un partage des postes disproportionnel au poids politique des partis membres de la coalition. Ça sent la grogne au sein de la Majorité présidentielle (MP). Mécontents de la clef de répartition de la dernière mise en place dans la territoriale et dans les entreprises du Portefeuille, deux membres de la plateforme au pouvoir en RD Congo menacent à demi-mots. A savoir l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), parti cher à Modeste Bahati Lukwebo et la Nouvelle alliance des démocrates (NAD), du ministre honoraire des Finances, Athanase Matenda Kyelu.

Dans une correspondance du 7 février dernier adressée à Néhémie Mwilanya, directeur de cabinet du Président Joseph Kabila, la Fédération provinciale de l’AFDC Sud-Kivu pose trois questions essentielles. En tout cas, sur un ton dur. La première, « Comment expliquer que sur 435 Administrateurs de territoires et leurs adjoints, l’Afdc n’ait reçu que 3 Adt et 2 Administrateurs de territoire adjoints » ? La deuxième question : « comment comprendre que l’AFDC n’ait aucun Maire de ville ni Maire de ville adjoint ?  » et, enfin : « comment expliquer que sur 367 mandataires publics dans le Portefeuille de l’Etat, l’AFDC n’ait que deux postes (un Président du Conseil d’administration (PCA) à l’OCC et un Directeur général adjoint (DGA) à l’INPP ?  » C’est tout dire et tout comprendre.

Sur base de ces données chiffrées, l’AFDC demande réparation. Le parti cher à Modeste Bahati plaide pour une clef de partage de poste qui tient compte de l’apport et du poids politique de chaque parti membre de la Majorité présidentielle. Aussi, l’AFDC demande-t-elle de tenir compte de son ancrage dans le pays réel et sa fidélité au Chef de l’Etat.

Par ailleurs, la même formation politique s’insurge contre l’entreprise d’une main invisible de la MP qui se serait engagée dans une démarche visant son atomisation. Sur ce point précis, M. Théodore Chamumani Ruhamanyi, président fédéral de l’AFDC et coordonnateur de la MP Sud- Kivu, précise dans sa lettre que certains députés et cadres du parti avaient même été consultés à cette fin.  » Le but final est de chercher à affaiblir politiquement Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale du parti « , insiste-t-il.

En réaction au mémo du président fédéral de l’AFDC Sud-Kivu, Joseph Kokonyangi, Secrétaire général adjoint de la Majorité présidentielle a, à son tour, écrit au président national ad intérim du parti de Modeste Bahati. Dans sa correspondance, le SG adjoint de la MP demande au destinataire d’obtenir des « éclaircissements indispensables, en vue d’un examen minutieux du dossier dans un bref délai « .

UN MECONTENTEMENT LOINTAIN

Ce n’est pas la première fois que l’AFDC exprime ouvertement son mécontentement, après une mise en place dans l’appareil d’Etat. En en 2014, par exemple, le parti par la voix de Autorité morale, s’était estimé sous-représenté dans le Gouvernement Matata II, alors qu’il constitue la troisième -devenue deuxième- force politique de la plateforme politique présidentielle, avec ses 43 députés nationaux et 3 sénateurs.

« Toute chose a une fin et notre patience a également une fin. Nous avons enregistré des frustrations « , avait déclaré Modeste Bahati, au cours d’une rencontre avec les militants et sympathisants de l’AFDC, le 11 décembre à Kinshasa. Modeste Bahati regrettait ainsi le traitement réservé à son parti au sein de la MP. Dans son mémorandum à l’époque, l’AFDC s’indignait de constater qu’il n’avait qu’un seul membre siégeant au sein du bureau politique de la Majorité présidentielle, alors que les autres partis y étaient représentés par deux ou plusieurs délégués. Ce n’est pas tout.

Le parti ajoute que lors de la constitution du Bureau de l’Assemblée nationale, le poste qui lui était initialement réservé fut confié à un autre parti de la MP. L’AFDC déplorait également le fait de ne pas avoir l’un de ses membres au sein du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).  » Si réparation n’est pas faite, l’AFDC va tirer toutes les conséquences inhérentes à ces injustices « , prévenait le parti en son temps.

Il sied de rappeler que le parti de Bahati Lukwebo n’est pas le seul à exprimer son mécontentement, quant au partage de postes dans la territoriale. La Nouvelle alliance des démocrates (NAD), parti cher à l’ancien argentier congolais, Athanase Matenda Kyelu, n’a pas non plus attendu longtemps pour exprimer son inquiétude. Depuis plusieurs années, ce parti de la Majorité présidentielle, s’estime marginalisé dans le partage du gâteau. Face à ce qu’il considère comme un mauvais traitement réservé à leur formation politique, le représentant provincial de la NAD à Kindu, s’exprimant hier sur les antennes d’une radio privée émettant de Kinshasa, s’en est remis au Président national du parti. La NAD qui espérait se retrouver dans le ticket de la MP pour le gouvernorat du Maniema au poste de vice-gouverneur, se déclare avoir été roulée dans la farine. Pourtant, ce parti se considère deuxième force politique de la MP au Maniema. Tout bien considéré, le malaise parait bien réel au sein de la famille présidentielle du Chef de l’Etat. En cette période électorale, ces frustrations sentent un mauvais augure à mille lieues.

[Grevisse KABREL]

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