dimanche , 27 septembre 2020
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RDC : De l’eau recueillie à Kinshasa n’est ni insipide ni inodore et encore moins limpide

Dans plusieurs parties de Kinshasa, l’eau potable de la Régie nationale de distribution d’eau (REGIDESO) est une denrée rare. Là où elle est recueillie, nuitamment pour la plupart de cas, elle n’est ni insipide ni inodore et encore moins limpide. Comme, actuellement dans les quartiers de la partie Ouest de la capitale desservis par l’Usine de traitement d’eau de la REGIDESO de Lukunga, en service depuis 1939, avec 45 000 mètres cubes par jour.

Une eau est potable lorsqu’on peut la boire sans aucun risque pour la santé. Pour définir précisément une eau potable, des normes ont été établies qui fixent notamment les teneurs limites à ne pas dépasser pour un certain nombre de substances nocives et susceptibles d’être présentes dans l’eau. Le fait qu’une eau soit conforme aux normes, c’est-à-dire potable, ne signifie donc pas qu’elle soit exempte de matières polluantes, mais que leur concentration a été jugée suffisamment faible pour ne pas mettre en danger la santé du consommateur, soutiennent les recherches sur les normes sur la potabilité de l’eau. Des normes qui doivent être appliquées non plus seulement aux points de captage, lors de la production et sur le réseau public de distribution d’eau, mais également aux robinets.

ARRIVER  »PROPRE » À LA SORTIE DES ROBINETS

Selon ces normes, une eau potable doit être exempte de germes pathogènes (bactéries, virus) et d’organismes parasites, car les risques sanitaires liés à ces micro-organismes sont grands. Elle ne doit contenir certaines substances chimiques qu’en quantité limitée : il s’agit en particulier de substances qualifiées d’indésirables ou de toxiques, comme les nitrates et les phosphates, les métaux lourds, ou encore les hydrocarbures et les pesticides, pour lesquelles des  »concentrations maximales admissibles » ont été définies, à en croire des études sur ces normes.

 » Une eau potable doit aussi être une eau agréable à boire : elle doit être claire, avoir une bonne odeur et un bon goût. Pour avoir bon goût, il lui faut contenir un minimum de sels minéraux dissous (de 0,1 à 0,5 gramme par litre), lesquels sont par ailleurs indispensables à l’organisme. Enfin, elle ne doit pas corroder les canalisations afin d’arriver « propre » à la sortie des robinets « , préviennent les mêmes normes. Mais ce qui n’est pas le cas à Kinshasa, surtout dans sa partie Ouest, où les canalisations de la REGIDESO, pour la plupart, sont défectueuses et déterrées par les eaux de ruissellement des pluies. Au point que si les pneus d’un gros véhicule passent dessus, les tuyaux en PVC éclatent, provoquant des fuitent d’eau qui envahissent la chaussée.

L’eau étant l’ennemi de celle-ci, elle s’attaque à la route jusqu’à la rendre impraticable.

En illustration, pour n’épingler que ce cas, le tronçon routier qui va de l’arrêt de bus Pompage à Kinsuka jusqu’à Don Bosco dans la commune de Mont Ngafula. Sa défectuosité est telle que ce tronçon n’est fréquenté que par des automobilistes téméraires qui font le parcours du combattant. Cela, grâce d’ailleurs à la bonne volonté et à l’ingéniosité d’un certain Tigre force qui, avec les moyens du bord, essaie, de temps en temps, de rendre, tant soit peut, praticable ce tronçon, jonché de nid-de-poule et autres crevasses.

LA REGIDESO AU BANC DES ACCUSÉS

Il faut faire remarquer qu’après toute pluie, les robinets de la REGIDESO sont à sec dans cette partie de la capitale. Cela parfois pendant plusieurs jours. Et lorsqu’on décide de desservir la population, c’est une eau jaunâtre, peu claire qu’elle reçoit et qui est consommée en l’état, car la reprise de la desserte s’effectue souvent la nuit. Imaginez les dégâts sanitaires que cette consommation provoque chez les personnes vulnérables, en l’occurrence les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes !

C’est dire que la problématique d’eau potable, avec son cortège de malheurs sur la santé des populations, devait amener le gouvernement et cet établissement public à faire de cette question leur cheval de bataille. Cela non seulement dans le but de rattraper l’important retard qu’accuse la RDC en Afrique pour la desserte en eau potable, mais aussi pour préserver la santé des populations.

Dans tous les cas, le volet  »Eau », qui se retrouve parmi les grands axes de  » Cinq chantiers  » de la République inscrits dans la Révolution de la modernité prônée par Joseph Kabila, connaît un échec cuisant. Cela depuis pratiquement dix ans. La mise en oeuvre d’une série de projets d’amélioration de desserte en eau potable à Kinshasa et dans sa périphérie n’ayant jamais été au rendezvous.

Pour rappel, en 2008 déjà, la ministre du Portefeuille de l’époque, Jeanine Mabunda avait indiqué qu’un fonds avait été alloué à la REGIDESO pour lui  » permettre, sous son encadrement, de poursuivre la politique de forage dans l’objectif d’atteindre 10 millions de Congolais à travers la République « .

C’était lors de l’inauguration du 5ème forage de cet établissement public au quartier périphérique Mikonga, dans l’Est de la capitale, où près de 20 000 personnes étaient désormais connectées au réseau de distribution d’eau de la REGIDESO.

[OLIVIER DIOSO]

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