dimanche , 27 mai 2018
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Affaiblie : « Kabila » veut un nouveau dialogue pour retarder les élections

La MP adore les dialogues, on le sait. Malheureusement, elle s’en sert généralement quand elle se sent affaiblie. Ce fût le cas en 2016, lorsqu’à l’approche de la fin constitutionnelle, le 19 décembre 2016, du mandat du chef de l’État, la MP s’était lancé dans une vaste campagne pour un dialogue en vue de sortir de l’impasse. Le premier round de ces négociations a eu lieu sous l’égide de l’Union africaine qui avait délégué à Kinshasa, le facilitateur Edem Kodjo. C’est de ce dialogue qu’est sorti l’accord, dit de la Cité de l’Union africaine. Jugé moins inclusif, la Cenco va entrer en jeu, en supervisant au Centre interdiocésain, des pourparlers directs en vue d’un accord global qui devrait intégrer toutes les forces vives de la nation. Ce deuxième round a été bouclé avec la signature, le 31 décembre 2016, de l’Accord dit de la Saint-Sylvestre. Puis s’est installée l’impasse, délibérément créée par la MP au moment de la mise en oeuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Aujourd’hui, c’est l’application sans faille de cet accord qui est au centre des revendications du CLC. Alors, si la MP appelle à un nouveau dialogue, de quoi sera-t-il fait ?

La panique semble gagner les rangs de la Majorité présidentielle (MP). Si, en apparence, la famille politique du chef de l’État fait semblant de contenir la pression populaire qui va crescendo avec les multiples appels à manifester du Comité laïc de coordination, en interne, on commence à prendre cette menace au sérieux.

Lundi dernier, le porte-parole de la MP, André-Alain Atundu a, tout en minimisant les dommages collatéraux de la marche du 21 janvier 2018, évoqué la possibilité pour la MP de se lancer dans un nouveau dialogue en vue de désamorcer la crise. Au sein de la MP, l’idée fait du chemin. La convocation d’un nouveau dialogue est l’option sur laquelle travaille la MP pour tenter de se lever de la forte adhésion populaire aux différents messages du Comité laïc de coordination (CLC).

UN DIALOGUE, POUR QUOI FAIRE ?

La MP adore les dialogues, on le sait. Malheureusement, elle s’en sert généralement quand elle se sent affaiblie. Ce fût le cas en 2016, lorsqu’à l’approche de la fin constitutionnelle, le 19 décembre 2016, du mandat du chef de l’État, la MP s’était lancé dans une vaste campagne pour un dialogue en vue de sortir de l’impasse.

Le premier round de ces négociations a eu lieu sous l’égide de l’Union africaine qui avait délégué à Kinshasa, le facilitateur Edem Kodjo. C’est de ce dialogue qu’est sorti l’accord, dit de la Cité de l’Union africaine. Jugé moins inclusif, la Cenco va entrer en jeu, en supervisant au Centre interdiocésain, des pourparlers directs en vue d’un accord global qui devrait intégrer toutes les forces vives de la nation. Ce deuxième round a été bouclé avec la signature, le 31 décembre 2016, de l’Accord dit de la Saint-Sylvestre. Puis s’est installée l’impasse, délibérément créée par la MP au moment de la mise en oeuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Aujourd’hui, c’est l’application sans faille de cet accord qui est au centre des revendications du CLC.

Alors, si la MP appelle à un nouveau dialogue, de quoi sera-t-il fait ? Des observateurs de la scène politique s’interrogent. Et chacun y va à sa manière pour trouver une explication à la main tendue de la MP.

D’ores et déjà, au CLC, appuyé du reste par l’église catholique, on a exclu l’option d’un nouveau dialogue qui remettrait en cause les fondamentaux de l’Accord du 31 décembre 2016. Dans une de ses récentes homélies, le Cardinal Laurent Monsengwo a recadré les faits.  » Un accord est déjà là. C’est celui signé le 31 décembre 2016. Tout ce qui reste, c’est le mettre en pratique « , a dit en substances l’archevêque de Kinshasa, coupant court aux rumeurs d’un éventuel dialogue.

GAGNER DU TEMPS

En tendant la main à la classe politique pour un nouveau dialogue, la MP cherche, comme à ses habitudes, de gagner du temps. Il affectionne cette stratégie. Il en a fait d’ailleurs usage en 2016 en tirant en longueur les pourparlers du directs du centre interdiocésain jusqu’à faire capoter la signature de l’arrangement particulier. Malheureusement, la famille politique du chef de l’État n’est pas parvenue à étouffer la crise.

La nomination de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre, suivie de la désignation de Joseph Olenghankoy à la présidence du Cnsa (Conseil national de suivi de la mise en oeuvre de l’accord du 31 décembre 2016), n’ont fait qu’envenimer la crise. C’est tout le scenario de 2017 que la MP pense refondre au travers d’un nouveau dialogue qui inclurait, se propose-t-on dans ses rangs, l’église catholique.

Pas évident que l’église adhère à ce schéma, après avoir été tournée en dérision avec l’accord du 31 décembre 2016, dont elle réclame à cor et à cri l’application depuis la marche du 31 décembre 2017. À l’église catholique, le sabotage par la même MP de l’accord de la Saint-Sylvestre a fait tâche d’huile. Voir l’église catholique composer à nouveau avec la MP n’est donc pas acquis à l’avance.

Que vaudrait alors un autre dialogue dès l’instant où la MP ne s’est pas véritablement impliquée dans la mise en oeuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre ? Cette interrogation alimente les conversations autant dans les milieux de la Cenco que du Rassemblement.

Dans ces conditions, on voit mal la MP fédérer plus d’acteurs dans son projet d’un nouveau dialogue. À moins de débaucher, comme elle en a l’habitude, les plus instables. D’ores et déjà, le cardinal Monsengwo, très engagé aux côtés du CLC, a décliné cette offre.

La potion Tshibala – Olenghankoy n’ayant pas porté, la MP lorgne désormais vers l’église catholique pour l’entrainer dans un nouveau schéma de dialogue.  » Chat échaudé craint l’eau froide « , dit un vieil adage. Fort de cette sagesse, il n’est pas évident que la MP gagne ce pari.

[F.K.]

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