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CAN 1968 a inscrit le nom de la RDC dans le livre d’or du football Africaine

Les Congolais ont fêté le cinquantenaire du trophée des Léopards de la CAN 1968, le mardi 23 janvier 2018 à Kinshasa. La victoire des Léopards sur les Black Stars du Ghana (1-0) en finale, a inscrit le nom de la RDC dans le livre d’or du football continental.

23 janvier 1968 – 23 janvier 2018, jour pour jour, les Congolais se souviennent de leur première coupe d’Afrique des nations remportée en 1968, en Ethiopie. Ça fait aujourd’hui 50 ans depuis que la RDC a remporté son tout premier trophée continental. Un événement qui a marqué l’histoire du football congolais (Ex Zaïrois) sous la houlette du président Mobutu Sese Seko.

À Kinshasa, Béatrice Hôtel a servi de cadre pour accueillir une grande cérémonie en mémoire des Léopards, le mardi 23 janvier 2018. Le gouvernement, représenté par le ministre des Sports Papy Niango, s’est impliqué personnellement pour rendre un vibrant hommage aux Léopards qui ont marqué l’histoire de la RDC à Addis-Abeba. En présence de quelques autorités venues sur les lieux de l’événement, les Congolais ont célébré avec faste le cinquantenaire du trophée remporté en Ethiopie.

Cherchant à placer son pays, la RDC (Zaïre), sur le toit africain, le président Mobutu a mis le paquet pour que son pays entre dans l’histoire. Et il fallait se rendre en Ethiopie avec les ambitions. Mais avant d’y arriver, il fallait obligatoirement trouver les voies et moyens pour monter une équipe compétitive. C’est ce qu’avait fait le Chef de l’État. Il a réussi à convaincre les brillants joueurs congolais qui évoluaient en Europe de revenir au pays, entre autres, Troué Mukuna, Bongabonga… Chose qui a été faite avec succès.

Après un temps de préparation sérieux, les Léopards deviennent très féroces à tous les niveaux. Convaincu, le Chef de l’État met les moyens et promet aux Léopards des biens, une fois qu’ils parviennent à remporter le trophée de la CAN 1968 en Ethiopie.

Avec un vaillant ministre des Sport, Fréderick Kibassa Maliba, la vision du Chef de l’État ne pouvait que se matérialiser. Il engage le sélectionneur Frenerick Scnadi. Ce dernier, fait le tour du pays pour recenser les talents nationaux. À Kinshasa, le technicien s’intéresse au Daring, V. Club et Dragons ; À Lubumbashi, on voit TP Mazembe, Lupopo et Lubumbashi Sport ; À Kananga, on retrouve Tshinkunku, Tshipelele ; À Mbuji-Mayi, il y avait Sa Majesté Sanga Balende.

Avec son oeil technique, le sélectionneur national propose une sélection qui mettra par la suite tout le monde d’accord. L’équipe étant montée, les Congolais se mobilisent de la plus belle des manières pour accompagner les Léopards à Addis-Abeba. Une mobilisation tous azimuts, qui suscite une fois de plus de l’ambition aux Léopards du Zaïre.

Arrivés sur le lieu de l’événement, les Léopards surprennent tout le monde. De la phase des poules jusqu’en demi-finale, les Léopards se sont montrés très dangereux et insaisissables. Pendant ce temps, les Congolais se mobilisent davantage pour soutenir leurs ambassadeurs. Le président Mobutu multiplie les stratégies efficaces pour ne pas manquer cette opportunité qui restera à jamais gravée dans les annales du football africain. La pression étant grande, les Léopards atteignent la finale de la Coupe d’Afrique des nations 1968.

UNE FINALE DÉCISIVE

Le 23 janvier 1968, c’est le jour de la finale. Et les Léopards devraient affronter les Blacks Stars du Ghana, comptés parmi les deux meilleures sélections africaines. Il fallait à tout prix mouiller le maillot pour entrer dans l’histoire. Avec les jeunes comme Kalala Mukendi, Sayo Mokili, Jean Nkembi, Kidumu, Kalambayi Yvon, Mutshimana, Katumba, le gardien Kazadi Robert, Ngeni Buni ; Ignace Muwawa, Mungamuni (Asmara), Pierre Kasongo, etc., la sélection congolaise faisait déjà peur.

À Kinshasa et sur toute l’étendue du pays, tout le monde retient son souffle. Devant les postes téléviseurs, les coeurs des Congolais battent au rythme de la seconde. Les Léopards parviendront-ils à renverser le grand Ghana redoutable ? Sur place à Addis-Abeba, les Congolais prennent d’assaut très tôt le stade qui devra abriter la grande finale.

Au coup d’envoi de la rencontre, rien n’avait été facile de part et d’autre. Les quarante cinq premières minutes étaient riches en actions, mais les deux gardiens ont gardé leur sans froid. Le sélectionneur des Léopards parvient à anéantir toute l’agressivité des Black Stars grâce à son système de jeu.

Après avoir ceinturé les Ghanéens, les Léopards trouveront ainsi leur gloire. C’est l’incontournable Kalala Mukendi qui marquera l’unique but de la partie en faveur des Léopards. C’est tout le pays qui était en ébullition. Il fallait réussir à conserver ce but à défaut d’en ajouter un deuxième.

Désillusionnés, les Black Stars ne parviennent pas à trouver la faille pour revenir au score. Le gardien Robert Kazadi est resté vigilant sur tous les coups ghanéens. La cage des Léopards restera inviolée jusqu’au coup de sifflet final donné par l’arbitre central. La RDC entre ainsi dans l’histoire du football africain, en remportant le trophée de la CAN 1968.

Ce trophée a directement permis aux Léopards d’arracher une place de qualification pour la Coupe du monde de 1974. Une fois de plus, la RDC était la première sélection d’Afrique noire à avoir participé à la Coupe du monde.

LIESSE POPULAIRE EN RDC (EX-ZAÏRE)

Il fallait accueillir les vaillants Léopards à Kinshasa pour commencer la fête. Une journée historique qui a marqué l’époque. Le Chef de l’État, Joseph Désiré Mobutu, ordonne que la journée soit chômée et payée. Tout le monde devrait se ranger tout au long du boulevard pour réserver un accueille chaleureux aux champions d’Afrique.

À la surprise générale, le président Mobutu a fait personnellement le déplacement de l’aéroport international de N’djili. Un carnaval motorisé fait le tour du pays pour présenter la coupe au peuple congolais. La fête était visible sur tous les coins de la capitale. Placés en orbite pour être vus par tous les Congolais, les Léopards sont applaudis et chantés mêmes par les artistes musiciens. À la fin de la journée, le Chef de l’État Joseph Désiré Mobutu offrira un costaud cocktail aux champions d’Afrique à la cité de Mont Ngaliema.

Chose promise, chose due. Le président de la République donne une enveloppe importante aux Léopards en guise de reconnaissance. Il s’en est ensuite suivi des différentes offres qui soulagent les joueurs ainsi que le staff technique. Les Léopards ont bénéficié des maisons à la cité de Lemba Salongo, sans parler des offres venues à gauche et à droite pour encourager les vaillants Léopards.

Tout le monde entre dans l’histoire pour ce premier sacre continental. Il y a, entre autres, le président de la République Mobutu qui a mobilisé toutes les énergies pour réussir à monter une bonne équipe des Léopards. Il y a le ministre des Sports de l’époque, Frederick Kibasa Maliba, qui s’est battu pour la mise en exécution de la vision du Chef de l’État.

Pour se souvenir du bienfait de cet homme, le stade de la Kenya à Lubumbashi a été baptisé  » Stade Frédérick Kibasa Maliba « . Il y a également des joueurs qui entrent dans l’histoire pour leurs sacrifices, en l’occurrence l’unique buteur de la finale, Kalala Mukendi, Pierre Kasongo, Kidumu et les autres.

Depuis lors, la RDC est comptée parmi les grandes nations du football à l’échelle continentale. La sélection nationale est restée forte, offrant ainsi aux Congolais des victoires incroyables aux différentes rencontres sportives internationales.

[ARMEL LANGANDA]

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