mercredi , 23 mai 2018
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RDC : le relèvement du capital minimum des banques est une décision haute de conséquence

Dans une correspondance adressée à l’Association congolaise des banques (ACB), le 23 août 2017, amendant celle du 30 septembre 2016, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) a communiqué la décision de l’Institut d’émission sur le relèvement du capital minimum des banques en RDC. Initialement prévu pour fin 2017, ce capital passera de 10 millions à 30 millions de dollars en fin d’année 2018 et à USD 50 millions à l’horizon 2020. Le cabinet Delloite affirme que c’est une décision haute de conséquence.  » Dans un contexte d’instabilité du cadre macroéconomique entrainant une dépréciation de la monnaie nationale, le relèvement du capital minimum des banques est une décision haute de conséquence, eu égard au fait qu’en cas de dépréciation continue de la monnaie nationale, les banques devront passer des provisions très importantes afin de pouvoir refléter en francs congolais un capital libéré en dollars américains « .

Les banques de la République démocratique du Congo (RDC) devront relever leur capital minimum au niveau de la Banque centrale du Congo (BCC). Certains experts estiment qu’il s’agit d’une décision non sans conséquence.

Dans une correspondance adressée à l’Association congolaise des banques (ACB), le 23 août 2017, amendant celle du 30 septembre 2016, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) a communiqué la décision de l’Institut d’émission sur le relèvement du capital minimum des banques en RDC. Initialement prévu pour fin 2017, ce capital passera de 10 millions à 30 millions de dollars en fin d’année 2018 et à USD 50 millions à l’horizon 2020.

Dans une étude menée sur les performances des banques congolaises, le cabinet Delloite affirme que c’est une décision haute de conséquence.  » Dans un contexte d’instabilité du cadre macroéconomique entrainant une dépréciation de la monnaie nationale, le relèvement du capital minimum des banques est une décision haute de conséquence, eu égard au fait qu’en cas de dépréciation continue de la monnaie nationale, les banques devront passer des provisions très importantes afin de pouvoir refléter en francs congolais un capital libéré en dollars américains « , indique l’étude.

Parmi les exigences faites aux banques, l’on note que les banques en activité dont les fonds propres de base tels que définis par la BCC sont inférieurs à ce capital minimum, ont un délai de 12 mois pour procéder à l’augmentation du capital et atteindre le nouveau seuil réglementaire.

Au terme de la loi, les banques agréées non encore en activité, du fait des formalités de démarrage, ont un délai de 12 mois pour ajuster le capital minimum libéré au seuil réglementaire requis, à partir du démarrage de leurs activités. Le capital minimum est fixé dès le 31 décembre 2020, à l’équivalent en francs congolais de 50.000.000 USD. Dans une approche comparative, l’étude de Delloite atteste que plusieurs autres pays africains ont décidé à un moment donné de revoir le niveau du capital minimum des banques.

Dans tous les cas, note l’étude, cette décision de relever le capital minimum des banques, avec pour objectif de solidifier le secteur, a connu des impacts importants, comme notamment la disparition de certains acteurs incapables de s’adapter. De manière générale, indiquent les experts, les banques ont besoin de beaucoup plus de moyens afin d’intervenir sur les marchés en cas de crise, de pouvoir financer l’économie par l’octroi de crédits mais aussi de mieux gérer les risques qu’elles encourent.

Bien que cette décision de l’autorité de régulation de relever le capital vise à consolider le secteur, l’étude indique qu’en revanche, le contexte actuel (crise politico-économique, dépréciation de la monnaie, inflation, etc…) ne constitue pas un gage de confiance nécessaire à la mise en place de toute reforme d’envergure.

L’étude note par ailleurs que 2016 est une année noire pour le secteur bancaire en ce qui concerne le résultat net.  » En effet, une baisse de 66 % a été relevée en 2016 par rapport à 2015. Access Bank, Standard Bank et FBN Bank ont réalisé de pertes colossales en 2016, et, pour la plupart, une première expérience négative au courant des trois dernières années « , relève-t-on.

La RDC est le deuxième plus grand pays du continent africain et se hisse à la 11ème position à l’échelle mondiale. Plus grand pays d’Afrique francophone, la RDC possède d’immenses ressources naturelles et s’étend sur 2,3 millions de km2. Elle abrite près de 77 millions d’habitants dont un peu moins de 40 % vivent en milieu urbain.

[Olivier KAFORO]

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