jeudi , 21 novembre 2019
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Répressions : Une commission d’enquête travail déjà en RDC

D’après les sources proches du ministère des Droits de l’homme, les membres de cette commission sont issus du ministère de la Justice, de la Commission nationale des droits de l’homme, du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme et des organisations de la Société civile. Les membres de cette Commission sont tenus à l’obligation de confidentialité et d’objectivité.  » Ils sont également protégés contre toute poursuite qui résulterait de l’exercice de leur mission « , précise l’arrêté ministériel.

Les dix-neuf experts chargés d’enquêter sur les dégâts collatéraux des marches reprimées des laïcs catholique du 31 décembre et 21 janvier dernier en RDC, travaillent déjà depuis deux jours. Objectif : faire la lumière, toute la lumière sur ces événements ayant entraîné mort d’homme et le cas échéant, rapporter aux autorités du pays, des faits concrets de violation des droits de l’homme.

D’après les sources proches du ministère des Droits de l’homme, les membres de cette commission sont issus du ministère de la Justice, de la Commission nationale des droits de l’homme, du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme et des organisations de la Société civile. Dans l’esprit et la lettre de l’arrêté ministériel signé par Marie-Ange Mushobekwa, les membres de cette Commission sont tenus à l’obligation de confidentialité et d’objectivité.  » Ils sont également protégés contre toute poursuite qui résulterait de l’exercice de leur mission « , précise l’arrêté.

Cette commission, rappelle-t-on, est mise en place à la suite des allégations de plusieurs ONG des droits de l’homme faisant état de « graves violations des droits de l’homme  » commises par les forces de l’ordre qui ont réprimé les manifestants du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018. Lesdits experts ont dix jours pour présenter aux autorités leurs conclusions. »Cette commission compte apporter la vérité sur toutes ces allégations et faire un rapport pour que les victimes soient remises dans leurs droits. Et on espère arriver à identifier les auteurs de ces violations des droits de l’homme », a dit Tshipeta Wunga, un des membres de la commission.

LE BILAN DE LA CENCO

D’après la CENCO, les forces de l’ordre auraient fait usage de gaz lacrymogène et des coups de feu dans 75 paroisses dimanche 21 janvier pour disperser les manifestants qui marchaient ou tenter de le faire pour demander l’application intégrale de l’accord de la Saint Sylvestre 2016. Ces chiffres ont été publiés par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) au lendemain de la répression de ces marches interdites par les autorités.Dans 22 paroisses, la Police a recouru uniquement au gaz lacrymogène sans tirer des coups de feu tandis que dans 4 autres paroisses, la marche a été dispersée par sommation verbale.

Par contre, dans ce même document du secrétariat général de la CENCO il est fait état de 54 paroisses où la marche a été étouffée par un fort déploiement militaire. Il y a également une paroisse où des fidèles ont été interdits d’accès. Dans ce rapport préliminaire, la CENCO avait félicité cependant la Police nationale qu’elle affirme avoir encadré de manière professionnelle la marche dans 12 paroisses à travers le territoire national. A tous ces endroits, précise le secrétariat général de la CENCO, aucun incident n’a été déploré.

Ce qui avait fait dire à l’épiscopat congolais qu’il est possible d’organiser des marches pacifiques en RDC et que cela dépend de la bonne foi des autorités compétentes.

La CENCO avait déploré l’usage excessif et disproportionné de la force face aux marcheurs « portant en mains bibles, chapelets et rameaux ». Elle avait, pour ce faire, dressé un bilan provisoire de six morts, 127 blessés et 210 interpellations, soulignant que la plupart de personnes interpellées ont été libérées quelques heures après.

La Commission d’enquête sur les manifs pacifiques des chrétiens catholiques, est l’oeuvre du Gouvernement congolais, traduite par son ministre en charge des droits humains, Marie-Ange Mushobekwa.

[Rachidi MABANDU]

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